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    Le FMI renforce son arsenal pour s'attaquer à la corruption

    Rencontre plénière lors de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, États-Unis, le 21 avril 2018. REUTERS/Yuri Gripas

    5% du PIB mondial. C’est ce que coûterait chaque année le détournement des fonds publics dans le monde, l’une des nombreuses formes de corruption. Les chiffres sont du Fonds monétaire international. Le FMI s’est engagé ce dimanche à mieux combattre ce fléau mondial, y compris dans les pays développés. L'institution scrutera pour cela les mécanismes anti-corruption et anti-blanchiment de ces pays membres, et pas seulement ceux qui bénéficient d'un programme d'aide.

    On a rarement vu un FMI aussi incisif dans son discours. La corruption, et plus généralement le défaut de gouvernance qui favorise la corruption, est un phénomène mondial, qui pèse sur l'économie globale.

    Voilà pourquoi le FMI s'estime légitime pour la combattre, et pas seulement dans les pays en développement. « À chaque pot-de-vin reçu correspond un pot-de-vin donné », dit le FMI.

    La corruption transcende les frontières. L'argent qui alimente la corruption se trouve souvent en dehors des pays où elle sévit, notamment dans de grandes places financières.

    la City de Londres sera l'une des premières à être passée au crible du nouvel outil de contrôle du FMI.

    Londres, à en croire les révélations de la presse, aurait été envisagé un temps comme le centre d'un vaste programme de blanchiment d'argent pour de riches hommes d'affaires russes.

    Le ministre des Finances britanniques Philip Hammond reconnaît d'ailleurs qu'il ne peut assurer qu'aucun flux illicite ne transitait par la City. Doux euphémisme.

    Le FMI évaluera lors de ces missions de surveillance annuelles (en vertu de l'Article 4 des statuts du FMI) si des mesures anti-blanchiment existent et sont suffisamment efficaces.

    Il n'est pas inutile de rappeler qu'en 2014 déjà, les Etats du G20 s'étaient engagés à « donner l'exemple » en mettant en place des mesures anti-corruption et en améliorant leur gouvernance. Mais un récent rapport de l'ONG Transparency International indique que quatre ans après, les systèmes en place, pour la moitié sont d'un niveau moyen voire faibles.

    Mais est-il légitime pour le FMI d'intervenir directement dans les affaires des Etats, d'être aussi intrusif ?

    Face à cette critique récurrente, le FMI répond oui, et en particulier pour les pays qui demande une aide financière. Ainsi en Ukraine où le FMI a conditionné le déblocage de fonds supplémentaires à la mise en œuvre de réformes certes mais aussi à de réels progrès dans la lutte contre la corruption.

    Même chose pour la République du Congo, où le FMI a exigé des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance.

    Il n'y a pas que les Etats qui intéressent le FMI ; les groupes privés sont aussi dans le collimateur

    Sans pouvoir faire la police, le FMI se donne pour la première fois la possibilité d'examiner de près les contrats privés. D'abord dans les secteurs jugés sensibles à la corruption car impliquant beaucoup d'argent public : la construction, les télécoms et le secteur minier.

    Ce nouvel arsenal du FMI doit commencer à entrer en vigueur en juillet prochain. Mais les représentants de la société civile, souvent en pointe pour dénoncer les faits de corruption et les malversations financières, parfois au péril de leur vie, y compris au cœur de l'Europe, attendent surtout des actes de la part des Etats.

    ►En Bref...

    Les transferts d'argent ont atteint un niveau record l'an dernier.

    Selon la Banque mondiale, cette source de revenus vitale à de nombreux pays pauvres a atteint 466 milliards de dollars en 2017, 8% de plus qu'en 2016. Logique, les économies occidentales se portent mieux et les migrants envoient donc plus d'argent à leur famille restée au pays. La Banque mondiale note ainsi un net rebond pour l’Afrique subsaharienne. Mais tout cela coûte encore beaucoup trop cher s'alarme l'institution...7% en moyenne...la banque préconise de favoriser la concurrence et de développer la technologie pour accélérer les transferts.


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