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    Le prix de la réconciliation…

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Pour espérer rallier les oppositions et les populations à la cause de l’unité nationale, les dirigeants africains doivent, au minimum, faire l’effort de ne pas confisquer les libertés et les richesses de la nation.

    Retour sur la spectaculaire réconciliation au Kenya, entre l’opposant Raïla Odinga et le président Uhuru Kenyatta. L’Administration Trump, remportant un tel succès, au pays du père d’Obama, n’est-ce pas tout simplement extraordinaire ?
     

    Si c’est un miracle, il peut, en effet, être revendiqué par la diplomatie américaine, dont le chef, Rex Tillerson, devait, d’ailleurs, atterrir, quelques heures plus tard, à Nairobi. C’est un indéniable succès. Et peu importe par qui vient la réconciliation. Peu importe, même, l’espérance de vie que peut avoir cette réconciliation ! Ce devrait être cela la démocratie en Afrique. La lutte politique ne doit pas tuer l’unité nationale. Elle ne devrait même pas tuer les relations saines, entre les acteurs de la vie politique. Aux Etats-Unis, par exemple, il n’y a rien de plus fédérateur que de voir trois ou quatre anciens présidents, en compagnie du locataire de la Maison Blanche. Donald Trump lui-même n’a pas encore eu ce privilège. Mais, vous vous souvenez sans doute, comme l’Amérique a pu se sentir regonflée, lorsqu’elle voyait, entourant Obama, Jimmy Carter, George Bush père, Bill Clinton, et George Bush fils.

    Raïla Odinga n’a, certes, pas été chef d’Etat, mais il est un ancien Premier ministre et leader de l’opposition. Le seul fait de les voir se serrant la main, sourire aux lèvres, Uhuru Kenyatta et lui, a dû avoir fait baisser considérablement la température politique.

    Lorsqu’il y a quelques mois, a circulé, sur les réseaux sociaux, une vidéo du Flagstaff House, le palais présidentiel, à Accra, ou l’on voyait le président Nana Akufo-Addo accueillir, tour à tour, ses prédécesseurs John Dramani Mahama, John Kufor et Jerry J. Rawlings, l’image était tellement belle, que beaucoup, en Afrique, se seraient voulus Ghanéens. Dans combien de pays du continent, deux, trois, voire quatre anciens chefs d’Etat peuvent-ils aller et venir librement, et rencontrer, dans une ambiance aussi détendue, le président en place ? Chaque Africain peut vérifier ce qu’il en est de son pays et, sur cette seule base, comprendra s’il vit ou non dans une démocratie réelle et apaisée.

    Aux Etats-Unis, il existe même une forme de complicité entre les anciens chefs d’Etat. A quoi est-ce dû ?

    Si ce n’est de la complicité c’est, au moins, une forme de mansuétude des anciens à l’égard de celui qui est en fonction. Parce que tous savent à quel point il est difficile de diriger cette nation. A quel point ce métier de leader du monde libre peut être source de cauchemars, de nuits blanches ! Toutes proportions gardées, la fonction présidentielle est, à l’échelle de chaque pays, une des plus difficiles qui soient, du moins, là où les dirigeants l’exercent avec rigueur et dévouement.

    Vous parlez du Ghana, mais dans tant d’autres pays, ailleurs en Afrique, les anciens chefs d’Etat gardent une certaine distance par rapport à leur plus ou moins lointain successeur. Pourquoi ?

    Nous aurions pu, encore une fois, parler du Cap-Vert, du Botswana, de la Tanzanie, de la Namibie, du Nigeria, et d’une bonne dizaine d’autres. Mais la distance peut être liée aux conditions dans lesquelles l’un a succédé à l’autre. Ou à ce que les prédécesseurs peuvent vivre comme une chasse aux sorcières, après leur départ du pouvoir. Il reste que les Sénégalais vous diront certainement qu’ils apprécieraient de voir, de temps à autre, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade accueillis au palais présidentiel, à Dakar, par Macky Sall. De même, les effusions de patriotisme entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, en Côte d’Ivoire, paraîtront comme un leurre, aussi longtemps que Laurent Gbagbo ne pourra se joindre à leur célébration.

    Il s’agit, comme dirait Raïla Odinga, de sauver les enfants de ces pays de leurs leaders. Tout comme ces peuples seraient heureux de voir leurs opposants en chef proclamer, en présence de l’ennemi juré qu’est censé être le chef de l’Etat, exactement comme l’a fait Raïla Odinga, ce vendredi 9 mars 2018 : « Mon frère et moi, nous nous sommes réunis pour dire que nos dissensions s’arrêtent ici ! Nous refusons de laisser notre diversité tuer notre pays. Nous refusons d’être les leaders par lesquels la nation, notre nation deviendra une nation défaillante. »

    Mais, évidemment, un pouvoir qui confisquerait libertés et richesses ne peut espérer emporter l’adhésion de son opposition, juste en la convoquant pour la réconciliation, au nom de la seule unité nationale.

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