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    A la Une: pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

    Le chef du gouvernement français Edouard Philippe (à gauche) et le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot, lors de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2018. REUTERS/Charles Platiau

    La décision annoncée par le gouvernement hier mercredi d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, dans l’ouest de la France, cette décision fait la Une de tous les journaux ce matin.

    Le gouvernement a-t-il eu raison ? Cet abandon est-il justifié ? Ou pas ?

    Les journaux sont plutôt partagés.

    Pour La Croix, c’est clair, « il y a des projets qu’il faut savoir abandonner. Conçu il y a plus de cinquante ans, en un temps où l’on s’interrogeait peu sur les limites de la croissance, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui, ne cadre plus avec le souci d’un développement économe en ressources naturelles. Les dernières études menées sur ce dossier ont fait apparaître que l’option de l’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes pouvait suffire à répondre aux besoins. Le projet Notre-Dame-des-Landes est apparu dès lors comme surdimensionné. La décision annoncée hier par le Premier ministre est donc une décision raisonnable. »

    « Voilà un sage atterrissage… renchérit Libération. La droite et les partisans locaux du projet poussent des cris d’orfraie. Ils pointent - avec une certaine logique - qu’une minorité activiste s’impose à la majorité régionale clairement exprimée par les élus et les électeurs consultés par référendum. Juridiquement, c’est incontestable. Seulement voilà, relève Libération : en démocratie, la majorité doit aussi entendre les minorités. Non pour leur abandonner le pouvoir mais pour écouter leurs arguments. Et, en l’occurrence, ces arguments sont solides. Outre le coût de l’aéroport, les dégâts écologiques sont évidents. Et surtout, pointe Libération, la France pouvait-elle persister contre vents et marées vertes alors qu’elle se présente par ailleurs comme la meilleure avocate de la lutte contre le réchauffement climatique ? »

    Reniement ? Mauvais exemple ?

    Le Figaro n’est pas d’accord…. Le Figaro qui parle de « reniement » : « c’est la première fois que le président de la République ne tient pas sa promesse. En campagne électorale, Emmanuel Macron avait plaidé pour la construction de l’ouvrage. Or, huit mois plus tard, l’ex-candidat devenu chef de l’État et son Premier ministre tournent casaque. (…) Plus inquiétant, sur le fond, relève encore Le Figaro, est le mauvais exemple que donne aux zadistes le renoncement de Notre-Dame-des-Landes. Un fâcheux précédent qui risque fort de faire le miel de ces ravis de l’écologie militante, apôtres de la décroissance, ennemis du capital et chantres du désordre. Ils ont dans le collimateur une cinquantaine d’autres projets d’aménagement en France. Leur victoire en Loire-Atlantique va les encourager à recommencer ailleurs. »

    Ouest France est amer… « Tout ça pour ça », soupire le quotidien du grand Ouest. « Un cas d’école. Un demi-siècle de débats sans fin, d’oppositions, de tensions, un coût financier extravagant, et, au final, un triple échec, démocratique, politique et économique. Le dossier Notre-Dame-des-Landes restera comme l’un des plus beaux fiascos en matière de projet de développement. »

    L’Alsace s’agace : « Et tant pis si l’État doit sortir son chéquier pour indemniser l’aménageur Vinci. Tant pis si, par un trait de plume, Emmanuel Macron a rayé le résultat du référendum local organisé en 2016. Tant pis si, en quelques secondes, ont été balayées des années d’études et de procédures coûteuses qui avaient débouché sur la levée de tous les obstacles juridiques. Le sacro-saint principe de 'continuité de l’État', essentiel en droit public, a reçu, hier, un sérieux coup dans l’aile. »

    Il fallait une décision…

    En tout cas, il fallait trancher et le gouvernement a eu le mérite de le faire… C’est ce qui ressort aussi de nombreux éditoriaux…

    « Il n’y avait pas de choix idéal et il fallait une décision, s’exclame Le Courrier Picard, pour mettre fin à 50 ans de louvoiements. Édouard Philippe et Emmanuel Macron ont choisi, quitte à faire des mécontents qui rejoindront ceux opposés aux 80 km/h sur les nationales… Pas de quoi secouer l’opinion. »

    En effet, embraye La Charente Libre, « ce gouvernement et son président ont tranché en six mois la patate chaude que se refilaient leurs prédécesseurs depuis cinq décennies. En ne choisissant jamais, ils avaient réussi à transformer le tubercule incandescent en grenade prête à exploser. »

    La Montagne est sur la même ligne : « le gouvernement a reculé, mais il a décidé. Et les champions des lamentations, qui pendant 50 ans ont passé la patate chaude aux suivants, devraient garder un peu de discrétion. »

    Pour leur part, Les Echos tressent des lauriers au Premier ministre : « prendre les commandes, définir la route, atterrir malgré le mauvais temps. En instruisant et en portant seul la décision sur Notre-Dame-des-Landes, Edouard Philippe vient d’obtenir son brevet de copilote. Il peut suppléer à Emmanuel Macron sur un sujet sensible, il peut proposer une voie de sortie équilibrée à des acteurs hystérisés, il peut conjuguer apaisement et fermeté et transformer en décision ce qui n’est autre qu’un renoncement (…). »

    Hulot soulagé

    Enfin, une réaction attendue, celle de Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique s’exprime longuement dans Le Parisien.

    « Ce n’est la victoire de personne aujourd’hui, affirme Nicolas Hulot et, comme tout le monde, j’aurais préféré qu’une solution qui fasse un large consensus se dégage d’elle-même. Je suis convaincu que c’est la moins mauvaise des solutions qui a été retenue. Je ressens du soulagement car il était temps de décider et de passer à autre chose. Mais je tiens surtout à saluer une décision, et aussi une méthode, déclare encore Nicolas Hulot, celle du Premier ministre et du président de la République, d’une grande responsabilité et d’une grande sagesse. »

    Et pour ce qui est des zadistes, Nicolas Hulot est très clair : « tous ceux qui occupent illégalement la zone n’ont, depuis aujourd’hui, plus aucune raison de le faire, il est donc normal qu’ils quittent les lieux, qui vont retrouver leur vocation agricole. »

    Les zadistes qui ne l’entendent pas de cette oreille… L’Etat leur a donné jusqu’au 30 mars pour partir. Mais ils sont bien décidés à rester, à transformer leur ZAD, leur « zone à défendre », en « zone d’avenir désirable ».

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