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    Landry Signé: «Les leaders africains devraient être plus responsables»

    Assemblée générale de l'Union africaine à Addis Abeba, le 30 janvier 2014. REUTERS/Tiksa Negeri

    Les dirigeants africains se réunissent aujourd'hui à Kigali pour signer l'accord instituant ce qui pourrait à terme devenir la plus vaste zone de libre-échange au monde, mais le chemin est encore très long... La création de cette Zone de libre-échange continentale (ZLEC) concerne les 55 membres de l'Union africaine avec un PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars. Pour comprendre les enjeux de ce projet, Landry Signé, expert en développement à l'université de Stanford, en Californie, répond aux questions de Jean-Jacques Louarn.

    L’Union africaine ne rêve-t-elle pas ?

    Landry Signé : Non, c’est un projet extrêmement important de mettre en place la Zone de libre-échange continentale, même s’il y a également de nombreux challenges.

    Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent. Suffirait-il d’enlever les droits de douane pour atteindre en 2022 un niveau de commerce intra-africain de plus de 50% ?

    Enlever les droits de douane, c’est une première étape. Mais encore faudra-t-il améliorer le contexte et l’environnement économiques pour accélérer le commerce entre les pays.

    Alors qui dit libre-circulation des biens dit aussi libre-circulation des personnes. Aujourd’hui on voit très mal comment cela pourrait se faire ?

    Evidemment, il faudrait aller étape par étape. La libre-circulation des biens n’est déjà pas acquise. La prochaine étape devra être la libre-circulation des personnes aussi parce qui dit création d’une Zone de libre-échange continentale, si dans un premier temps cela concerne les biens et les services, cela aura aussi des implications au niveau de l’industrialisation du continent.

    Mais comment faire en sorte que ces économies soient complémentaires. Je prends un exemple peut-être stupide : l’Afrique de l’Ouest va vendre du Bazin, du riz à l’Afrique centrale qui elle vendra du pétrole et du bois, c’est cela ?

    De mon point de vue, les échanges évolueraient et devraient contribuer à la mise en place des industries, donc impliquer une transformation au niveau local des produits. Les échanges entre pays  africains se feront principalement au niveau des produits transformés, même si certains pays auraient moins d’avantages que d’autres, je pense notamment aux petits pays. Mais les pays les plus grands aussi qui ne sont pas nécessairement toujours les plus enthousiastes. Nous avons le cas du Nigeria dont le président a finalement décidé de ne pas se rendre à Kigali sous la pression de différents syndicats qui se sont plaints du manque de consultation et du risque que cela pourrait apporter, notamment en fragilisant la base industrielle encore naissante.

    La position de Muhammadu Buhari n’est–elle pas réaliste ?

    On peut comprendre la position de Buhari. Dans un premier temps, j’ai été très déçu. Dans un second temps, il est possible de considérer la réaction du président du Nigéria comme une manière d’inciter ses pairs à mieux réfléchir avant d’avancer trop rapidement.

    Qui dit monde libéral, un monde d’échange économique, financier, dit aussi un peu de bonne gouvernance et de démocratie. Est-ce que les deux ne vont pas de pair ?

    Il est extrêmement important qu’il y ait participation des citoyens, mais d’un autre côté, l’Afrique est assez hétérogène. Donc on a aussi bien des pays démocratiques tels que le Bénin, l’Afrique du Sud, le Nigeria, et on a des pays qui font face à des challenges plus importants tel que le Zimbabwe. Je pense que les échanges économiques vont aussi contribuer à la convergence des valeurs entre les peuples. Il y aura probablement une diffusion des valeurs démocratiques.

    Très franchement, Washington, Pékin, Moscou ou Paris, vont-ils encourager ce processus ?

    Je pense que les entrepreneurs, les multinationales qu’elles soient européennes, américaines ou même asiatiques, seraient très intéressés à avoir un marché. D’ici 2030, l’Afrique aura à peu près 1.7 milliard de personnes. Cela représente une opportunité unique. Au niveau des négociations gouvernementales, d’accords bilatéraux, il y aura probablement un problème. Par contre, au niveau des entreprises, des acteurs privés, c’est un avantage d’avoir un grand marché et de pouvoir avoir un point d’entrée pour desservir tout le continent.

    Vous diriez quand l’Afrique s’éveillera, le monde tremblera ?

    Absolument ! [rires]

    Donc c’est pour demain, l’avenir du monde c’est l’Afrique dans les, disons, 50 prochaines années ?

    Pour être réalistes, même une Zone de libre-échange continentale ne donnera pas un poids suffisant à l’Afrique dans l’immédiat. Donc le potentiel reste énorme. L’Afrique a un rôle à jouer très important pour l’avenir du monde. Cependant les leaders africains devraient être plus responsables. Ils devraient être sérieux dans leur démarche, faire leur devoir, s’assurer d’une mise en œuvre avec succès des différentes initiatives. On a déjà des communautés économiques et régionales qui ne sont pas suffisamment fonctionnelles. Ils devraient s’assurer que chacune de ces institutions fonctionne de manière optimale. Et ensuite, au niveau continental, ce sera très facile, il suffira tout simplement d’avoir une entente entre les différentes autres communautés économiques régionales. Et avec cela, en créant ces conditions favorables, l’avenir appartiendra à l’Afrique.

    Plutôt l’axe Johannesburg-Bamako que Bamako-Paris par exemple ?

    Absolument.


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