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    Sénégal: «Le parrainage citoyen est introduit dans la Constitution depuis 1991»

    Ismaila Madior Fall, ministre sénégalais de la Justice. sec.gouv.sn

    Au Sénégal, une nouvelle loi introduit la notion de parrainage à tous les futurs candidats à une élection, donc à la présidentielle. Avant, cette disposition ne s'appliquait qu'aux candidats indépendants. Concrètement aujourd'hui, pour être candidat, il faut être en mesure de réunir le parrainage de 0,8% du corps électoral, c'est à dire de 52 000 personnes, réparties dans au moins sept régions différentes du pays. Des électeurs qui, selon le texte, ne peuvent parrainer qu'un seul candidat à la fois. « Pour des raisons de contrôles », souligne ce texte, chaque électeur doit décliner l'ensemble de son identité et fournir son numéro de carte d'électeur. L'opposition est vent debout contre cette loi. Ce texte est-il dangereux pour la démocratie sénégalaise ? Pour le ministre de la Justice et professeur de droit constitutionnel, Ismaila Madior Fall, le président Macky Sall veut « assainir la démocratie » et prévenir une éventuelle inflation du nombre de candidats à la présidentielle.

    Rfi: Est-il normal, dans une démocratie, qu’un candidat, pour se présenter à une élection, soit parrainé par des citoyens électeurs ?

    Ismaïla Madior Fall: On en parle comme si c’était une nouveauté. Or, c’est depuis 1991 que le parrainage citoyen populaire est introduit dans la Constitution sénégalaise, dans le code électoral et la pratique électorale du Sénégal. Depuis 1993, nous avons des candidats indépendants qui ont dû  fournir 10 000 signatures. Donc, cela va être la énième fois que nous allons avoir des candidats sénégalais qui ont présenté des milliers de signatures dont la vérification et l’authentification n’ont posé aucun problème.

    Ici, lorsque des candidats indépendants déposaient leur candidature, le Conseil constitutionnel qui est l’organe habilité à recevoir et à vérifier la validité des candidatures, a toujours vérifié et authentifié ces signatures, avec l’aide de la direction de l’automatisation du fichier qui est au niveau du ministère de l’Intérieur. Par conséquent, c’est un argument qui est complètement incompréhensible.

    Donc là, nous sommes quand même sur 52 000 parrainages, c’est à dire 0,8 % du corps électoral. C’est un véritable sondage ?

    Nous sommes dans un pays où l’on vote, depuis cent cinquante ans. Nous sommes dans un pays où on va organiser la 11ème élection présidentielle, presque autant que les Français, sinon davantage. Nous sommes donc un pays qui est habitué au jeu démocratique. Ce n’est pas parce que vous avez parrainé quelqu’un, que vous allez voter pour lui. La preuve : aux dernières législatives, on avait enregistré 47 listes, ce qui fait qu’à la présidentielle on va avoir aussi 47 candidats, ce qui est qui est quand même inadmissible.

    En réalité, il s’agit ici d’anticiper et d’arrêter la pagaille qui était en train de gangréner le pays, considéré comme un modèle démocratique. Pendant la campagne électorale, c’était la cacophonie parce que les 47 devaient avoir un temps équitablement réparti à raison de trois minutes par candidat. C’était la pagaille ! Nous ne sommes pas un pays qui va consacrer tout son budget à organiser les élections.

    C’est pour cela que nous avons pensé qu’il est opportun de rationaliser les candidatures aux législatives, à la présidentielle et aux locales. Et puis, ce qu’il y avait aussi, c’est qu’au fond, on exigeait des parrainages aux candidats indépendants mais pas à ceux émanant des partis politiques. Nous disons fin à la discrimination. Evidemment, il ne s’agit pas du tout de sondage ou de pré-sondage.

    Dites-vous aux Sénégalais, aux futurs parrains : ayez confiance en l’impartialité de l’administration sénégalaise ?

    Nous sommes quand même un pays qui a tout de même pratiqué deux alternances. En réalité, nous sommes un pays où l’élection est, pour ainsi dire, banalisée. On n’a pas de problématique de démocratie au Sénégal.

    Aucun risque de mélange entre le politique et l’administration qui couvre le système électoral ?

    Il n’y a aucun risque dans la mesure où, au Sénégal, le pouvoir aujourd’hui ne bénéficie d’aucun outil, d’aucun levier, d’aucun moyen ni d’aucun pouvoir pour influencer le sens des résultats des élections. Il y a une attitude chez certains opposants au Sénégal. Quand ils perdent, l’élection n’est pas normale et quand ils gagnent, l’élection est normale. Je pense aussi qu’il y a la nécessité de davantage de bonne foi sur tous les actes politiques.

    Donc, le président Macky Sall ne va pas baisser sa garde et l’opposition, la coalition vont rester vent debout ?

    Aujourd’hui, avant le vote de la loi sur le parrainage, pendant le vote de la loi sur le parrainage et après le vote de cette loi, le président de la République a réaffirmé son attitude de toujours, c’est-à-dire l’ouverture. Le président s’est dit ouvert à la majorité, à l’opposition, à la société civile pour s’accorder sur les modalités de mise en œuvre du parrainage.

    L’opposition pourra-t-elle manifester, dans les rues, son mécontentement ?

    Mais bien sûr. La liberté de manifestation est inscrite dans la Constitution et il n’existe aucun problème pour que cette liberté de manifestation soit mise en cause. Aujourd’hui, si vous regardez les statistiques, il y a plus de 95 % d’autorisations de manifestations. Il y a juste des cas pour lesquels il y a des risques de troubles à la République. Là évidemment, tout pouvoir sérieux, tout pouvoir au monde soucieux d’ordre sur son territoire, ira quand même soit encadrer, soit interdire les manifestations.


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