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    Pétrole: une reprise des investissements trop timide?

    Une plateforme offshore d'exploitation de pétrole. Getty Images/HeliRy

    Grâce au regain des prix du pétrole, les investissements repartent depuis l’an dernier dans l’exploration pétrolière, après avoir connu deux années d’effondrement. Mais le rythme risque de ne pas être suffisant pour satisfaire la demande d’or noir après 2020.

    Malgré la transition énergétique amorcée, la demande de pétrole continue d’augmenter d’un million et demi de barils par an dans le monde, or beaucoup de gisements sont en train de se tarir. Risquons-nous de manquer de pétrole dans trois ans ? C’est la crainte de Patrick Pouyanné, le PDG de la compagnie pétrolière française Total.

    Pourtant, les investissements du secteur ont repris depuis l’an dernier. L’Institut français du pétrole-énergies nouvelles le confirme : 2017 marque un rebond de 4 % des investissements après deux années de recul brutal (-25 % en 2015, -28 % en 2016). Ce sursaut des investissements pétroliers devrait se poursuivre en 2018, avec une croissance des dépenses comprise entre +2 et +6 %.

    L’Amérique du Nord concentre les nouveaux investissements

    Mais en valeur, on est bien loin du montant des investissements de 2014. 400 milliards de dollars prévus en 2018, c’est 300 milliards de moins qu’il y a quatre ans, avant la dégringolade des cours !

    La répartition des investissements est aussi très déséquilibrée, en 2017 il y a eu en résumé l’Amérique du Nord... et le reste du monde : les dépenses ont littéralement explosé aux Etats-Unis et au Canada, mais aussi en Chine, avec 25 % à 30 % de hausse, alors que les investissements ont stagné au Moyen-Orient, en Europe, en Russie, en Amérique latine et en Afrique.

    De même, ce sont avant tout les compagnies indépendantes américaines qui ont investi davantage (60 % de frais supplémentaires), alors que les compagnies nationales de l’OPEP et hors OPEP n’ont pas dépensé plus et que les compagnies internationales, les majors, ont même diminué la voilure de 16 %.

    Retard des investissements offshore

    Dans ce contexte le retour des grands projets se fait attendre. Les statistiques le confirment, en 2017, deux tiers des investissements ont eu pour objet d’améliorer la production d’anciens gisements pétroliers ou de les étendre, histoire de minimiser les risques financiers. Et si les dépenses ont progressé de 60 % dans la fracturation, de 20 % dans les forages terrestres, elles ont reculé de 30 % dans les forages en mer, en particulier dans l’offshore très profond. Ces « grands investissements » auxquels fait allusion le PDG de Total tardent à repartir, mais l’Institut français du pétrole parie qu’ils connaîtront une progression de 9 % cette année, avec la confirmation du retour aux bénéfices des compagnies.


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