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    Italie: le chef de l'Etat veut en finir avec le jeu des vetos croisés 

    Le président de la République italienne Sergio Mattarella s'adresse aux médias lors de la deuxième journée de consultations au palais du Quirinal à Rome, en Italie, le 5 avril 2018. REUTERS / Alessandro Bianchi

    Le suspense continue dans cette Italie étoilée. Plus d’un mois après les élections législatives qui n’ont permis de dégager aucune majorité claire, le chef de l'Etat, Sergio Mattarella, entame ce jeudi 12 avril son deuxième tour de consultations avec les délégations des principaux partis politiques. Au cours de ce nouveau round de deux jours, il compte bien faire avancer les négociations pour aboutir à la formation du nouveau gouvernement. En tous cas, avant le Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles les 28 et 29 juin.

    de notre correspondante à Rome,

    Jusqu’à présent, chaque force politique est restée sur ses positions. Le Mouvement 5 étoiles, premier parti du pays avec 32% des voix, a l'ambition de gouverner - sur la base d’un accord de programme - soit avec la Ligue eurosceptique de Matteo Salvini, à condition qu’il prenne ses distances de Silvio Berlusconi, soit avec le Parti démocrate, pro-européen.

    Mais le chef de la Ligue se montre fidèle envers ses alliés de droite. Et pour cause : bien qu’ayant recueilli 17% des suffrages, il sait que le résultat de l’ensemble de la coalition, 37%, permettrait de peser beaucoup plus dans un gouvernement avec les inclassables 5 étoiles, qui se revendiquent ni de droite ni de gauche. Quant au Parti démocrate, grand perdant des élections, même s'il représente la 3e force du pays, officiellement il n’envisage aucun accord avec les 5 étoiles et veut se placer à l’opposition.

    Dans ce contexte, comment peut intervenir le président de la République pour faciliter la formation d’un gouvernement ?

    Sergio Mattarella a un rôle d’arbitre suprême. C’est à lui qu'incombe la tâche d’aider les forces politiques à trouver une solution, respectueuse du choix des électeurs, et à les mettre face à leurs responsabilités. Contrairement à ce qu’il s’est passé pour le 1er tour de consultations, la coalition de droite va se présenter unie et d’accord pour proposer la candidature de Matteo Salvini, 45 ans, au poste de Premier ministre. Autant d’indicateurs importants pour le chef de l’Etat.

    Mais pour obtenir la majorité au Parlement, la coalition de droite doit nouer des alliances. Et on en revient au Mouvement 5 étoiles ! Son chef politique, Luigi Di Maio, 31 ans, renoncera difficilement à sa propre candidature au poste de Premier ministre et à son veto sur Berlusconi. Toutefois, il est probable que le président de la République exige plus de réalisme de la part du Mouvement 5 étoiles. Notamment en lui faisant noter qu’il a déjà accepté des pactes avec Forza Italia de Silvio Berlusconi, en particulier pour l’élection - importante - des présidents des deux Chambres du Parlement.

    En fait, l’objectif visé est de perdre le moins de temps possible pour pouvoir donner à l’Italie un nouveau gouvernement

    Le chef de l'Etat est opposé à toute hypothèse d’élections législatives anticipées. Il tient à ce que l’Italie se présente au Conseil européen des 28 et 29 juin, avec un gouvernement en place. Car des dossiers-clés seront traités, comme le droit d’asile, le renforcement de la zone euro ou encore l’Europe de la défense.

    C’est pourquoi plusieurs sources officieuses de la présidence de la République, pensent qu’à l’issue des consultations, Sergio Mattarella pourrait, en quelque sorte, pousser les forces qui ont remporté le plus de voix aux élections, à trouver une entente. Par exemple, en confiant un mandat dit « exploratoire » à l’un des prétendants au poste de chef du gouvernement pour qu’il sonde le Parlement, afin de vérifier s’il parvient à constituer une majorité.

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