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    RDC: «Mobutu était à la merci de l'aide extérieure, essentiellement américaine»

    Mobutu Sese Seko en août 1975. Bettmann/Getty Images

    On peut connaître l’histoire mouvementée de la République démocratique du Congo dans ses grandes lignes. Mais des détails jusque-là cachés continuent d’être révélés grâce à l’ouverture des archives. Dans un nouveau livre, le sociologue Ludo de Witte, lève le voile sur le coup d’État qui a porté au pouvoir le général Mobutu dans les années 1960. A l’époque, l’Armée nationale du Congo vient d’écraser la rébellion simba, qui se réclamait de Patrice Lumumba, le Premier ministre assassiné. En novembre 1965, elle s’empare du pouvoir pour mettre fin à la crise politique qui paralyse alors Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa). Le livre de Ludo de Witte met en évidence le rôle de la Belgique et des Etats-Unis dans la mise en place d’un dictateur qui allait diriger le Zaïre d’une main de fer jusqu’à sa fuite, en 1997. Ludo de Witte répond aux questions de Michel Arseneault.

    Vous avez eu accès à des documents déclassifiés, tant par la Belgique que par les Etats-Unis. Est-ce qu’il y a un document en particulier qui vous a étonné 

    Ludo De Witte : Il y a plusieurs documents qui m’ont étonné. Le document par exemple dans lequel un diplomate belge dit qu’il y a des journalistes qui sont intégrés dans la force d’assaut de la Belgique, qui paient les mercenaires pour organiser une exécution parce qu’ils disent qu’ils aiment prendre des photos.

    Que des journalistes paient des mercenaires.

    Oui, c’est ça. Ils paient les mercenaires justement pour pouvoir prendre de belles photos. Il y a aussi donc à un certain moment la décision de la Belgique de fermer le consulat à Stanleyville où à ce moment les mercenaires sont en train d’organiser des massacres généralisés. Et on veut absolument éviter qu’il y ait des Noirs qui aillent chercher un refuge dans le consulat. C’est une omission coupable envers tous ces crimes de guerre. Il y a aussi des documents qui démontrent clairement que le gouvernement belge est parfaitement au courant des crimes qui sont organisés. Il y a le ministre qui parle dans un telex de la sauvagerie avec laquelle la répression est organisée, mais il n’y a rien qui indique qu’on mette fin à cette affaire. Et ainsi de suite jusqu’au coup d’Etat de Mobutu où quelques jours avant ce coup d’Etat, la Belgique, le ministre des Affaires étrangères incitent Mobutu à venir sur le terrain politique et prendre une action avec une menace presque non voilée que s’il n’intervient pas, il y aura des conséquences graves en ce qui concerne la collaboration de la Belgique avec le Congo, avec l’armée qui à ce moment-là était dirigée par Mobutu.

    Vous êtes en train de dire que la Belgique a incité Mobutu à prendre le pouvoir en 1965 ?

    En tout cas, la Belgique a incité Mobutu à prendre des initiatives, donc à surmonter la crise politique. Et Je crois que ça, avec les actions de la CIA, qui a donc aidé Mobutu justement à concentrer tous ses officiers supérieurs dans la capitale pour une réunion où on a finalement décidé de prendre le pouvoir. Ces deux actions menaient à l’ascension de Mobutu.

    Vous écrivez que Larry Devlin, l’homme de la CIA au Congo, a organisé de faux attentats contre Mobutu. Cela lui permettait de prévenir le général qui croyait avoir eu la vie sauve grâce aux Américains. Comment décrire cette relation entre Mobutu et les services de renseignements américains ?

    Ce sont des histoires que Devlin m’a racontées lui-même. Il ne faut pas oublier que, après le renversement du Premier ministre Lumumba, Mobutu était extrêmement fragile. Un dirigeant des Nations unies l’a caractérisé comme « l’homme fort le plus faible que je n’ai jamais rencontré ». Son armée était complètement gangrénée par la corruption, par la liquidation des meilleures unités très nationalistes, très lumumbistes. Donc son pouvoir reposait sur plus ou moins mille commandos qui étaient entraînés par Israël et financés par la Belgique et par les Américains. Et dans ce contexte-là, Mobutu était complètement à la merci de cette aide extérieure qui essentiellement venait des Américains.

    La CIA a refusé de répondre à vos demandes de déclassification des documents sur le coup d’Etat de Mobutu en 1965. Pourquoi ces documents sont encore aujourd’hui aussi sensibles ?

    Ce n’est vraiment pas étonnant. Il ne faut pas oublier que les Américains éditent régulièrement un livre avec leur version officielle sur base des documents de leur histoire, et la CIA a pendant 13 ans bloqué la publication des documents sur les relations entre les Etats-Unis et le Congo dans les années 1960. Effectivement, mes demandes de déclassifier certains documents sont toujours refusées. Et la raison est la même pour laquelle la Belgique refuse toujours aujourd’hui de tirer les conséquences pratiques de son rôle dans l’assassinat du Premier ministre Lumumba, c’est que reconnaître une implication américaine et belge dans cette affaire, une implication concrète, ça veut dire qu’on a une responsabilité extrêmement grave, on a affaire à un tas de crimes de guerre, vraiment un bain de sang effroyable. On a donc maté les aspirations nationalistes indépendantistes de la population avec des forces mercenaires qui étaient commandées par des officiers belges. Ça, je crois que c’est la plus importante conclusion de mon livre.


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