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    A la Une: la pression s’accentue sur Joseph Kabila

    Le président de la RD Congo, Joseph Kabila, le 3 avril 2017 à Kinshasa. REUTERS/Kenny Katombe

    Après les laïcs catholiques, ce sont maintenant les organisations de la société civile qui annoncent leur intention de se joindre à la marche pacifique de dimanche prochain 21 janvier. Une manifestation cautionnée également par certains partis d’opposition. Qui plus est, l’Eglise protestante a vertement critiqué le pouvoir en place avant-hier mardi.

    « Douche froide pour la Majorité présidentielle à l’Église protestante », s’exclame Le Potentiel en première page. Le Potentiel qui raconte : « en froid avec l’Eglise catholique, c’est à la cathédrale du Centenaire protestant que la majorité au pouvoir est allée commémorer, avant-hier, les 17 ans de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Le pouvoir s’attendait à tout, sauf, bien sûr, à ce réquisitoire de l’officiant du jour, le révérend François-David Ekofo, qui ne l’a pas ménagé en ce qui concerne la gestion désastreuse du pays. En clair, le pouvoir a vite été rattrapé par des Protestants qui n’ont visiblement pas leur langue en poche. Douche froide, donc, pour une MP désabusée. »

    Et en effet, précise Le Potentiel, devant tous les hauts dignitaires de l’Etat, « le révérend Ekofo a déclaré que « l’État n’existe pas vraiment » au Congo. Exemples à l’appui, le prédicateur a démontré l’inexistence de l’État congolais dans la gestion du pays, où les lois ne sont pas respectées et la justice bafouée. Cette interpellation frontale met à nu le bilan négatif de 16 ans de règne du pouvoir actuel, jusqu’à faire de la RDC un 'Non-État'. »

    « Courageux prédicateur ! »

    « L’Église protestante du Congo demande poliment à Joseph Kabila de 'transmettre le bâton' à un autre », titre pour sa part le site d’information congolais Cas-Info.

    Cas-Info qui n’en revient pas non plus… « Dans une Cathédrale du centenaire pleine comme un œuf et en présence des caciques du Pouvoir, de la famille présidentielle et de la première dame Olive Lembe Kabila, le courageux prédicateur a déroulé. Sourire aux lèvres. Transformant le traditionnel message d’hommages à Laurent-Désiré Kabila en un véritable rappel à l’ordre. 'J’aime la course de relais, a déclaré le prélat, où une personne transmet le bâton à une 2e personne, à une 3e et à une 4e. Dans l’histoire du pays, c’est pareil aussi'. L’histoire du pays, commente Cas-Info. Celle de la RDC est bloquée depuis le 20 décembre 2016, date à laquelle un passage de 'bâton' entre le président sortant et son successeur élu était censé avoir lieu. C’était la première salve de l’évêque protestant, qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, pointe encore le site congolais. Surtout lorsqu’il va aborder la problématique de l’État congolais. Un État 'inexistant', a tranché avec insistance, le prédicateur. Inexistant, car  c'est un pays où la loi n’est pas respectée »

    Apaisement… ou bien fuite en avant ?

    Alors « Y’aurait-il donc une sainte alliance chrétienne en République démocratique du Congo contre le pouvoir ? », se demande L’Observateur Paalga à Ouagadougou. « C’est la question qu’on peut se poser après la sortie de cet éminent représentant de l’Eglise protestante (…). Un sermon en règle contre une brebis visiblement galeuse, le président Joseph Kabila, qui se trouve être de la même obédience. Est-ce d’ailleurs cette appartenance qui a fait que jusque-là on ne se souvient pas avoir entendu les pasteurs remonter les bretelles à leur illustre fidèle ? Le fait est suffisamment rare et inédit pour être souligné. »

    En tout cas, pointe Afrikarabia, « le cycle de la contestation-répression semble bel et bien enclenché au Congo. En faisant intervenir la police, le 31 décembre dernier, à l’intérieur même des églises catholiques, Joseph Kabila a sans doute franchi une ligne rouge que beaucoup de Congolais, majoritairement catholiques, croyaient infranchissable. Les autorités ont d’ailleurs hésité un long moment pour justifier les tirs de gaz lacrymogènes dans les lieux de culte avant de désavouer leurs propres forces de sécurité et de parler de 'bavures'. Reste donc à savoir, s’interroge Afrikarabia, quelle sera l’attitude des forces de sécurité lors de la prochaine mobilisation du 21 janvier ? Joseph Kabila jouera-t-il l’apaisement… ou bien la fuite en avant ? »

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