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    Gérard Collomb: «Il faut substituer à l’économie de la migration un autre type de développement»

    Le ministre de l'Intérieur français, Gérard Collomb, en février 2018. REUTERS/Stephane Mahe

    Au Niger, une réunion s’est tenue vendredi entre ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères de neuf pays africains et de quatre pays membres de l’Union européenne, tous concernés par la crise migratoire. Cette réunion visait à mieux coordonner les efforts pour lutter contre les réseaux de passeurs. Plusieurs engagements ont été pris : renforcer la coopération judiciaire, les contrôles aux frontières. Plusieurs questions complexes ont été abordées, notamment celle du traitement des migrants en situation irrégulière. Pour en parler, Gérard Collomb, le ministre français de l’Intérieur, répond aux questions de Bineta Diagne.

    RFI: Vous dites que vous voulez lutter contre les réseaux de passeurs. Comment comptez-vous vous y prendre ?

    Gérard Collomb: Cela demande la coopération entre un certain nombre de pays de l’Union européenne et les pays africains ; une coordination de nos polices et de nos services de sécurité, de manière à pouvoir démanteler ces réseaux et faire en sorte qu’on n’ait plus ce qu’on a connu dans les dernières années.

    L’option adoptée, c’est de multiplier les patrouilles en mer. Or, cette option-là suscite beaucoup de critiques, notamment des organisations de défense des droits de l’homme. Que répondez-vous à ces organisations qui, témoignages à l’appui, estiment que les mesures de fermeture des frontières contribuent, à l’inverse, à aggraver les violations des droits humains, notamment dans la mer Méditerranée ?

    Lorsqu’il n’y avait pas ces interventions, vous aviez plusieurs dizaines de milliers de personnes qui mourraient en mer. Depuis qu’il y a eu des interventions, vous n’avez plus le même phénomène. Les chiffres ont considérablement diminué. Cela veut donc dire que la méthode ancienne n’était pas la bonne et qu’il fallait donc en changer, de manière absolue.

    Au Niger, une des solutions a été de développer des programmes en direction des passeurs pour leur proposer de se reconvertir. Cependant, beaucoup de passeurs se plaignent et estiment qu’ils gagnent moins d’argent qu’avant. Comment faire pour éviter qu’ils ne retombent dans ces activités lucratives ?

    Lorsque vous avez une économie liée autour de la migration, il faut, si vous voulez réussir, lui substituer un autre type de développement et donner effectivement des perspectives à ces jeunes. Moi, je souhaite que nous puissions porter, sur le continent européen, cette volonté de développement pour ces jeunes.

    Cette réunion de Niamey a abouti à plusieurs engagements, celui de protéger notamment les migrants en situation irrégulière ou encorde celui de renforcer la coopération entre les pays. Comment est-ce possible ? Ici, concrètement, on voit au Niger qu’il y a toute cette partie du désert. Comment est-il possible de pouvoir couvrir des surfaces aussi grandes, aussi complexes et aussi diffuses ?

    Nous avons mis en place, avec le Niger qui est tout à fait exemplaire, des opérations conjointes comme par exemple l’équipe conjointe d’investigation qui réunit à la fois des gendarmes nigériens, espagnols et français. Il y a aussi les groupes GAR-SI [Groupes d’action rapide - Surveillance et intervention au Sahel (GAR-SI SAHEL)] qui réunissent là aussi les Espagnols, les Français et que nous développons pour couvrir les surfaces de territoires extrêmement importantes.

    En France, vous avez récemment présenté votre projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration. Vous dites notamment que vous voulez éloigner de manière durable celles et ceux « qui n’ont pas vocation à rester durablement » en France. Or, la plupart des migrants économiques d’Afrique de l’Ouest sont attirés par l’Europe parce qu’elle est synonyme, à leurs yeux, de réussite. Comment comptez-vous changer cette image de l’Europe ?

    Ce que nous voulons faire, avec le président de la République, c’est accroître l’aide au développement. Faire que les jeunes puissent trouver, sur place, la possibilité d’un avenir, de créer leur entreprise. Faire ensuite que nous ayons, sur nos visas, des capacités d’allers et venues entre le pays d’origine et la France, de manière à pouvoir construire un véritable codéveloppement et faire en sorte que, pour ces jeunes, cela ne soit pas forcément être toujours en France mais être dans un aller-retour entre l’Afrique et la France.

    L’année dernière, la France a enregistré 100 000 demandes d’asile. Qu’avez-vous prévu pour intégrer ces personnes ?

    Ce que nous voulons faire, avec le président de la République, c’est dire, en six mois, on examine votre situation. Soit vous avez le droit à l’asile et on lance tout de suite des politiques d’intégration, soit vous n’avez pas le droit et dans ce cas-là, en six mois, on sait que vous devez être éloigné.

    Nous pouvons, en plus, avec l’aide des pays d’origine, porter des programmes de retour volontaire, un projet, pour que le retour ne soit pas un échec parce que je sais combien, en Afrique, le fait de pouvoir revenir est parfois considéré comme un échec terrible, et combien, pour beaucoup de jeunes, cela peut être un véritable problème de conscience. Quand la famille s’est cotisée pour que vous partiez et que vous revenez, c’est aujourd’hui quelque chose de terrible. Il faut dédramatiser tout cela.


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