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    Le foot chinois, un nouvel eldorado pour les Européens?

    Le président de Soccerex, Tony Martin, lors de la séance d'ouverture du SoccerEx Global Convention 2017 à Manchester, le 4 septembre 2017. AFP/Paul Ellis

    Soccerex, le grand rendez-vous des décideurs du football mondial, organise cette semaine en Chine dans la ville de Zhuhai son premier salon consacrée à ce nouveau marché prometteur.

    Le Soccerex c’est un peu l’équivalent pour le foot du CES de Las Vegas pour l’innovation. La Chine n’est que 73e du classement de la FIFA, mais sur ce marché mondialisé, c’est déjà un pays incontournable pour les clubs européens. Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint Germain, est sur place. La ligue française de foot vient de vendre les droits télés de la Ligue 1 à la télévision publique chinoise pour trois saisons. « Il était temps » que les clubs français se manifestent selon l’expert Vincent Chaudel du cabinet Wavestone, car cela fait longtemps que les rivaux européens sont dans la place. Les championnats espagnols, italiens et bien sûr britanniques sont déjà repris sur les écrans chinois.

    Pour bien comprendre la profondeur de ce marché, il faut s’attarder sur les audiences du match Nice-PSG qui a servi de test pour le contrat. Il a été vu par 1,6 million de téléspectateurs chinois, 16 fois plus que l’audience moyenne française. Outre les droits encaissés, les clubs trouvent ainsi de nouveaux débouchés pour leurs produits dérivés.

    La Chine veut devenir la championne du monde du ballon rond en 2050

    Vu l’allure à laquelle elle est en train de se muer en nation du foot, c’est plausible. Ce pays a réalisé en quatre ou cinq ans ce que les Etats-Unis ont mis 20 ans à accomplir estime Vincent Chaudel. Son objectif intermédiaire est d’organiser le mondial en 2030 et d’y faire bonne figure. Elle s’en donne les moyens. Pour faire les yeux doux à la FIFA, le groupe chinois Wanda est devenu l’un de ses premiers partenaires.

    Chez eux, les Chinois appliquent méthodiquement le plan présenté en 2015 pour développer la pratique. Des stades sont construits à tour de bras, des académies ouvertes et le foot est devenu une matière obligatoire à l’école. 50 millions d’enfants devraient se mettre au ballon rond. Parmi eux se trouveront certainement les futurs talents qui manquent encore pour constituer une équipe nationale capable de s’illustrer dans une compétition internationale. Et bien sûr les grandes entreprises chinoises sont là pour investir dans les clubs chinois. Et dans les clubs européens.

    En Europe les Chinois achètent des clubs et des joueurs

    Ils sont présents dans une vingtaine de clubs européens, surtout au Royaume-Uni et en Italie. Ils sont là pour apprendre comment gérer un stade moderne ou un centre de formation, c’est ce qu’ils sont venus chercher à l’Olympique Lyonnais par exemple. Et ils sont là pour recruter bien sûr. Ils ont complètement dynamité le mercato d’hiver. En dépensant en 2016 plus que les Français. Cette frénésie est retombée cette saison. Freinée par une nouvelle règlementation très stricte. Pour éviter l’évasion des capitaux et aussi pour contraindre les clubs chinois à former des joueurs chez eux plutôt que d’acheter des stars étrangères. Si le transfert est supérieur à 7 millions de dollars, il est imposé à 100 %.

    Le foot chinois est déjà au bord de la surchauffe ?

    D’après l’économiste Matthieu Llorca, grand expert du business du foot chinois, tous les clubs de la Super Ligue chinoise sont surendettés. Même si le marché des transferts s’est dégonflé, il y a donc toujours une bulle sur le foot chinois susceptible d’éclater en cas de ralentissement économique. Mais depuis que la constitution a été modifiée pour permettre à Xi Jinping de rester aux manettes, les hommes d’affaires impliqués dans le foot chinois respirent beaucoup mieux estime Matthieu Llorca, car c’est un inconditionnel du ballon rond. Tant qu’il reste au pouvoir, cette nouvelle industrie dispose donc d’une excellente assurance vie.

     

    En bref,

    La croissance chinoise atteint 6,8 % en rythme annualisé au premier trimestre 2018.

    C’est au-delà des objectifs officiels et des attentes des analystes. Pour le moment l’atmosphère de guerre commerciale n’a pas beaucoup d’effet sur la trajectoire de l’économie chinoise. La consommation et les salaires sont orientés à la hausse. Les analystes s’attendent à un ralentissement dans les prochains mois avec la fermeture des usines les plus polluantes et les plus endettées.

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