GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 10 Octobre
Vendredi 11 Octobre
Samedi 12 Octobre
Dimanche 13 Octobre
Aujourd'hui
Mardi 15 Octobre
Mercredi 16 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent

    Le gouvernement équatorien et le mouvement indigène ont trouvé ce dimanche 13 octobre un accord pour sortir de la crise sociale qui paralyse le pays depuis 12 jours, grâce au retrait du décret polémique supprimant les subventions au carburant. Les deux parties se sont mises d'accord sur la préparation d'«un nouveau décret qui annule le décret 883» sur l'essence, et «avec cet accord la mobilisation se termine», a annoncé Arnaud Peral, représentant en Équateur de l'ONU, qui a facilité avec l'Eglise catholique la tenue d'un dialogue.

    Bolloré mis en examen : décryptage des réactions en Afrique

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    Une des leçons de ce qu’il faut bien appeler « l’affaire Bolloré » est que certaines populations africaines, victimes de leurs propres dirigeants, ne pourront plus compter que sur les magistrats français pour espérer obtenir une justice… de substitution. « Corruption d'agent public étranger, complicité d'abus de confiance, faux et usage de faux »… Les mots choisis sont d’une extrême sévérité. Mais, au-delà des faits reprochés à Vincent Bolloré, comment expliquer que cette mise en examen ait déclenché autant de réactions hostiles à l'intéressé sur le continent ?

    Nous savons tous que dans les pays où il opère, le Groupe Bolloré contrôle des secteurs vitaux de l’économie nationale. Et, de fait, partout, Vincent Bolloré passe pour un homme très puissant, qui suscite un mélange de crainte et de haine. D’où la très grande colère que l’on peut percevoir dans nombre de commentaires, et qui sont du genre des sentiments qu'inspirent les gens dont les populations pensent qu’ils conditionnent (ou peuvent conditionner) négativement leur vie.

    La dernière personnalité française dont les difficultés judiciaires ont, à un tel point, réjoui les Africains sont… devinez qui ? Charles Pasqua ! Même pas Nicolas Sarkozy ! Pour Pasqua, les gens se sont dit et disaient à haute voix : « Bien fait pour lui ! Les charters, les collusions avec certains chefs d’Etat africains, la Françafrique… ». Tous se disaient que tout cela devait se payer, un jour ou l’autre, au nom d’une justice immanente.

    Bolloré est dans le même registre. Ce qui est à la fois triste et étonnant, parce que cet homme, en théorie, implante ses entreprises dans les pays pour y investir et donner du travail aux nationaux, quitte à en tirer de superprofits.

    Le Groupe Bolloré est présent dans près d’une vingtaine de pays, sur le continent. Il n’a des ennuis qu’en Guinée et au Togo. N’est-ce pas, après tout, marginal ?

    Il va falloir patienter un peu, pour apprécier ce qu’il en est réellement des autres théâtres d’opération du Groupe Bolloré. Vous avez sans doute remarqué à quelle vitesse les langues se sont déliées depuis sa mise en examen. Tant qu’on le croyait puissant, il était intouchable. A présent que la justice française semble lui avoir trouvé quelques points de vulnérabilité, les Africains, et pas seulement eux, n’auront plus peur de témoigner. Ils ont d’ailleurs commencé à le faire, dans les médias, sur les réseaux sociaux, et dans la vraie vie, comme l'on dit aujourd'hui.

    A quoi faut-il s’attendre, maintenant ?

    Il y aura beaucoup de déballages. Et, même s’il n’était pas condamné, en fin de comptes, Bolloré sortira de tout cela bien dégoûté de l’Afrique. De cette Afrique qui, en à peine cinq jours, lui a prouvé qu’elle ne l’aimait guère, en tout cas pas d’une tendresse folle. Mais, au-delà de Vincent Bolloré, il y aura aussi quelques victimes collatérales. En fait, des acteurs bien réels de tout le mal qui a été fait aux Etats, aux peuples.

    Vous voulez parler des amis africains de Vincent Bolloré ?

    Lorsque les citoyens du continent auront fini de dénoncer Bolloré et ses méthodes, lorsqu’ils auront épuisé leur colère sur les actes de prédation dont son groupe se serait rendu coupable ici et là, ils devront, à un moment ou à un autre, revenir à quelques considérations toutes simples : en Guinée, comme au Togo, il n’a jamais été dit que Vincent Bolloré avait mis un révolver sur la tempe d’Alpha Condé ou de Faure Gnassingbé, pour les obliger à lui concéder le contrôle de ces ports à conteneurs, si juteux.

    Si les populations sont autant en fureur, c’est parce que subsiste, dans la mémoire collective, le souvenir des sacrifices qu'il a fallu pour la construction de ces ports. Et des morts, tombés dans l'océan. L’idée que le privilège de ces concessions n’avait pour contrepartie que la facilitation de l’élection de l’un et de la réélection de l’autre peut rendre fou, en effet.

    Qu'en pensent les autres chefs d'Etat ?

    Rien, pour le moment. En tout cas, ils ne disent rien, pour le moment. Dans un de ces puissants discours auxquels il nous a habitués depuis son élection, le Ghanéen Nana Akufo-Addo déclarait que l’Afrique n’est pas là où elle devrait se situer. Et d'assurer que jamais lui n’accepterait d’ouvrir son pays aux entreprises qui veulent enregistrer, en Afrique, des marges bénéficiaires qu’elles ne pourraient espérer nulle part ailleurs dans le monde.

    Jamais Nana Akufo-Addo ne s’aviserait d’offrir à un quelconque ami la gestion du port de Tema contre de dérisoires privilèges personnels. Car il sait qu’il aurait des comptes à rendre à son peuple, et immédiatement. Son peuple qui, certainement, le lui ferait payer très cher. Nul n’oublie que, dans ce pays, son prédécesseur, après seulement un mandat, a été congédié par les électeurs, pour avoir laissé le cedi, la monnaie nationale, perdre 40% de sa valeur en une année. Même si rien ne prouve qu’il était personnellement responsable de cette chute.

    • Coup d'État: les derniers à le voir venir…

      Coup d'État: les derniers à le voir venir…

      Au Mali, un ex-général passé à la politique a ouvertement suggéré que, pour abréger les souffrances du peuple malien, il faut « mettre fin au régime incompétent » du …

    • Deux mandats? Largement suffisants!

      Deux mandats? Largement suffisants!

      Le leadership nouveau qu’attendent fébrilement les Africains passe nécessairement par la clarté du verbe, la lucidité et le courage du discours.

    • Kako Nubukpo ou la solitude des élites…

      Kako Nubukpo ou la solitude des élites…

      Là où les médiocres sont aux commandes, l’Afrique, souvent, laisse sur la touche les meilleurs qui manqueraient de docilité.

    • Raser les murs… ou collaborer

      Raser les murs… ou collaborer

      Alors que la tension semble avoir quelque peu baissé dans la violence contre les étrangers en Afrique du Sud, une vidéo, devenue « virale » semble vous inciter à l’optimisme. …

    • Sur le dos de leurs frères noirs…

      Sur le dos de leurs frères noirs…

      Robert Mugabe n’est plus. Et l’Afrique, presqu'à l'unisson, semble le pleurer, alors que l’opinion, il y a deux ans, se réjouissait de sa chute. Comment fait-on pour …

    • CAF: question d'image…

      CAF: question d'image…

      L’enjeu, pour la Confédération africaine de football, est qu’elle sache devenir meilleure, et ne pas juste se contenter de donner l’impression d’être meilleure. C'est …

    • Terrorisme: le devoir de responsabilité

      Terrorisme: le devoir de responsabilité

      Ceux qui aspirent à gouverner ne sont pas obligés de mentir à leurs concitoyens juste parce qu’ils n’ont pas la patience d’attendre la fin d’un mandat octroyé par leur …

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.