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    Bangui: «La réconciliation est une condition sine qua none», estime le cardinal Nzapalainga

    L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga. TIZIANA FABI / AFP

    Il y a deux jours, Bangui connaissait un nouvel embrasement : seize morts et une centaine de blessés lors d’affrontements entre gendarmes et miliciens du PK5 qui ont dégénéré et débordé sur une église bondée dans le quartier de Fatima. Des réactions en chaine se sont produites dans toute la ville. Une mosquée détruite, des lynchages, la mort d’un prêtre très respecté à Bangui, l’abbé Toungoumale-Bab, et la crainte partagée par beaucoup de voir le conflit repartir sur des bases religieuses. Le cardinal Dieudonné Nzapalainga est l’archevêque de Bangui. Il répond aux questions de Pierre Pinto.

    RFI : Est-ce que vous craigniez une escalade du conflit sur des bases confessionnelles ?

    Cardinal Dieudonné Nzapalainga : Nous ne voulons pas qu’on nous tende un piège ou qu’on instrumentalise la religion à d’autres fins. Voilà pourquoi nous refusons qu’on puisse nous mener dans une direction qui n’est pas la nôtre. Ce conflit n’est pas confessionnel. Et venir délibérément tuer, massacrer, des gens qui sont venus pour célébrer une eucharistie, c’est une provocation, un piège et nous devons rester lucides, vigilants pour être au-dessus, transcender et voir qui est derrière, quel agenda caché, quel est ce message, qu’est-ce qu’on veut communiquer pour ne pas tomber dans ce piège. Nous pensons et nous le disons, ce conflit n’est confessionnel. Chrétiens-musulmans, tous nous sommes Centrafricains, nous devons tous œuvrer pour l’avènement d’une République centrafricaine nouvelle.

    Qui était l'abbé Toungoumale-Baba qui a été tué à Fatima ce mardi 1er mai ?

    L’un de ceux qui avait le courage très souvent de venir avec moi dans le quartier de Kilomètre 5, qui allait pour la cohésion, qui allait pour la fraternité. Il est resté non loin de ce quartier, il habitait dedans. Pendant les derniers évènements, il a célébré encore dans le quartier pour montrer le courage, pour montrer la détermination, pour montrer sa fidélité, montrer son engagement. C’est un prêtre qui était des nôtres. Aujourd’hui, nous sommes tristes. En même temps aussi, nous disons : il est tombé au moment de son service, avec son chapelet.

    Est-ce que vous diriez que c’est un symbole qui a péri avec lui à Fatima ?

    C’est un symbole oui, parce que ce qui s’est passé, si les gens pouvaient en tirer les leçons pour dire les hommes de Dieu sont là pour rassembler, et qu’on doit les protéger pour que la paix revienne, je crois que ça pourrait être ce symbole qui est là.

    Est-ce que vous avez l’impression que tous les efforts de réconciliation ont été détruits ce mardi ?

    Je ne peux pas le dire parce que la force de résilience est là. Et je l’ai vue à travers les rencontres que je commence à entreprendre. J’ai rencontré le président de la République. J’ai rencontré beaucoup de gens, je continue à en rencontrer encore. Les gens ont envie de tourner la page et nous devons sans cesse regarder plus loin, ne pas nous arrêter à ce qui est arrivé. Nous tirons certes des leçons, mais nous ne devons pas dire que tout est arrêté ce mardi. Si ça peut être un déclic, si ça peut être un retournement d’un lendemain meilleur, nous pourrons dire : oui, ces morts-là n’ont pas été vaines.

    Que dites-vous à ceux qui pensent que cette réconciliation en Centrafrique est une utopie ?

    Moi, je vais régulièrement sur le terrain, je rencontre des gens et je vois des petits pas qui se font. Il y a deux semaines [9 avril], j’étais à Bangassou avec l’imam Omar Kobine [Layama]. Nous avons rencontré les protagonistes. Ensemble, nous avons débattu pendant cinq jours. A la fin, il y a un accord de paix qui a été signé. 900 jeunes ont remis les armes, ils ont pris le chemin de la paix. Je crois que la réconciliation est là, les uns les autres veulent aller vers un avenir commun. Et nous ne devons pas nous décourager. Il faut aller pas à pas, nous aurons des rechutes, mais ceux qui sont à la tête doivent garder la tête haute aussi, pour tirer vers le haut tout l’ensemble. Ça veut dire dire qu’il n’y a pas d’autres alternatives. La réconciliation est cette condition sine qua non si on veut ce pays, sinon celui qu’on a chassé reviendra avec rancœur pour encore détruire, tuer parce que son pays est ici. Nous devons travailler pour créer des conditions : qu’on se respecte, qu’on s’accepte et qu’on vive ensemble parce que notre destin est lié.

    Mais pour éviter que le conflit prenne un tour confessionnel, est-ce que finalement il ne faut pas que la religion reste en dehors du processus du règlement de la crise ?

    La religion fait partie de la société. Quand on a voulu confessionnaliser, nous avons dit non. Nous demandons seulement aux gens de se retrouver. Je vous donne un exemple de Bangassou où nous nous sommes retrouvés, on a signé les accords. Celui qui est à la tête n’est pas un responsable religieux, c’est plutôt le préfet, avec le sous-préfet et le maire. Nous nous voulons que les enfants de Centrafrique se retrouvent et qu’ils travaillent pour qu’il y ait la paix, la sérénité un peu partout. Nous ne voulons pas occuper la place ou nous substituer à qui que ce soit : à César ce qui est à César, à dieu ce qui est à dieu.

    Vous avez rencontré les uns ou les autres, les autorités, notamment le président de la République, Faustin Archange Touadéra. Quelle doit être la priorité aujourd’hui après ce qui s’est passé ce mardi ?

    La priorité, c’est de lancer un appel fort au calme, à l’apaisement et en même temps aussi, que la vérité advienne sur ce qui est arrivé. Cela veut dire que justice doit être faite, qu’on puisse mener des enquêtes dignes de ce nom et dire ce qui s’est passé, et aussi pour ceux qui ont commis des actes aient l’humilité de déposer les armes, de reconnaître et réparer leur tort. Ainsi nous pourrons reconstruire notre pays.

    Vous allez reprendre « votre bâton de pèlerin » pour recommencer, rebâtir ce qui a été détruit il y a deux jours ?

    Je vais reprendre mon bâton, sans plus tarder. J’ai commencé déjà. Je serai dans les hôpitaux, j’irai voir aussi la Minusca, voir d’autres groupes. Je suis entré dans plusieurs mouvements pour que tous, nous devons dépasser ce qui est arrivé pour pouvoir regarder plus loin. Cela veut dire que je ne veux pas qu’on soit esclave de la vengeance, des représailles, de la haine. Je veux qu’on propose une autre alternative, c’est-à-dire la fraternité, le pardon, la vie et non la mort.


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