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    Migrations: «ne pas trahir les principes d’humanité qu’on prétend défendre»

    Couverture du livre du journaliste Stephen Smith -«La ruée vers l'Europe»- publié aux éditions Grasset grasset.fr

    Les vagues migratoires entre l'Afrique et l'Europe. Combien de temps ça va durer ? Comment peut réagir l'Europe ? Stephen Smith a été journaliste à RFI, à Libération et au Monde. Aujourd'hui, il enseigne aux Etats-Unis et publie chez Grasset « La ruée vers l'Europe », un livre qui dérange. De passage à Paris, il est l'invité de RFI.

    RFI: Stephen Smith, pourquoi dites-vous qu’entre l’Afrique et l’Europe le choc migratoire est inévitable ?

    Stephen Smith: Il est inévitable pour deux raisons. D’abord, parce qu’il y a eu une croissance démographique et un rajeunissement de l’Afrique sans précédent dans l’histoire – ça, c’est une raison –, et ce n’est pas seulement le chiffre, de passer de 1,3 milliard à 2,5 milliards en 2050. Ça, c’est faire peur avec les chiffres, ce n’est pas le propos du livre. Mais l’autre raison c’est, quand même, qu’en face il y a actuellement 500 millions d’Européens qui sont vieillissants, et il y aura en 2050, 450 millions d’Européens. Et donc vous aurez 2 jeunes africains face à 1 Européen vieillissant, autour de la cinquantaine.

    Et vous dites que, contrairement aux idées reçues, les migrants qui partent d’Afrique ne sont pas les Africains les plus pauvres.

    Oui. Et toutes les études le montrent, notamment les travaux des anthropologues. Il faut avoir une connaissance du monde pour se lancer. On ne sort pas d’un village, à peine allé dans la prochaine ville ou la capitale et se lancer dans un voyage qui parfois dure une année, pour aller en Europe. Ce sont ceux qui ont un pactole de départ. Il faut quand même 2 000, parfois 3 000 euros, pour se lancer. Et la troisième condition souvent c’est la diaspora. C’est-à-dire qu’il faut connaître quelqu’un qui soit déjà installé de l’autre côté. Les diasporas attirent du monde parce qu’ils baissent le prix d’installation.

    Mais concrètement, les migrants ne viennent pas que de pays émergents, comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun ! Ils viennent aussi des zones les plus pauvres du Niger ou du Mali, là où le seuil de prospérité est loin d’être atteint.

    Oui, mais à l’intérieur de ces pays ce sont ceux qui sont un peu mieux lotis. Et d’autre part, il y a aussi des traditions migratoires locales. Par exemple autour des Kayes, c’est un réservoir, donc il y a historiquement déjà une culture de migration.

    Et vous écrivez aussi que « L’aide au développement ne retient pas les Africains sur leur sol. En aidant à l’éducation des jeunes Africains, cette aide serait une prime à la migration ».

    Oui, mais je ne dis pas cela pour dire que c’est une mauvaise chose, puisque, aider au développement c’est, a priori, une bonne chose. Dans un premier, lorsque le pays franchit un seuil de prospérité, la migration va s’accélérer. Dans un deuxième temps, elle va ralentir. Donc par la suite, une fois développé, les gens préfèrent rester chez eux.

    Et justement, d’après vous, ces migrants qui fuient leur continent, vont-ils continuer à migrer vers l’Europe pendant tout le 21ème siècle ?

    Non, je pense qu’il faut d’abord savoir à quel moment exactement l’Afrique va franchir ce seuil de prospérité, qui est mal défini. Je pense que ça prendra encore quelques années. Pour l’instant, nous avons une classe moyenne en Afrique à peu près de 200 millions de personnes, ce n’est pas encore une masse critique. Donc, ça va durer à peu près deux générations, et par la suite, à un moment donné ça va basculer et peut-être que la balance va pencher en faveur d’un maintien en Afrique.

    Face à cette vague migratoire, quelle va être la réaction de l’Europe ? Vous imaginez cinq scénarios – on ne va pas tous les dévoiler, il faut lire votre ouvrage – il y en a tout de même deux principaux : l’Europe-Afrique ouverte aux migrants - et, au contraire -, l’Europe forteresse. Quel est à votre avis le scénario le plus probable ?

    Je suis indécis. Je pense que ça va être un scénario de bric et de broc, comme souvent dans une démocratie. On va essayer en sous-main de retenir, voire de repousser. Donc, conclure des contrats avec des pays, pour donner une prime à la sédentarisation, s’il le faut par coercition. On voit déjà que l’Italie intervient en Libye aujourd’hui pour retenir. L’Union européenne a payé 6 milliards d’euros pour que 2,5 millions de migrants soient bloqués en Turquie. Donc on voit bien cette stratégie. En même temps, par rapport à l’opinion publique européenne, il faut ne pas trahir les principes d’humanité qu’on prétend défendre.

    Entre la droite européenne, qui a tendance à tirer la sonnette d’alarme sur le nombre de migrants et la gauche européenne, qui appelle à conserver les valeurs humanistes du continent, votre ouvrage se situe où ?

    Vraiment dans le rejet des deux. Parce que, je pense que l’angélisme qui dit que la frontière est là pour ouvrir la barrière, est aussi mauvais que la façon bornée au double sens du terme, qui dit qu’il faut baisser la barrière. Une frontière est un espace de négociation entre voisins. Elle est là pour filtrer. Donc, il faut accepter de faire des choix politiques et il faut aussi voir que, très souvent de cette rencontre migratoire, peut sortir quelque chose de bien. Rien n’est jamais sans ambivalence. Mais j’aime bien citer Londres comme un exemple. Il y a trois générations, 90% des Londoniens étaient britanniques de parents britanniques eux-mêmes, et aujourd’hui plus de la moitié sont des migrants ou des fils ou filles de migrants. Et personne ne m’a encore expliqué que Londres cosmopolite était un accident de l’histoire ou un malheur pour l’humanité. Certes, l’hinterland britannique a voté pour le Brexit et Londres est devenue différente, mais aussi différente que New York peut l’être du reste de l’Amérique. En tout cas, cette migration est plutôt une histoire heureuse de migration. Toutes les histoires de migration ne sont pas heureuses.

    Vous enseignez en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, mais vous avez aussi beaucoup d’attaches avec la France. Je suis sûr que vous avez lu le projet de loi d’Emmanuel Macron sur l’asile et l’immigration, qui fait débat en ce moment. Vous en pensez quoi ? Macron trop ferme ou pas assez ferme ?

    Je trouve qu’il a eu une franchise, par exemple, pour aborder les questions démographiques. Notamment le fait que, si on maîtrisait la démographie en Afrique c’est le moyen le plus sûr pour s’enrichir. Tous les progrès de l’Afrique qui ont été accomplis et qui sont considérables, ont été anéantis du fait qu’entre 1930, quand le développement de l’Afrique a véritablement commencé et aujourd’hui, la population est passée de 150 millions à 1,3 milliard. Elle va encore doubler à l’horizon de 2050.


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