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    George Weah: «On est venu dire à la France que l'on est ouvert aux affaires»

    George Weah, le président du Liberia au Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris, le 20 février 2018. AFP/François Guillot

    Dans une interview exclusive sur RFI, le nouveau président du Liberia parle de sa volonté de développer le Liberia autant que des sujets qui fâchent comme Prince Johnson. Au terme de sa visite officielle à Paris, « Mister George » est l'invité de RFI.

    Rfi : Monsieur le président, pourquoi la France est-elle le premier pays que vous visitez en dehors de l’Afrique ?

    George Weah : C’est très simple. J’ai grandi en France, j’ai beaucoup d’amis en France et je sais ce que la société française peut faire pour nous... je crois que la France a fait beaucoup de choses dans d’autres pays voisins. Pourquoi pas nous ? C’est pour cela qu’on est venus pour dire à la France que nous sommes ouverts pour les affaires. Toutes les sociétés qui sont à côté, dans les pays voisins, il faut qu’elles viennent chez nous, aussi, parce qu’on est un pays très important. C’est pourquoi on est venus pour renforcer les relations qui sont déjà là.

    Comment cela s’est passé au niveau personnel entre Emmanuel Macron et vous ? Certains disent que vous êtes le Macron de l’Afrique.

    (Rires). Je suis très content. Je crois que c’est quelqu’un de très sympa. Il a fait son travail, ces derniers jours. Je n’ai pas manqué [l’an dernier] de demander à tous les Africains ici, sur Facebook, de voter Macron. Je crois que c’est quelqu’un de très bien. En plus, c’est notre génération. Il pense que tout le monde doit faire la solidarité et le partnership. J’ai beaucoup écouté son discours au Burkina Faso [le 28 novembre dernier], aussi quand il est parti aux Etats-Unis. C’est quelqu’un de très fort. Il faut l’écouter. C’est quelqu’un qui a beaucoup d’idées et les idées, ça peut aider notre pays.

    Dans le dernier classement de Transparency International, qui a été publié cette semaine, le Liberia a encore perdu dix places. Qu’est-ce que vous pouvez faire qu’Ellen Johnson-Sirleaf n’a pas réussi contre la corruption ?

    Je crois que chacun a son travail, sa manière de faire les choses. Quand je suis arrivé ici [lors d’une précédente interview pour Rfi, le 17 mai 2017] tu m’as posé la question : « Sur 10, combien tu donnes à Ellen Johnson ? » Et j’ai dit : « Je donne 8 », si tu te souviens. Pourquoi ? Parce qu’elle est arrivée à obtenir la paix. Même moi, elle m’a nommé ambassadeur pour la paix pour le pays. Je crois que c’était un bon choix. Parce que, dès que j’ai été ambassadeur de la paix, la paix dans le pays a été très facile pour le gouvernement. Il a fait son travail, c’est une bonne chose, parce que c’est la solidarité. Et aujourd’hui, Ellen, elle a sa manière de faire les choses, et Ellen, bon, elle n’a rien fait contre la corruption, et moi, j’ai mes idées sur ce que je peux faire contre la corruption. Parce que, dans mon gouvernement, je ne vois pas qui va faire de la corruption, et moi, je vais rester là pour regarder ! Jamais. Parce que, je ne suis pas venu pour demander quelque chose pour moi-même. Je suis venu pour aider le pays. [Au Liberia], c’est difficile d’aller à l’hôpital, mais on ne peut pas laisser les gens mourir. Pour moi c’est important. Je vais être très strict sur la corruption. C’est très important pour moi.

    Et, du coup, la commission anticorruption, qui a été créée il y a déjà dix ans, va enfin avoir des pouvoirs judiciaires ?

    Nous, on a la Constitution à côté du gouvernement. Il y a des règles, je crois qu’il faut que tout le monde suive des règles. Si la commission anticorruption est en route pour délivrer des mandats judiciaires, c’est bon, c’est la loi… Il faut continuer, il faut respecter la loi.

    (A ce moment de l'entretien, le président Weah s'exprime en anglais.)
    Traduction :

    Nous exigeons la justice et nous suivons son processus jusqu’à ce que la culpabilité soit prouvée. Personne n’est là pour piéger personne. On est plutôt là pour dépassionner les débats et pour vérifier les accusations. Et à partir de là, il faut donner à cette commission anticorruption la possibilité de faire son travail.

    Vous avez dit que vous êtes un homme de paix. C’était votre principal argument de campagne, et vous avez gagné. Mais en même temps, beaucoup ont été étonnés de vous voir signer un accord de deuxième tour avec le criminel de guerre Prince Johnson. Qu’est-ce que vous répondez à tous ceux qui vous disent qu’il faudra un jour qu’il soit jugé et que beaucoup d’autres soient jugés ?

    Mais là tu dis : « le criminel Prince Johnson ». Bon, c’est ton opinion. Mais au Liberia, il y a beaucoup de monde qui a fait la guerre. J’étais là et tu m’as interrogé aussi sur ma vice-présidente, parce que son mari, aussi, il a fait la guerre.

    Charles Taylor…

    Charles Taylor. Aujourd’hui, la plupart des Libériens, ils ont été dans la guerre. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On va mettre tous les Libériens en prison parce qu’ils ont été dans la guerre ? Non, ils ont leur droit pour exister. Aussi, celui qui pense qu’il y a quelque chose, il faut aller au procès et la loi va décider qui était un guerrier et qui ne l’était pas. Moi, je n’étais pas dans la guerre, parce que j’étais en dehors du pays. Je suis parti et retourné à chaque fois pour faire la paix. Et je crois que, pour faire la paix, il faut déjà juger. Et chacun doit respecter la loi. Ce n’est pas moi le juge. Mais tout le monde était derrière Prince Johnson, même le vice-président [Joseph Boakai]. Il était derrière Prince Johnson pour gagner chez lui [dans le fief de Prince Johnson]. Mais lui, il savait que Prince Johnson avait fait la guerre. Pourquoi il voulait que Prince Johnson vienne l’aider ? Parce qu’il pensait que Prince Johnson avait beaucoup d’amis dans son comté [de Nimba] et il voulait gagner. Et moi, j’ai pris Prince Johnson comme un Libérien. J’ai pensé qu’il pouvait engager une bonne collaboration avec notre parti. Et nous, on cherchait des collaborations. On les cherchait avec des Libériens. On n’est pas parti chercher des guerriers.

    Vous aimez la France, vous parlez bien français. Est-ce que vous pensez qu’un jour le Liberia pourrait entrer dans la Francophonie ?

    Il y a la loi. Là, on est dans la Cédéao. Il  y a beaucoup de pays qui veulent même faire la même monnaie. Tout ça, c’est en discussion. Je suis très content des choses que la France a faites en faveur de tous les pays francophones, et aujourd’hui en faveur du Liberia, qui n’est pas francophone. Le Liberia est dans la liste des pays que la France aide et c’est une très bonne chose. Maintenant, c’est à nous de voir ce que l’on peut faire pour chercher des amis. Si la loi nous permet d’entrer dans la Francophonie ou chez les anglophones… Nous, on veut aider le peuple. Nous, on est ouverts.


    Par ailleurs, le chef de l’Etat libérien a répondu par écrit aux autres questions que RFI n’a pas eu le temps de lui poser lors du rendez-vous accordé à Christophe Boisbouvier.

    A l’issue de votre visite, qu’attendez-vous de la France ?

    Monsieur Boisbouvier, merci de me donner cette opportunité de répondre une nouvelle fois à vos questions. Car en mai 2017 vous avez été parmi les premiers journalistes à m’avoir accordé une interview. D’ailleurs c’est au cours de cette même interview que j’annonçais ma candidature à la future présidentielle.

    Pour répondre à votre question, je voudrais vous préciser qu’au lendemain de la proclamation des résultats des résultats de l’élection présidentielle, parmi les 5 premiers chefs d’Etat qui m’ont téléphoné pour me féliciter figurait le président français Emmanuel Macron. Au cours de notre entretien téléphonique, le président Macron avait exprimé le vœu de m’inviter à venir en France. Il est très important à mes yeux de renforcer notre coopération bilatérale. Le président Macron est un jeune dirigeant, élu il y a peu de temps. Tout comme moi, il avait également déjoué les pronostics. Nous incarnons cette vision du renouveau souhaitée par nos concitoyens. Nous pensons que nous pourrions dans l’avenir impulser un dynamisme dans le renforcement de la coopération bilatérale et même multilatérale.

    Quels sont les atouts du Liberia ?

    Le Liberia offre plusieurs atouts parce que nous avons un potentiel énorme et qui est encore embryonnaire. Nous comptons avec le concours des partenaires français dynamiser ces nombreux secteurs à forte valeurs ajoutées. C’est également l’autre objet de ma venue ici en France. Comme vous le savez, j’ai rencontré des chefs d’entreprise au Medef afin de partager avec eux les opportunités qu’offre le Liberia dans un partenariat gagnant-gagnant.

    Face à la fiscalité changeante du Liberia, que comptez-vous faire ?

    La question fiscale fera l’objet d’une réforme profonde. Nous sommes conscients qu’il faut reformer non seulement la fiscalité des entreprises, mais également celle qui concerne les ménages. Il y a lieu de savoir que le réseau mondial pour la justice fiscale créée en 2010 avait envoyé des fiscalistes expérimentés du monde entier pour aider les administrations des impôts des pays en développement en vue d’accroître leurs recettes publiques. Ce réseau a fait une intervention au Liberia et dans d’autres pays comme le Rwanda et le Sénégal.

    Au Liberia les spécialistes de l’OCDE ont directement aidé les services fiscaux à traquer les manipulations des prix du fer. Mais il y a un moment, le Liberia était le seul pays africain considéré comme un paradis fiscal, non coopératif. Depuis quelques temps, le pays a évolué en matière de pratiques fiscales dans un esprit d’attirer les investisseurs étrangers.

    Il va falloir mettre en place un code des investissements moderne et attractif. Il faut prévoir également des avantages fiscaux permettant aux entreprises locales de se développer. Nous ne devons pas faire l’erreur de mettre une pression fiscale sur les investisseurs. C’est la loi qui protège autant l’État que les investisseurs. Ainsi nous devons mettre en œuvre des politiques de clarification et de simplification de nos textes actuels, et de notre code général des impôts afin de mieux taxer dans l’intérêt commun du trésor public et des entreprises.

    Quelle sera la place du français au Liberia ?

    Le monde est devenu un village. Nous sommes dans ce qu’on appelle la mondialisation. Et c’est une chance pour toute personne qui maîtrise plusieurs langues. Mon pays est anglophone, mais nous avons deux voisins francophones [la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry, ndlr] qui permettent à certains comme moi de m’exprimer devant vous en français. L’organisation internationale de la Francophonie joue également un grand rôle dans la promotion du français sur le continent. Beaucoup me demandent si mon pays va adhérer à l’OIF. Nous avons plusieurs priorités, nous avons plusieurs défis à relever. Je connais l’importance des organisations internationales telles que la Francophonie. Pour y adhérer, il y a un processus et je pense qu’à l’avenir le Liberia avisera.

    Le Liberia est-il prêt à adhérer à la monnaie unique de la Cédéao en 2020 ?

    Il y a un processus qui a été mis en place au sein de la Cédéao pour la création d’une monnaie commune. Au début de cette semaine, les chefs d’État en charge de cette question ont tenu une réunion à Accra et comme les décisions au niveau de notre organisation sous-régionale se prennent à l’unanimité, le Liberia adhère à ce processus.

    Quelles sont les relations avec le président ivoirien Alassane Ouattara ?

    J’entretiens de très bonnes relations avec le président Ouattara, qui est un grand frère, qui m’a donné beaucoup de conseils lorsque j’étais candidat. Lors de mon investiture, il est venu au Liberia avec une forte délégation et donc j’ai des bonnes relations avec lui.


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