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    Herman Cohen: «Les Chinois plongent les Africains dans la dette»

    Le président chinois Xi Jinping à son arrivée à Pretoria pour le sommet Chine-Afrique, en décembre 2015. REUTERS/Sydney Seshibedi

    Donald Trump a annoncé la semaine dernière le limogeage de Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine, avec lequel il entretenait des relations difficiles, et son remplacement par le directeur de la CIA, Mike Pompeo. Rex Tillerson effectuait sa première tournée en Afrique : au Kenya, à Djibouti, en Ethiopie, au Tchad et au Nigeria. Il a appris son limogeage alors même qu’il était sur le continent. En pleine tournée, du jamais vu. Et ce, alors qu’il essayait de faire oublier aux Africains la petite phrase de Donald Trump prononcée en privé traitant les pays africains de « pays de merde »... L’ancien sous-secrétaire d’Etat américain, le « Monsieur Afrique » de la diplomatie américaine durant plusieurs années, Herman Cohen répond aux questions de Jean-Jacques Louarn.

    Quand Donald Trump affirme que les pays africains sont des « pays de merde ». Cela vous fait bondir ?

    Herman Cohen : Il a dit cela en privé à deux sénateurs qui l’ont dit en public. Mais le président Trump a envoyé une lettre aux chefs d’Etat de l’Union africaine fin janvier qui était très amicale, très gentille.

    Un journaliste burkinabè s’est interrogé dans son journal, pourquoi Trump envoie un émissaire, en l’occurrence Rex Tillerson, dans des pays « merdiques » ?

    Moi, j’ai travaillé pour le président Reagan. J’avais des discussions avec lui en privé. Si j’avais dit en public ce qu’il a dit sur plusieurs pays en privé, ce serait beaucoup de problèmes. Je ne crois pas que les Africains vont continuer à se pencher sur cette déclaration que le président Trump a fait en privé.

    D’ailleurs, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a déclaré : « Tournons la page ».

    C’est vrai. Tout le monde veut tourner la page. Je vois que monsieur Trump est un homme d’affaires, et il voit l’Afrique comme un endroit pour des investissements privés. Il va encourager des investisseurs américains à aller en Afrique. Donc c’est une bonne chose.

    Rex Tillerson a quand même été limogé alors qu’il était en tournée en Afrique. C’est une humiliation ?

    C’est surtout maladroit de la part de Trump de faire cela pendant son voyage. Je comprends les Africains qui se posent des questions : qu’est-ce que ça veut dire ? Mais encore une fois, je dis que cela ne veut rien dire. Ça va continuer en Afrique en général, c’est-à-dire aider l’Afrique pour les évènements économiques et surtout par le secteur privé, par les investissements privés.

    Vous évoquiez les investissements américains sur le continent africain, mais il y a une double offensive sur le continent russe sur le plan diplomatique chinois, sur le plan économique. Washington n’est-il pas en train de perdre du terrain ?

    Je ne le crois pas. Nous ne sommes pas en concurrence avec les Chinois. Les Chinois ont besoin des produits africains, le pétrole, la bauxite, le cobalt. Ils font des arrangements avec les Africains. Vous fournissez 200 000 barils par jour, nous allons construire des routes pour vous, des barrages ou des stades, et nous allons faire ça avec des prêts faciles. Mais ils ne seront jamais remboursés. Ils plongent les Africains dans la dette. Ils ne seront jamais remboursés. Et ce qui me trouble surtout, c’est que quand les Chinois font un projet en Afrique, les ouvriers qu’ils amènent restent en Afrique. Ils ouvrent des boutiques, des magasins et ils importent des choses chinoises. Donc c’est mauvais pour la production africaine. Donc ce n’est pas un problème américain. Il faut que les Africains gèrent ce problème. Il ne faut pas laisser les Chinois dominer l’économie.

    Vous dites donc aux Africains de se méfier des Chinois ?

    C’est vrai, surtout pour la question des dettes. Les Chinois plongent les Africains dans la dette. C’est une très mauvaise chose.

    Sur le plan de la lutte contre le terrorisme, sur le plan sécuritaire, les Etats-Unis de Donald Trump restent un allié fiable, sûr, de Paris, d’Emmanuel Macron ?

    Il n’y a pas de doute. Nous avons des militaires qui travaillent tous les jours avec les Français au Niger, au Burkina Faso. Donc c’est un lien très étroit. Les Américains sont en admiration des forces spéciales françaises. Moi, ce que je dis, il ne faut pas oublier les  problèmes sociaux-économiques. Si vous restez seulement dans le domaine militaire, vous allez perdre. Il faut trouver des solutions pour des gens qui n’ont pas de travail, qui n’ont pas d’avenir, surtout les jeunes hommes.

    C’est Herman Cohen qui parle. Ce n’est pas Donald Trump ?

    C’est vrai, c’est vrai. Donald Trump ne pense pas comme moi, mais quand même, il veut continuer à avoir les bonnes relations qu’avaient Obama et Bush. C’est très important.


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