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    Turquie: l'audiovisuel public accusé de censurer de nombreuses chansons

    Des étudiants agitent des drapeaux de la Turquie en mai 2017. REUTERS/Murad Sezer

    En Turquie, l’audiovisuel public, la TRT, est au coeur d’une polémique depuis que l’opposition a dévoilé une liste de plus de 200 chansons interdites sur les chaînes du groupe. L’affaire fait d’autant plus de bruit que des stars de la pop turque figurent sur la liste des titres censurés.

    De notre correspondante à Istanbul,

    Chaque année, un comité de la TRT (l'Etablissement de Radio et Télévision de Turquie) passe en revue les programmes et les chansons diffusés sur toutes les chaînes de l’audiovisuel public. Ce comité les évalue au regard d’un article de la loi sur les institutions de radio et de télévision, qui impose des limites aux contenus que peuvent diffuser les chaînes, qu’elles soient publiques ou privées.

    Cet article, très long, bannit les contenus qui appellent à la haine et à la violence, ou qui encouragent la consommation d’alcool et de drogues. Ou plus généralement, qui seraient « contraires aux valeurs nationales, à la morale et à la protection de la famille », ou « obscènes ». Des critères très vagues, qui ont valu en 2016 à deux programmes télévisés, 38 spots publicitaires et 208 morceaux de musique d’être recalés par ce comité, parmi près de 33 000 contenus étudiés.

    C’est Atilla Sert, un député du principal parti d’opposition, le CHP, le Parti républicain du peuple, qui a révélé cette liste et s’en est insurgé. Atilla Sert rappelle avec ironie qu’en 2013, la TRT avait diffusé un programme spécial pour réhabiliter les chansons interdites pendant les coups d’Etat qui ont émaillé l’histoire de la Turquie...

    Une justification bancale

    Parmi les artistes concernés, certains sont des vedettes de la variété turque. Mais certains titres de stars de la pop figurent sur la liste souvent parce qu’ils évoquent un peu trop explicitement une relation sexuelle ; la consommation de vin, de vodka, de « raki » (un alcool anisé très courant dans le pays) ; qu’ils parlent du suicide ; que leurs paroles comportent des injures, ou encore qu’elles véhiculent de la « propagande terroriste » dans la définition large que le gouvernement turc donne à cette expression.

    Face à la polémique, la TRT a dû s’expliquer. D’abord, le groupe assure n’avoir fait qu’appliquer la loi. Il fait valoir, ensuite, que toutes les autres chaînes de radio et de télévision ont les mêmes pratiques. Les mêmes pratiques, certes, mais apparemment pas les mêmes listes, puisque beaucoup des chansons censurées continuent d’être diffusées sur les chaînes de musique privées. Enfin, la TRT souligne que ce ne sont pas les artistes qui sont bannis de ses écrans, mais seulement certaines de leurs œuvres qui ne correspondent pas aux critères légaux et pourraient par exemple, selon la TRT, « influencer négativement le développement des enfants ».

    Un gouvernement pointé du doigt pour ses attaques contre la liberté d’expression

    Le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, a défendu bec et ongles la censure de ces œuvres. Selon lui, non seulement la TRT ne fait que son « devoir », mais les autres chaînes feraient mieux de s’en inspirer.

    Il y a aussi eu quelques réactions du côté des artistes. Comme celle d'Onur Akin, qui n’est pas une pop star, mais un chanteur populaire que les Turcs écoutent depuis une trentaine d’années. Sa chanson Artvin’de Bahar   qui signifie « Printemps à Artvin »   apparaît sur la liste, certainement à cause d’un couplet dans lequel il dit de sa bien-aimée qu’il pense à elle « à l’ombre d’un platane, comme le raki que l’on boit ». Dans une interview au journal Sözcü, Onur Akin se plaint plus généralement d’un « embargo » de l’audiovisuel public contre les chanteurs perçus comme des opposants au pouvoir. Alors même, rappelle-t-il que la TRT est financée par les impôts de tous les Turcs.


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