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    Dodo Boureima: «l'administration méconnait ce qui motive les gens de cette zone pastorale»

    Copie d'écran d'une vidéo Dailymotion montrant une interview de Dodo Boureima à l'occasion des Journées d'études 2017 de l'association IRAM. Dailymotion/IRAM

    Dodo Boureima est secrétaire permanent du RBM, le Réseau Bilital Maroobé, qui rassemble des milliers d’éleveurs pasteurs à travers le Sahel. Il revient sur les conflits intercommunautaires qui sévissent dans la région du Liptako-Gourma, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ils sont particulièrement aigus en ce moment au Mali, où éleveurs peuls et agriculteurs dozos s’affrontent. Pour y remédier, il faut un dialogue entre les communautés, soutenu par les autorités de chaque pays selon Dodo Boureima.

    Rfi: Dans toute la région du Liptako-Gourma, la situation est très conflictuelle. Quelles sont les conséquences pour le monde agropastoral ?

    Dodo Boureima : Il y a effectivement des conflits intercommunautaires, aussi bien au Mali qu’au Niger et, actuellement, la situation est vraiment explosive. Tous les Etats – le Niger, le Mali et le Burkina – savent aujourd’hui que ce ne sont pas seulement les questions militaires qui vont régler cette situation ; il faut aussi parler les uns avec les autres.

    Justement, pourquoi le dialogue est-il rompu à ce point ?

    Comme vous le voyez, les zones où sévissent aujourd’hui ce genre de conflits sont des zones agropastorales et il faut dire que l’administration n’a rien fait pour comprendre la logique de ces communautés et avoir ainsi des portes d’entrée.

    La chefferie traditionnelle, dans certains pays, s’est désorganisée et les portes d’entrée classiques ne peuvent plus forcément marcher. Or, ils en sont restés là-dedans et, par conséquent, ils méconnaissent complètement ce qui motive, peut-être, les gens de cette zone pastorale. Ce sont des questions difficiles car elles englobent l’accès aux ressources naturelles, au foncier, aux problèmes de gouvernance… Tout cela, mis bout à bout, devient un imbroglio assez complexe. Néanmoins, si tous les acteurs pouvaient se mettre de temps en temps autour d’une table, on pourrait trouver des solutions.

    Vous disiez que les chefferies traditionnelles ont explosé. On a ce sentiment d’un changement de la société agropastorale. Pourquoi y a-t-il a eu ce changement ?

    L’implosion de la chefferie traditionnelle a été organisée depuis les années 1960, au Mali en particulier, avec l’arrivée de Modibo Keïta qui est socialiste et qui ne voulait plus parler de la chefferie traditionnelle. Au Niger, la chefferie traditionnelle existe mais, malheureusement, dans la zone concernée par ce conflit, les Peuls, en particulier, n’ont pas ces chefferies. Ils sont souvent gérés par des chefferies d’autres communautés et donc, la dimension foncière ne leur est pas reconnue. Cela pose problème.

    Aujourd’hui, les chefferies traditionnelles qui sont tout autour de la zone du Mali sont des chefferies à majorité sédentaire. De l’autre côté, les Touaregs, en faveur de la rébellion passée, ont pu quand même s’imposer, en ayant des communautés bien organisées et qui se défendent. En fait, seuls les Peuls sont devenus des populations presque flottantes qui n’ont pas vraiment un ancrage social à travers une chefferie traditionnelle forte.

    Ce n’était pas le cas, avant ?

    Il faut dire que ces zones sont purement des zones de transhumance. Avant, les gens allaient et venaient. Les Touaregs qui sont dans les parages, sont aussi bien Nigériens que Maliens. Et pour les Peuls, c’est la même chose. Eux  aussi, vont et viennent, selon les périodes, parce qu’il y a des ressources accessibles et qui sont de bonne qualité.

    A l’époque, il n’y avait pas de problèmes intercommunautaires. Maintenant, depuis les rébellions successives, évidemment la revendication première porte sur le prix du foncier. En effet, ce n’est pas la terre en elle-même qui les intéresse, ce sont les ressources que porte la terre. Ce sont des éleveurs transhumants qui veulent seulement accéder et souvent contrôler certaines ressources stratégiques pour l’élevage.

    On a un peu tendance à regarder la situation actuelle sous le prisme du conflit récent, de l’arrivée des groupes jihadistes et de cette insécurité. Cependant, à vous entendre, on est en train de récolter aujourd’hui ce qui a été semé des dizaines d’années avant ?

    Exactement. De toute façon, l’insécurité au Nord Tillabéri ne date pas de l’arrivée des jihadistes. D’abord, les  rébellions se sont d’abord nourries, surtout dans ces zones, sur le capital bétail qu’ils viennent rançonner ou prendre sous forme de taxes, pour le prendre et le vendre pour se faire de l’argent.

    Il y a aussi énormément de conflits intercommunautaires avec l’avènement des armes légères qui circulent dans la région. En fait, c’est la raison du plus fort qui a prévalu pendant plusieurs années

    Aujourd’hui, ceux qui sont dans le système jihadiste sont des gens qui ont perdu leurs parents parce que ces derniers ont été rançonnés, tués et leur bétail repris. Beaucoup de ces conflits ont exacerbé la situation que nous vivons aujourd’hui.


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