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    La filière café, une réussite ougandaise

    Une production de café Arabica, dans l'ouest de l'Ouganda. Getty Images/Bloomberg/Trevor Snapp

    La 16e « African fine coffee conference and exhibition », qui se tenait depuis le 14 février à Kampala, se termine ce vendredi 16 février. L’Ouganda s’est imposé récemment sur le marché du café. Ce pays d’Afrique orientale est au même niveau de production aujourd’hui que le Pérou en Amérique du Sud et c’est le deuxième producteur de café en Afrique derrière l’Éthiopie. Il occupe le 8e rang dans le monde. Le café est la 1ère production d’exportation en valeur de l’Ouganda, ce qui représente 371 millions de dollars en 2016. Une réussite qui n’est pas le fruit du hasard.

    Différents facteurs expliquent la réussite de l’Ouganda : une situation politique stable, deux saisons des pluies dans l’année qui permettent deux récoltes. Mais le ministre de l’Agriculture, Vincent Bamulangaki Sempija insiste sur la formation des cultivateurs et leur capacité à s’imposer sur le marché. « Nous apportons des compétences aux cultivateurs en leur donnant accès à des formations et des savoir-faire. Habituellement les intermédiaires profitaient des cultivateurs, mais maintenant grâce à cela, les cultivateurs sont bien formés, ils savent quoi faire et où aller pour vendre leur café. Donc, les intermédiaires sont obligés de leur acheter à un prix correct ou ils vont naturellement à leur perte. »

    Des cultivateurs formés, mais aussi bien organisés notamment au sein du syndicat national des entreprises agroalimentaires et des entreprises agricoles. Pour Joseph Nkandu, le directeur exécutif, la performance du secteur vient de la capacité du syndicat à peser dans les choix politiques. « Nous les cultivateurs nous avons été capables de mieux nous organiser et nous avons pris les devants pour influencer le gouvernement ougandais pour dessiner une politique nationale du café, qui guide désormais tous les acteurs de la filière en Ouganda, afin d’agir dans une même vision. »

    Une progression de la production qui a encore de la marge

    Cette vision, c’est produire 20 millions de sacs de café par an d’ici 2025 contre 3,5 millions en 2017, lors du lancement de la feuille de route sur le café par le président Museveni. Parmi les objectifs, trouver de nouveaux débouchés, explique Emmanuel Niyibigira, Directeur de l’Agence gouvernementale en charge du café. « Nous explorons des régions comme la Russie, nous développons notre portefeuille au Japon. Et notre agence, UCDA, va participer à la création d’un bureau permanent en Chine. Ainsi nous allons avoir une présence dans ce pays, mais aussi en Corée du Sud, ainsi que dans d’autres pays d’Extrême-Orient. »

    Parmi les autres objectifs, transformer le café en Ouganda afin de vendre avec une plus grande plus-value. Une politique ambitieuse, mais que les prix du marché actuellement n’encouragent pas forcément.

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