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    Fatou Jagne Senghor: «On vit relativement libre en Gambie»

    Une vue aérienne de Banjul, la capitale de la Gambie. AFP/Marco Longari

    Le 21 janvier 2017, le dictateur Yahya Jammeh montait à bord de son avion et quittait la Gambie où il avait régné sans partage pendant 22 ans. Un départ qui a sonné l’avènement de la démocratie et l’arrivée au pouvoir de la coalition d’opposition et du président élu Adama Barrow. Un an plus tard, c’est l’heure du bilan. Liberté de la presse, Commission Vérité réconciliation, économie... Fatou Jagne Senghor, directrice régionale de l’ONG Article 19 à Dakar fait le point.

    RFI: Il y a un an, le président Adama Barrow avait promis une Gambie pour tous et de grandes réformes. Qu’est-ce qu’il en est ? Est-ce qu’on vit libre aujourd’hui, en Gambie ?

    Fatou Jagne Senghor: On vit relativement libre. Libre dans le sens où, au moins progressivement, la démocratie s’instaure, la liberté d’expression gagne du terrain et le débat public s’installe sur beaucoup de sujets mais les défis restent. Il va de soi qu’après un an, c’est difficile de voir les résultats d’un changement profond, notamment sur le plan institutionnel. Il y a beaucoup à faire.

    Une des grandes promesses d’Adama Barrow, c’était la création de la Commission Vérité Réconciliation. Elle n’a toujours pas été inaugurée. Où est-ce que cela bloque ?

    La loi qui met en place cette institution a finalement été votée par le Parlement. Les critères de sélection des membres qui vont siéger au niveau de cette Commission ont été élaborés et publiés. Les prochaines étapes concernent les aspects pratiques et surtout lui donner les moyens de travailler d’autant plus que la loi a prévu que le travail doit se faire en deux ans. Amener le pays à la réconciliation, c’est énorme et donc, au-delà de la volonté politique, il faut aussi que l’on sente un investissement adéquat.

    Des réformes de la NIA (l’Agence de renseignements) avaient été promises. Le nom de l’agence a d’ailleurs été modifié, c’est devenu SIS mais y a-t-il eu de réels changements ?

    Nous savons tous le poids historique de cette agence qui était quand même une agence connue pour les brutalités et pour avoir mené, pendant toutes ces années, la répression. Il faut, au-delà des têtes de dirigeants, qu’il y ait des changements au niveau des services techniques. Or, ce qui est malheureux aujourd’hui, c’est que l’agence continue à travailler comme si de rien n’était. Nous estimons que d’autres mesures devaient être prises pour sécuriser les données car, lorsqu’on continue à travailler avec les gens qui ont été impliqués, il y a beaucoup de risques de faire disparaître les documents, les preuves importantes de torture ou encore de violations massives des droits humains. Nous sommes préoccupés par les changements très cosmétiques et par le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de transparence au processus.

    Au niveau judiciaire, le procès de la NIA a été ouvert mais au vu des lenteurs, la justice gambienne a-t-elle aujourd’hui les moyens et la capacité de régler ce dossier ?

    Les juges ont été nommés récemment. Ils essaient de faire en sorte que la justice puisse avoir des juges locaux, capables de pouvoir diligenter ces procédures mais, ce qui est difficile aussi, c’est que, à un moment donné, toutes ces institutions étaient très politisées et la plupart étaient aussi impliquées. Par ailleurs, il y a beaucoup de difficultés techniques qui font que, aujourd’hui, on peut douter. Nous espérons qu’ils auront la volonté politique de s’ouvrir à d’autres expertises afin que les victimes puissent savoir ce qui s’est passé car, à long terme, cela créera des tensions.

    Vous évoquez des tensions. Il y a un an, au départ de Yahya Jammeh, certains observateurs craignaient le pire, à savoir des risques d’affrontements et de règlements de comptes. Cela ne s’est pas produit malgré quelques tensions. La Gambie est-elle apaisée, aujourd’hui ?

    Il y a une volonté d’aller vers l’apaisement mais, en même temps, il y a aujourd’hui des tensions politiques assez visibles qui ne sont pas réglées et qui, surtout à la veille des élections locales d’avril, pourraient attiser davantage la haine. Le gouvernement doit communiquer davantage et de manière claire.

    Vous décrivez un président discret. On lui reproche son manque de communication. Est-ce que Adama Barrow a toute la latitude pour mener à bien ces réformes ? Est-ce qu’il n’est pas freiné, finalement, par tous ces anciens du régime Jammeh ?

    Bien sûr. Les pôles de pouvoir sont assez épars. Il n’y a pas une direction où l’on sent que c‘est le président qui donne le ton, qui contrôle. On a un président qui est là, qui essaie de faire son chemin mais, sur le plan politique, je pense qu’il est très affaibli parce qu’il n’a pas d’appareil et qu’il doit se baser sur l’appareil de son propre parti qui est dirigé par quelqu’un d’autre, qui a fait preuve d’ambition, Ousainou Darboe, bien sûr.

    Il est ministre des Affaires étrangères.

    Il est aussi ministre des Affaires étrangères. Tous deux essaient de gérer la situation pour que les choses aillent bon an mal an, comme on dit, mais on sait qu’il y a un véritable problème et que, peut-être, on tendra vers la crise, à un moment donné.

    Il y a un an, les Gambiens étaient euphoriques. Dans quel état d’esprit se trouvent-ils aujourd’hui ?

    Je pense qu’il y a l’impatience. Tout le monde veut que la situation économique change. Tout le monde veut voir que justice soit faite. Il y a beaucoup d’incertitude par rapport à l’unité nationale mais, en même temps, les gens sont optimistes, en se disant que le destin est dans leurs mains.


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