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    Les défis d'une viticulture sans pesticides

    Les pesticides sont mis en cause dans les maladies qui touchent les agriculteurs et les viticulteurs Getty Images/Malcolm Park

    A l’heure où les pesticides sont mis en cause dans les maladies qui touchent les agriculteurs et les viticulteurs, comme la maladie de Parkinson, la question qui se pose est : comment lutter contre les maladies de la vigne sans intoxiquer ceux qui y vivent et en vivent. Agnès Rougier est allée au lycée viticole de Mâcon-Davayé, au beau milieu de la Bourgogne, l’un des plus célèbres terroirs français.

    Le film d’une crise

    Le lycée de Mâcon-Davayé est situé sur une colline, au milieu des vignes. La roche de Solutré, que le président Mitterrand escaladait tous les ans, surplombe les villages alentours aux noms de célèbres cépages, comme Mercurey. Au lycée, le débat a été lancé par la projection du documentaire de Guillaume Bodin « Insecticide mon amour ». Ce film raconte la crise de la flavescence dorée, une maladie gravissime qui a touché le vignoble bourguignon en 2013 et entraîné une panique semblable à celle engendrée par le phylloxera à la fin du 19ème siècle. La bactérie responsable de la maladie est transmise par un insecte, la cicadelle. En 2013, un décret préfectoral avait alors contraint tous les vignerons à traiter la vigne à l’aide de pesticides toxiques, mais certains viticulteurs biologiques, dont les ceps n’étaient pas encore touchés par la maladie, avaient refusé de se plier à cette obligation et se sont retrouvés devant la justice.

    Les vignes de Bourgogne en hiver. © Agnès Rougier

    Le dilemme du viticulteur

    Le gros problème des traitements par des pesticides de synthèse est qu’ils ne sont pas sélectifs. Le pesticide détruit la faune sans distinction : les vers, les insectes, les acariens.

    Or, le viticulteur bio a construit, en quelque sorte, son environnement, et cette faune fait partie de l’écosystème de sa vigne, un écosystème qui est bénéfique pour la plante. Le vigneron se demande alors s’il doit vraiment traiter et éliminer cet écosystème qu’il a mis de temps à élaborer. C’est la raison de la levée de bouclier qui s’est opérée lors de la crise de 2013, certains refusant de traiter quand d’autres craignaient de perdre leurs ceps.

    Les traitements alternatifs

    Pour la flavescence dorée, il n’existe pas encore d’alternative aux traitements par pesticides de synthèse, mais si la présence de l’insecte est localisée sur un territoire réduit, la résilience sera beaucoup plus aisée que si la cicadelle envahit un vignoble complet.

    Par contre, pour les maladies par champignons que sont le mildiou et l’oïdium, il existe des traitements à base de produits d’origine naturelle : le cuivre et le soufre. Et l’on trouve aussi de plus en plus de produits naturels permettant de lutter contre ces champignons. Les coûts sont un peu supérieurs à l’achat et en temps de traitement mais sur le long terme, le viticulteur y gagne.

    Se passer de traitements, est-ce possible ?

    La recherche au niveau national et les viticulteurs travaillent sur différentes possibilités pour éviter les traitements. D’abord, l’agroécologie, qui raisonne en termes de maintien du sol en bon état et de santé de la plante, mais également en termes de biodiversité cultivée : il existe des parcelles qui n’ont qu’un seul « clone » cultivé, ce qui augmente les risques de maladie ; multiplier les ceps d’origines différentes garantirait donc une meilleure protection.

    D’autre part, certains cépages plus résistants ont été mis au point.

    Enfin, pour lutter contre les insectes : favoriser la création de haies et l’enherbement au milieu des vignes installe une faune, et cette faune participera à la régulation naturelle des insectes qui s’attaquent à la vigne.

    Une évolution en cours

    Pour Jacqueline Cretin-Lopez, professeure de Biologie-Ecologie au lycée de Mâcon-Davayé, une évolution s’est produite au cours des dix dernières années : les viticulteurs ont constaté l’appauvrissement des sols, la pollution des cours d’eau, et la prise de conscience de la toxicité des produits utilisés sur la vigne a apporté une évolution. On est aujourd’hui dans une démarche qui tend à réduire les traitements, et en 2016, 8% du vignoble bourguignon - soit 310 domaines certifiés - était en agriculture biologique (dont le petit vignoble du lycée).

    Parmi les jeunes rencontrés au lycée viticole, ceux qui viennent de familles de vignerons ont constaté les méfaits de la toxicité des produits sur leurs proches. Beaucoup d’élèves sont conscients des problèmes et pensent qu’il est important de réduire au maximum la dépendance aux pesticides, voire de travailler en agriculture biologique pour préserver l’avenir de la profession ainsi que la santé des viticulteurs et des consommateurs.

    L’évolution est en route, mais il faudra compter entre 10 et 15 ans avant que les vins de Bourgogne soit exempts de produits toxiques.

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