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    João Melo (ministre): en Angola, transformer les médias d'État en services publics

    João Melo, ministre angolais de la Communication sociale (Capture d'écran). © angop.ao

    Six mois après son investiture, quel bilan pour João Lourenço sur le plan de la libération d’expression ? Le nouveau président d’Angola, issu du MPLA au pouvoir depuis bientôt 43 ans, a promis d’ouvrir le débat public dans le pays et de libéraliser les médias. João Melo, ministre de la Communication sociale du président  Lourenço, est l'invité de RFI.
     

    RFI : Quel bilan faites-vous des six mois de Joao Lourenço au pouvoir ?

    João Melo : Un bilan positif, surprenant, marqué par un mot qui est l'ouverture.

    Quels sont pour vous les marqueurs de cette ouverture ?

    C’est une ouverture politique et dans le domaine de l’information avec un rôle nouveau joué par la communication en général et à travers les médias publics en particulier. Et c’est combiné avec l’instauration d’un dialogue avec des voix indépendantes et des personnalités d'autres sensibilités de notre société.

    L’idée, c’est de prendre ces médias qui étaient considérés plutôt comme des médias fermés, tournés vers une communication de parti et d’en faire des médias d’Etat ?

    Oui, c’est transformer les médias d'Etat en véritables services publics et de cesser d’être enfermé dans une communication trop gouvernementale, d’en faire des médias publics ouverts à les segments de la société, en encourageant les débats avec contradictoires et surtout informer sur tous les faits qui se sont produits, les faits positifs comme négatifs.

    Parmi les demandes du syndicat des journalistes angolais, il y a le fait de changer le mode de nomination dans les médias publics, de faire nommer la direction par l’Assemblée nationale, par exemple. Est-ce que ça serait envisageable en Angola ?

    Oui, nous sommes en ce moment en train de recueillir les contributions de divers secteurs, y compris le syndicat pour faire un réajustement de la loi sur la presse, la publicité, la radiodiffusion, de la communication sociale. Faire en sorte que ce réajustement reflète la nouvelle réalité que connait le pays.

    Pour créer une télévision ou une radio en Angola, c’est très cher. Pour une radio par exemple, c’est 8 millions de dollars pour Luanda et 12 millions de dollars pour tout le pays. Est-ce que vous comptez aussi ouvrir ce secteur ?

    On va discuter. Quoi qu'il en soit, l’Angola va entrer dans un processus de transition de l'analogique vers le numérique, et ce sera beaucoup plus moderne, plus facile aussi, grâce à ce changement technologique de créer des radios et des télévisions en Angola, c’est la tendance, nous allons essayer d'ajuster la loi pour accompagner cette tendance.

    Est-ce que vous allez vous aligner sur les recommandations de l’Union africaine et dépénaliser les délits de presse ?

    Comme vous le savez, il s'agit d'un débat universel, même les pays qui ont une démocratie consolidée n'ont pas encore pris cette mesure. Nous allons discuter de cette question entre nous, quoi qu'en pense un ministre. Cela fera l’objet d’un débat que je vais promouvoir et qu’on organisera aussi vite que possible.

    Le journaliste d’investigation et activiste anticorruption Rafael Marques est à nouveau devant la justice.

    Cette affaire, ça n'est pas une affaire qui est liée au gouvernement, ce n'a pas été sollicité par des institutions de l'Etat. C'est un cas particulier, c’est l'ancien procureur général de la République qui a saisi la justice. Nous attendons de la justice qu’elle fasse son travail et que le tribunal rende un jugement juste, correct. Le fait qu’il y ait toujours des procès contre des journalistes ou des activistes, ça ne veut pas dire que c’est la volonté d’un système. Et puis les procès contre les journalistes, ça arrive même dans des pays avec des systèmes démocratiques plus ancrés, y compris au Vatican, par exemple.

    Vous parlez du Vatican. Radio Ecclesia devrait pouvoir émettre sur tout le territoire ? En tout cas, le président Lourenço l’a posé comme une intention. Est-ce que ça va se faire, qu’est-ce qui bloque cette transmission au niveau national ?

    Cela va se faire. La balle est maintenant dans le camp de l'Eglise catholique. C’est à elle de créer les conditions techniques surtout et humaines pour commencer avec leurs radios catholiques. Du côté gouvernemental, il n'y a plus de demande, pas d'empêchement, tout est prêt pour que la Radio Ecclesia puisse opérer sur tout le territoire.

    Les journalistes angolais se plaignent encore de ne pas pouvoir accéder aux informations, même aux informations de base comme la communication et la santé.

    Ça commence à exister dans les différents départements ministériels qui prennent conscience qu’il faut informer l’opinion, travailler différemment avec la presse. C’est un processus qui va se poursuivre, ces obstacles vont peu à peu diminuer. Mais du côté des professionnels des médias, il y a aussi une forme d’inertie avec laquelle il faut rompre, il faut venir chercher les informations, cultiver les sources.

    Le président Lourenço est un général de l’armée, comment vous expliquez-vous ça, alors qu’il vient du MPLA, un parti qui n’est pas très connu pour son ouverture en matière de communication et que ça vienne de lui finalement d’essayer en tout cas d’ouvrir ?

    Joao Lourenço est général de l’armée, mais même dans les forces armées, il était étroitement lié au travail politique. Il a été un chef de parti, il a eu des fonctions au sein de l’Etat pendant de nombreuses années. Un détail justement, il était justement à un moment responsable de l'information au MPLA. Son expérience de vie et sa lecture des changements que le monde a connus au cours des dernières décennies ont certainement aidé le président à conclure qu'en ce moment, le pays doit s'ouvrir non seulement sur le plan de la communication, mais aussi sur le plan diplomatique, économique, etc. Et c’est un processus en cours.

    La première manifestation politique qui contestait directement une mesure proposée par le président Lourenço, cette manifestation n’a pas été réprimée. Déplacée par les forces de sécurité, mais pas réprimée. Est-ce que vous pensez que cette tendance va se poursuivre ?

    Oui, je n'en doute pas, nous sommes engagés, le président fait de l'Angola un pays aussi normal que les autres

    En tant que ministre de la Communication social, est-ce que ça vous a surpris de voir l’un des porte-paroles du MPLA contredire la Une du quotidien d’Etat Jornal de Angola sur un sujet aussi important que le congrès du comité central du parti ? Jornal de Angola disait qu’il y avait eu une levée de boucliers au sein du comité central contre le président du parti, José Eduardo Dos Santos.

    Je ne dirais pas surpris, je voudrais simplement souligner que cela signifie que la liberté de la presse et de l'expression est un fait en Angola.

    Dernière question : à quand la retransmission de RFI en portugais sur tout le territoire national ?

    Je pense qu’on attend une proposition de RFI.


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