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    A. Magassouba (Guinée): « Les mines contribuent à transformer notre économie »

    Abdoulaye Magassouba, ministre guinéen des Mines et de la Géologie. gouvernement.gov.gn

    Toute cette semaine, notre correspondante en Guinée, Coralie Pierret, nous a proposé une série de reportages sur la bauxite, l'or rouge comme on l'appelle... Ce matin RFI donne la parole au ministre des Mines et de la Géologie, Abdoulaye Magassouba. Le sous-sol guinéen est très riche en bauxite. Où vont les bénéfices? Les collectivités locales touchent-elles toutes les mêmes dividendes? Alpha Condé veut-il passer à la phase d'industrialisation? La Chine est-elle un bon partenaire? Abdoulaye Magassouba répond.

    RFI : Le sous-sol guinéen abrite plus du tiers des réserves mondiales de bauxite, à partir duquel on fabrique l’aluminium. La filière se développe à très grande vitesse et intéresse Chinois, Russes, Emiratis, Français, etc., mais le Guinéen s’interroge. Où vont les bénéfices de cette exploitation ?

    Abdoulaye Magassouba : D’abord, il y a les emplois que le secteur minier crée. Au cours des dernières années, les sociétés minières guinéennes ont créé plus de 10 000 emplois directs. Même si cela ne suffit pas pour résorber entièrement l’emploi. Au-delà de cela, le secteur minier rapporte, bien sûr, des revenus utilisés pour investir dans les autres secteurs de l’économie, pour que le secteur minier contribue effectivement à la transformation de l’économie nationale. Mais l’élément le plus important, ce n’est pas que le secteur minier soit le moteur de l’économie, parce que nous savons qu’en termes de création d’emplois, le secteur agricole est nettement plus performant. Donc, l’objectif, c’est que le secteur minier puisse nous permettre d’asseoir les bases de notre développement, par la réalisation d’infrastructures économiques et sociales de base, mais aussi par l’investissement dans les autres secteurs de développement durable.

    Vous évoquez ces structures de base qui passent par les collectivités locales. Or, les taxes dites « transferts infranationaux » ne sont toujours pas reversées aux collectivités. Pourquoi ?

    La première raison, c’est qu’il fallait mener des consultations au niveau du ministère en charge des collectivités locales avec tous les acteurs concernés. La deuxième raison, c’est que les élections locales ont pris du temps. Donc, avec la mise en place de nouvelles collectivités, nous allons pouvoir accélérer l’opérationnalisation de ce fonds.

    Un autre point mérite une explication. Les sociétés exploitantes reversent une compensation, un dédommagement aux propriétaires - aux occupants de terrain -, mais tout cela, hors cadre réglementaire, puisque les textes d’application du Code minier de 2013 ne sont toujours pas publiés. A ce jour, chaque société exploitante fait selon son bon vouloir. Alors, il y a les généreuses et les moins généreuses.

    Je ne suis pas d’accord avec le fait que l’on dise que chaque société fait selon son bon vouloir. Tous les services concernés se concertent dans le cadre de ce mécanisme de compensation pour les niveaux adoptés. Et lorsque l’évaluation se fait, il y a des séances publiques de sensibilisation, et les compensations font l’objet de contrats, de conventions signées avec les bénéficiaires, en présence de toutes les parties prenantes. Mais, bien sûr, il y a des améliorations à apporter à tout ce processus-là. Nous allons, dans les tout prochains jours, avoir la restitution d’une dernière étude comparative pour les différentes compensations, pour pouvoir adopter pour toutes les sociétés le même niveau de précision en termes de compensation pour les différentes localités.

    Pour l’instant, la bauxite n’est pas transformée en Guinée. Seule une société - la CBG - fait une prétransformation. A terme, n’est-ce pas l’objectif cette transformation, au moins en partie ?

    Il vous souviendra qu’en 2010, il n’y avait que quatre projets de transformation de bauxite en Guinée. Et au moment où je vous parle, nous avons neuf projets de transformation locale de la bauxite en alumine et même un projet de transformation d’alumine en aluminium.

    Alors qui dit transformation sur place, dit bien sûr, un grand besoin d’énergie. Le barrage de Souapiti est en construction, la Bank of China est votre partenaire. L’accord conclu est-il clair ? Vous savez, vous, Guinéens , où vous allez, à terme ?

    L’accord est un accord de financement classique, avec des taux bonifiés. Donc on ne peut pas trouver mieux sur le marché. L’objectif, c’est que nous puissions réaliser l’industrialisation du pays grâce à la construction de différents barrages. Il y a Souapiti qui est en construction, il y a Amaria, dont la construction a été lancée, il y a d’autres projets, aussi, en cours. Mais il faut aussi que nous puissions diversifier notre source de production pour pouvoir accommoder le besoin important en énergie du secteur minier.

    Quand les Etats-Unis, en l’occurrence Donald Trump, critiquent la Chine, mettent en garde l’Afrique contre les investissements chinois. « La Chine, dit-il, plonge l’Afrique dans un endettement terrible ». Cela vous agace ?

    Je ne peux pas commenter les déclarations d’un chef d’Etat étranger. Nous sommes dotés de suffisamment de capacités pour pouvoir négocier dans les meilleures conditions possible et pouvoir sceller des contrats qui sont équilibrés pour les parties. Nous sommes un pays ouvert, et toute l’offensive en termes de diplomatie économique, qui a été engagée depuis 2010 par le président Alpha Condé, en témoigne. Nous avons des investisseurs de tous horizons. Nous nous inscrivons dans cette logique d’ouverture, qui accueille tout investisseur crédible avec un projet viable qui est mutuellement avantageux.


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