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    Nadia Tourqui: «Mayotte appartient au Comores»

    Le port de Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan aux Comores. AFP/Ibrahim Youssouf

    Nadia Tourqui dirige le Collectif de la troisième voie aux Comores. Ce Collectif représente la société civile émergente. Nadia Tourqui effectue actuellement une mission en France, au moment où les rapports entre l’archipel et le département français de Mayotte sont tendus, notamment sur la question des ressortissants comoriens clandestins à Mayotte. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a reçu à Paris le 19 avril son homologue Mohamed El-Amine Souef, une rencontre, assure-t-on, « difficile ». Pour Nadia Tourqui, Mayotte est la source de bien des problèmes comoriens et réaffirme que Mayotte est comorienne. Elle répond aux questions de Jean Jacques-Louarn.

    RFI : Vous dites, Mayotte appartient aux Comores et pas à la France.     

    Nadia Tourqui : Mayotte appartient aux Comores effectivement, selon la résolution 3385 du 12 novembre 1975. Cette résolution a indiqué clairement que l’archipel est composé de Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte.

    Très clairement aujourd’hui, est-ce que ce n’est pas politiquement et économiquement faire fi de la réalité ?

    Pas du tout. Il est évident qu’il y a des problèmes économiques aux Comores, mais aussi à Mayotte. Cela ne justifie pas qu’on nous ampute d’une partie du territoire. Tout ce qui se fait depuis 43 ans, c’est de traiter les conséquences de cette annexion. Mais on ne traite pas le problème à la base. Donc 43 ans après, on est toujours dans une impasse, et pour les Mahorais et pour les autres Comoriens, et évidemment aussi pour la France dans la sous-région. Donc à un moment, il faut savoir se poser pour déjà rétablir le droit, je pense que c’est une condition sine qua non ; et ensuite voir de quelle manière, on peut réinstaurer la nation comorienne et instaurer des relations de coopération saines entre les Comores et la France.

    Paris est clair et même très ferme : les Mahorais sont Français et seront Français.

    Sur quelle base ? C’est une base totalement illégale. Nous, on ne peut pas accepter ce discours de fermeté alors que le droit international est avec nous.

    Le 19 avril, Jean-Yves Le Drian et son homologue, Mohamed El-Amine Souef, se sont rencontrés à Paris. Cela ne s’est pas très bien passé. Est-ce que Moroni va recommencer à renvoyer vers Mayotte des bateaux remplis de Comoriens clandestins, expulsés du département français, si jamais un accord n’est pas trouvé entre Moroni et Paris ?

    Tout ce que je sais, c’est que jusqu’à nouvel ordre, la décision de ne pas accueillir des expulsés est toujours d’actualité.

    Le texte officiel n’a pas été abrogé ?

    Non.

    Est-ce que vous, vous êtes pour cette mesure ?

    Oui, tout à fait. Et il était temps qu’un gouvernement comorien prenne des décisions fermes par rapport à cette situation qui n’a que trop duré.

    Le chiffre de 20 000 personnes renvoyées de Mayotte vers les Comores est-il juste ou en deçà de la réalité ?

    Les chiffres qui sont avancés sont les chiffres de l’Insee. Donc ce sont des chiffres officiels d’une institution française. Donc c’est à vous de vérifier s’ils sont véridiques ou pas.

    La question mahoraise ne fait-elle pas oublier aux Comoriens leurs propres problèmes, c’est-à-dire la mauvaise gouvernance, la corruption ? Bref Mayotte n’est-il pas du pain béni pour les politiques comoriens ?

    Je ne vois pas les choses de cette manière. Je pense que la situation qu’il y a à Mayotte aujourd’hui fait partie des problèmes des Comores. Ce n’est pas un problème déconnecté des problèmes de mauvaise gouvernance, de corruption, d’absence de développement économique. Tant que cette situation n’est pas réglée, on ne peut pas envisager de construire les Comores parce que c’est devenu un terreau pour alimenter l’instabilité qu’il y a dans le reste des Comores.

    Mais en quoi la question mahoraise influe sur la bonne gouvernance à Moroni et la corruption qui existe à Moroni ?

    Comme vous le savez, depuis l’indépendance jusqu’à présent, il y a eu de nombreuses tentatives de coup d’Etat, il y a eu des déportations de président, il y a eu la crise séparatiste. Tous ces évènements ont pris racine à Mayotte. Donc il y a des réseaux qui sont là pour alimenter les évènements malheureux qui se déroulent sur le reste des Comores.

    Vous comprenez bien que si vous posez comme préalable « Mayotte est Comorien ou Comorienne », le dialogue est difficile avec Paris ?

    Oui, mais on ne peut pas continuer à se cacher derrière l’arbre. Jusqu’à présent, on a traité les conséquences du problème. Et la cause du problème, c’est cette question du statut de Mayotte. Et tant qu’on n’aborde pas les choses franchement, on ne peut pas trouver de solution pérenne.

    Les Mahorais, dans leur majorité, veulent rester Français ?

    Sans doute. Mais je pense que c’est une mauvaise lecture de l’histoire et une vue à court terme, c’est-à-dire qu’aujourd’hui on compare le niveau de développement des Comores, des trois îles, avec Mayotte. Evidemment, le fossé est énorme, mais ce n’est pas irréversible.

    Une des conséquences de l’existence d’un département français à côté de l’archipel, c’est le visa Balladur instauré en 1995, qui interdit aux Comoriens d’aller sur Mayotte. Vous êtes pour la suppression de ce visa aujourd’hui ?

    Tout à fait, oui. Avant le visa, les Comoriens circulaient librement entre les quatre îles. Et personne n’avait la velléité de s’installer à Mayotte. Ils allaient et revenaient. A partir du moment où on a instauré le visa, c’est ce qui a incité ceux qui parvenaient enfin à arriver à Mayotte à vouloir s’installer parce qu’il était difficile après de pouvoir y retourner régulièrement. Ce visa est une aberration totale.

    Et dans la situation actuelle, serait-il réaliste de revenir sur ce visa Balladur ?

    C’est très réaliste. L’Etat français a suffisamment de moyens pour pouvoir contrôler qui rentre et qui sort d’un territoire d’à peine 100 000 habitants. Ce visa ne fait qu’exacerber des tensions et de créer des problèmes là où il n’y en avait pas.

    Vous dites « Mayotte est un eldorado » ?

    C’est considéré comme un eldorado par ceux qui prennent les kwassa [pirogues de fortune qu’utilisent les passeurs pour faire le trajet Anjouan- Mayotte] pour essayer d’aller trouver un emploi et d’améliorer leurs conditions de vie. A l’arrivée, il y a beaucoup de pauvreté bien entendu, de misère, de violence, de prostitution, de drogue. Finalement, cet eldorado n’est pas si idyllique que cela.

    Pour rappel, ces kwassa-kwassa, ce sont des navires incertains qui parfois chavirent entre l’archipel et Mayotte. Avez-vous des chiffres de ces drames vécus en mer ?

    Le chiffre qui circule le plus souvent, c’est 10 000 morts en mer depuis la mise en application du visa Balladur.

     


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