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    Lors d'une conférence de presse à Paris, le directeur des opérations de SOS Méditerranée Férédéric Penard a précisé que 58 migrants sont à bord. Il a demandé à la France leur débarquement «à titre exceptionnel».

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    La noix de cajou ivoirienne sous surveillance

    Préparation au séchage des noix de cajou à Abidjan en Côte d'Ivoire (photo d'illustration). AFP/Sia Kambou

    En Côte d'Ivoire, les autorités veulent protéger le secteur de la noix de cajou et éviter que la récolte ne file vers les pays voisins via une contrebande néfaste au pays qui touche beaucoup de producteurs ouest-africains.

    La noix de cajou a beau tomber au pied de l'arbre, elle ne peut s'empêcher de voyager ! Et lorsque les sacs finissent sur des camions et traversent les frontières, cela agace les pouvoirs publics. Les autorités ivoiriennes appellent cela « La fuite de noix de cajou ». Une fuite ou plutôt une évasion fiscale, car en franchissant les frontières, la noix de cajou disparaît des radars et les taxes ne sont pas payées.

    Le Conseil du Coton et de l’Anacarde, l'organe régulateur de la filière en Côte d'Ivoire, rappelle que ce fléau prend des proportions inquiétantes. L'an dernier, 1 300 camions remplis à ras bord de sacs de cajou n'ont jamais été débarqués dans les ports ivoiriens laissant un paradoxal goût amer dans la bouche des douaniers. À défaut de pouvoir mettre des amandes salées à la noix de cajou qui aurait tendance à filer en douce, les autorités ont adopté pour cette année une mesure radicale : tous les magasins et centres de collecte situés près des frontières sont fermés. Les contrevenants s'exposent au retrait de leur licence d'exportation.

    Les autorités ivoiriennes ont dans le collimateur les décortiqueurs ghanéens. Le Ghana dispose d'une surcapacité de décorticage et cherche donc à attirer à tout prix les précieuses noix. Mais ce problème de noix voyageuses existe dans toute l'Afrique de l'Ouest. L'an dernier, les producteurs bissau-guinéens s'étaient rués vers le Sénégal où le prix d'achat dépassait largement le prix local en entraînant la colère des exportateurs et de leurs acheteurs indiens et vietnamiens qui embarquent la cajou brut dans leurs propres usines pour alimenter ensuite les précieux marchés européens et américains.

    A titre d'exemple, la Côte d'Ivoire, qui produira cette année près de 750 000 tonnes de noix, n'en transforme sur place qu'une petite partie. Or la valeur ajoutée réside dans la transformation. Eh bien plus que la chasse aux sacs voyageurs, les autorités devraient s'atteler à construire de nouvelles usines. La noix de cajou rapporte chaque année environ 500 milliards de francs CFA aux paysans. Un chiffre qu'il est possible de doubler, voire de tripler en peu de temps en augmentant tout simplement les capacités de transformation.


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