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    Bolloré mis en examen : décryptage des réactions en Afrique

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Une des leçons de ce qu’il faut bien appeler « l’affaire Bolloré » est que certaines populations africaines, victimes de leurs propres dirigeants, ne pourront plus compter que sur les magistrats français pour espérer obtenir une justice… de substitution. « Corruption d'agent public étranger, complicité d'abus de confiance, faux et usage de faux »… Les mots choisis sont d’une extrême sévérité. Mais, au-delà des faits reprochés à Vincent Bolloré, comment expliquer que cette mise en examen ait déclenché autant de réactions hostiles à l'intéressé sur le continent ?

    Nous savons tous que dans les pays où il opère, le Groupe Bolloré contrôle des secteurs vitaux de l’économie nationale. Et, de fait, partout, Vincent Bolloré passe pour un homme très puissant, qui suscite un mélange de crainte et de haine. D’où la très grande colère que l’on peut percevoir dans nombre de commentaires, et qui sont du genre des sentiments qu'inspirent les gens dont les populations pensent qu’ils conditionnent (ou peuvent conditionner) négativement leur vie.

    La dernière personnalité française dont les difficultés judiciaires ont, à un tel point, réjoui les Africains sont… devinez qui ? Charles Pasqua ! Même pas Nicolas Sarkozy ! Pour Pasqua, les gens se sont dit et disaient à haute voix : « Bien fait pour lui ! Les charters, les collusions avec certains chefs d’Etat africains, la Françafrique… ». Tous se disaient que tout cela devait se payer, un jour ou l’autre, au nom d’une justice immanente.

    Bolloré est dans le même registre. Ce qui est à la fois triste et étonnant, parce que cet homme, en théorie, implante ses entreprises dans les pays pour y investir et donner du travail aux nationaux, quitte à en tirer de superprofits.

    Le Groupe Bolloré est présent dans près d’une vingtaine de pays, sur le continent. Il n’a des ennuis qu’en Guinée et au Togo. N’est-ce pas, après tout, marginal ?

    Il va falloir patienter un peu, pour apprécier ce qu’il en est réellement des autres théâtres d’opération du Groupe Bolloré. Vous avez sans doute remarqué à quelle vitesse les langues se sont déliées depuis sa mise en examen. Tant qu’on le croyait puissant, il était intouchable. A présent que la justice française semble lui avoir trouvé quelques points de vulnérabilité, les Africains, et pas seulement eux, n’auront plus peur de témoigner. Ils ont d’ailleurs commencé à le faire, dans les médias, sur les réseaux sociaux, et dans la vraie vie, comme l'on dit aujourd'hui.

    A quoi faut-il s’attendre, maintenant ?

    Il y aura beaucoup de déballages. Et, même s’il n’était pas condamné, en fin de comptes, Bolloré sortira de tout cela bien dégoûté de l’Afrique. De cette Afrique qui, en à peine cinq jours, lui a prouvé qu’elle ne l’aimait guère, en tout cas pas d’une tendresse folle. Mais, au-delà de Vincent Bolloré, il y aura aussi quelques victimes collatérales. En fait, des acteurs bien réels de tout le mal qui a été fait aux Etats, aux peuples.

    Vous voulez parler des amis africains de Vincent Bolloré ?

    Lorsque les citoyens du continent auront fini de dénoncer Bolloré et ses méthodes, lorsqu’ils auront épuisé leur colère sur les actes de prédation dont son groupe se serait rendu coupable ici et là, ils devront, à un moment ou à un autre, revenir à quelques considérations toutes simples : en Guinée, comme au Togo, il n’a jamais été dit que Vincent Bolloré avait mis un révolver sur la tempe d’Alpha Condé ou de Faure Gnassingbé, pour les obliger à lui concéder le contrôle de ces ports à conteneurs, si juteux.

    Si les populations sont autant en fureur, c’est parce que subsiste, dans la mémoire collective, le souvenir des sacrifices qu'il a fallu pour la construction de ces ports. Et des morts, tombés dans l'océan. L’idée que le privilège de ces concessions n’avait pour contrepartie que la facilitation de l’élection de l’un et de la réélection de l’autre peut rendre fou, en effet.

    Qu'en pensent les autres chefs d'Etat ?

    Rien, pour le moment. En tout cas, ils ne disent rien, pour le moment. Dans un de ces puissants discours auxquels il nous a habitués depuis son élection, le Ghanéen Nana Akufo-Addo déclarait que l’Afrique n’est pas là où elle devrait se situer. Et d'assurer que jamais lui n’accepterait d’ouvrir son pays aux entreprises qui veulent enregistrer, en Afrique, des marges bénéficiaires qu’elles ne pourraient espérer nulle part ailleurs dans le monde.

    Jamais Nana Akufo-Addo ne s’aviserait d’offrir à un quelconque ami la gestion du port de Tema contre de dérisoires privilèges personnels. Car il sait qu’il aurait des comptes à rendre à son peuple, et immédiatement. Son peuple qui, certainement, le lui ferait payer très cher. Nul n’oublie que, dans ce pays, son prédécesseur, après seulement un mandat, a été congédié par les électeurs, pour avoir laissé le cedi, la monnaie nationale, perdre 40% de sa valeur en une année. Même si rien ne prouve qu’il était personnellement responsable de cette chute.

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