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    Cambodge: le paysage après coup

    © Vandy Rattana

    En cette journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, nous sommes à Metz dans l’est de la France, où sont présentées les œuvres d’une dizaine d’artistes cambodgiens. Qu’ils soient survivants ou nés après le génocide, ces artistes interrogent le refoulé de l’Histoire, et questionnent la relation entre les paysages éternels de leur Asie natale et la mémoire des crimes perpétrés par les Khmers rouges entre 1975 et 1979.
    Comment un paysage qui a connu des crimes d’une grande ampleur peut-il offrir une visibilité de l’Histoire ? Si la nature est elle-même meurtrie par un passé violent, comment témoigner de l’après coup des paysages ?
    Des questions dont se sont emparées nos invitées, lors d’un colloque international organisé par Soko Phay, Patrick Nardin et Maryse Jeanguyot, en collaboration avec l’Université Paris 8, l’Université Paris Lumières et les ateliers-laboratoires de Idéfi-CréaTIC en décembre 2017.
    « Le paysage après coup », c’est donc une exposition à Faux Mouvement - Centre d’art contemporain, un colloque au 49 NORD 6 EST - Frac Lorraine et un nouvel épisode de La marche du monde. Car, pour être regardé, un paysage doit aussi être écouté !

    Avec les témoignages des artistes cambodgiens Sareth Svay, né en 1972 à Battambang, au nord du Cambodge, il a commencé à faire de l’art dans le camp de réfugié « Site 2 », à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Artiste internationalement reconnu, ses sculptures, installations et performances sont faîtes de matériaux et procédés associés à la guerre et Rattana Vandy, photographe et vidéaste, né en 1980 à Phnom Penh. Il a contribué en 2001 à fonder Sa Sa Art Gallery, le premier lieu dédié à l’art contemporain au Cambodge.

    Rattana Vandy - Bomb ponds 2009

    Et les analyses de Soko Phay, historienne de l’art, initiatrice de cette réflexion sur le paysage et la mémoire, Annette Becker, historienne de la grande guerre et des violences extrêmes, et Luba Jurgenson, auteur et spécialiste de la littérature de la répression stalinienne.

    Références :
    - Annette Becker et Octave Debary (dir.), Montrer les violences extrêmes, Creaphis Editions, 2012.
    - Augustin Bercque (dir.), Cinq propositions pour une théorie du paysage, Ed Champ Vallon, 1994.
    - Christa Blümlinger, Michèle Lagny, Sylvie Lindeperg et Sylvie Rollet (dir.), Paysages et Mémoire, Théorème, n°19, 2014.
    - Anne Cauquelin, L'invention du paysage, PUF, 2013.
    - Luba Jurgenson, « Paysages du désastre » (trace des camps et paysages de la Kolyma), in Revue des deux mondes, n° spécial Russie, octobre 2010, p. 141-147.
    - Patrick Nardin, Suppya Nut et Soko Phay, Cambodge, cartographie de la mémoire, L’Asiathèque, 2017.
    - Nathan Rera, « Paysages du désastre, territoires de la mémoire », in Etudes photographiques, n°31, printemps 2014 [en ligne].
    - Simon Schama, Le paysage et la mémoire, traduit de l'anglais par Josée Kamoun, Paris, Le Seuil, 1999.

    © Svay Sareth

     


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