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    Abbé Donatien Nsholé: en RDC, «l'Eglise n'a jamais cédé aux pressions»

    L'abbé Donatien Nsholé, à gauche. RFI/Sonia Rolley

    Les évêques catholiques n’abandonneront « jamais » leur « engagement pour l’avènement de l’Etat de droit » en RDC. C'est la conclusion de l’Assemblée générale de la Cenco, la conférence épiscopale, qui s'était réunie en urgence face à l’aggravation de la crise sociopolitique que traverse le pays et après plusieurs manifestations réprimées dans le sang. L'occasion pour les évêques d'expliciter leur soutien unanime au comité laïc de coordination, organisateur de ces marches. L'abbé Donatien Nsholé, secrétaire général et porte-parole de la Cenco répond aux questions de Florence Morice.

    RFI : Les évêques dans ce message réaffirment leur soutien au Comité laïc de Coordination. Est-ce que la Cenco invite les prêtres à être aux côtés des laïcs dans les rues lors de la marche le 25 février ?

    Abbé Donatien Nsholé : Là où les fidèles sont engagés, c’est tout à fait normal que les pasteurs les accompagnent. Cela a aussi l’avantage d’éviter les dérapages, donc les évêques ne voient pas d’inconvénients que le pasteur accompagne les fidèles. Ils disent à la population de demeurer debout. Ils disent à la population de demeurer vigilants. Ils disent à la population de barrer la route par des voies pacifiques à quiconque veut confisquer ou accéder au pouvoir par des voies non-démocratiques. Donc c’est un appel lancé au peuple de dieu. Et là où un appel est lancé au peuple de dieu, les pasteurs doivent encadrer.

    Qu’est-ce qui vous a poussé à réaffirmer comme ça votre soutien au Comité laïc de coordination ?

    Vous avez été témoin de la manipulation des informations. On donnait l’impression dans certains medias qu’il y a des évêques qui étaient pour, qu’il y a des évêques qui étaient contre le CLC. Maintenant cela devient clair que l’assemblée plénière reconnaît au CLC le droit de manifester comme association privée de l’église. Je crois que c’est une façon de dire que ce n’est pas seulement l’église de Kinshasa qui est engagée dans cette lutte, c’est tous les évêques. Donc les évêques reconnaissent dans ce qui se passe avec ces marches, une réponse à leur appel.

    Vous dénoncez aussi les menaces dont sont victimes les organisateurs de ces marches ?

    Les évêques sont explicites là-dessus. Ils demandent d’arrêter les menaces et les poursuites de ceux qui ont organisé ces marches.

    L’interdiction de ces marches est illégale, illégitime pour vous ?

    Justement, il y a une note de recommandation, c’est demander aux gouverneurs qui ont émis les édits contre les manifestations de les annuler parce que c’est contre les dispositions de la Constitution. Et si non, on ferme la bouche à la population. Si La population ne sait plus revendiquer ses droits, on ne sera plus dans une démocratie.

    Ces dernières semaines, plusieurs prêtres disent avoir reçu des menaces. Il y a eu des enlèvements, des interpellations, des prêtres tabassés. Ce sont des intimidations pour pousser l’église à se taire ?

    Oui, les évêques ont dit que malgré tout cela, ils ne vont pas abandonner leur engagement pour l’avènement d’un Etat de droit en RD Congo parce que ce peuple qui souffre, ce sont leurs brebis. Ils ne sont pas inféodés par une organisation politique. C’est en tant que pasteur qu’ils s’engagent.
    Certains au sein de la majorité présidentielle vous accusent pourtant d’être manipulés par l’opposition dans une optique insurrectionnelle ?
    Cela devient presque classique. Quand l’église prend la position, alors quand c’est contre les intérêts des uns, on accuse l’église d’être soit achetée, soit complice avec l’autre. Mais la vérité, c’est ce que les évêques ont dit : leur seule préoccupation, c’est d’amener une contribution pour le bien-être du peuple congolais.

    Le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, est venu pour vous présenter l’état d’avancement du processus électoral. Vous écrivez dans votre message : nous sommes censés préparer les élections. Cela veut dire que vous avez des doutes ?

    Oui, il y a des dispositions qui sont considérées comme des préalables aux bonnes élections qui ne sont pas prises en compte. C’est cela qui ne rassure pas. Comment peut-on aller aux élections quand les medias publics sont pris entre les mains d’une famille politique ? Comment peut-on aller aux élections quand il y a des partis dédoublés ? Comment peut-on aller aux élections si, ce qui est prévu pour rassurer les gens sur la neutralité de la Céni, n’est pas pris en compte ? Comment peut-on aller aux élections quand il y a des cas emblématiques, mentionnés spécifiquement dans l’accord pour décrisper la situation, qui ne sont pas pris en compte ?

    Vous avez des doutes ?

    C’est là où les évêques sont encore inquiets. Et ils en appellent à la responsabilité des uns des autres.

    Comment analysez-vous la nomination de Mgr Fridolin Ambongo, un prélat connu pour son franc-parler. Il était en pointe dans les négociations de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Est-ce que c’est un message de fermeté qu’a adressé le Saint-Siège à Kinshasa ?

    Mgr Ambongo n’est pas quelqu’un qui ferait le contraire de ce que fait le cardinal dans la mesure où, tout comme je l’ai dit, c’est d’abord une mission. La mission d’un prophète, celui qui sait dénoncer, un prophète, c’est celui qui clairement appelle le mal par son nom. Je vois Mgr Ambongo être justement de cette trempe-là.

    À peu près au même moment, le nonce apostolique lui est rentré au Vatican pour consultation. On sait que Kinshasa avait menacé de le déclarer persona non grata. Est-ce que nommer Mgr Ambongo au même moment, c’est une manière de dire : on ne cède pas aux pressions ?

    De toutes les façons, l’église n’a jamais cédé aux pressions. Là où elle est convaincue que c’est sa mission, là où elle convaincue que c’est la voie indiquée par le Christ. Voilà pourquoi les évêques disent qu’ils sont inébranlables dans leur foi en Jésus-Christ.

    Le 21 janvier, depuis Lima au Pérou, le pape François a lancé un message de soutien aux chrétiens congolais qui manifestaient. Est-ce que ce pape François vous soutient, vous invite à être présents dans la lutte au Congo ?

    Le pape François s’est montré très proche de nous. Il nous apporte un soutien total.


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