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    Un continent où ne prévaudraient plus certaines pratiques

    Jean-Baptiste Placca. (Photo : Claudia Mimifir)

    A l'origine, il y a eu les corrupteurs. Puis, les corrompus se sont faits de plus en plus nombreux. Mais la démocratie et le développement, en Afrique, passe nécessairement par la fin de ces pratiques. Merci à la justice française d'y veiller !

    Face au président Alpha Condé, nos confrères guinéens ont pu, le jour de la liberté de la presse, expérimenter à quel point il est difficile d’être journaliste, dans certains pays africains. Il leur reprochait de ternir l’image de leur pays, notamment dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Vincent Bolloré. Les journalistes guinéens auraient-ils, à ce point, trahi la patrie ?

    Quelle était, déjà, la qualification des faits reprochés par le juge d’instruction aux protagonistes de cette affaire ? « Corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance et faux et usage de faux ». S’ils étaient avérés, ces faits auront été commis aux dépens de la Guinée, de l’Etat guinéen, donc, du peuple guinéen. Et si la presse guinéenne, sous contrôle de l’Etat ou d’opérateurs privés, avait un devoir dans une telle affaire, ce ne pourrait être que celui de défendre l’intérêt des Guinéens. Et tous ceux qui ont été opposants un jour vous le diront : l’intérêt des dirigeants n’est pas systématiquement celui de leur peuple.

    Si spoliation il y a eu, le devoir du journaliste guinéen ne peut être que de s’opposer à tous ceux qui, de près ou de loin, peuvent avoir trempé dans cette spoliation. Nous n’en sommes, heureusement, pas encore là. La procédure pourrait être très longue. Et Vincent Bolloré pourrait même être blanchi, au terme d’un éventuel procès, si l’on en arrive à un procès. Dans l’immédiat, ce sont donc les faits, rien que les faits, qui devraient intéresser et les médias, et les protagonistes.

    Un ministre a rassuré l’opinion, en annonçant que le gouvernement guinéen allait collaborer avec la justice française. Sous-entendu : pour faire éclater la vérité… Peut-on en déduire que tout va bien ?

    Oui… Sauf que, depuis, l’opinion a eu droit à des menaces, sinon à de l’intimidation. Comme celle proférée on ne sait d’ailleurs contre qui, menaçant la terre entière de procès pour dénonciation calomnieuse, alors qu’il suffirait d’avancer quelques faits probants, pour dégonfler toute cette affaire.

    Le fond de cette histoire est que l’Afrique ne peut espérer s’en sortir, par la démocratie et le développement, si ses partenaires, les mêmes, parfois, qui lui donnent des leçons, sont ceux-là mêmes qui s’évertuent à violer systématiquement les règles, pour conquérir facilement les marchés, dans les pays. Si ceux qui accusent les dirigeants africains d’être corrompus sont eux-mêmes les corrupteurs, alors, on est vraiment mal ! Vous vous souvenez sans doute de cet ancien PDG d’une grande multinationale pétrolière, citant nommément des chefs d’Etat africain comme étant, celui-là corrompu, tel autre un peu moins, et un troisième   pour qui il a oublié de dire qu’il avait travaillé  , pas du tout corrompu. Et, pour savoir cela, il reconnaissait implicitement qu’il était, lui-même, le corrupteur ! Il arrive un moment où il faut être sérieux, et un peu respectueux des peuples !

    Vincent Bolloré menace de se retirer du continent, avec le risque, pour ses dizaines de milliers d’employés, de se retrouver sans emploi… N’est-ce pas risqué pour l’Afrique ?

    Avec tout le respect que l’Afrique lui doit, ce ne serait pas très, très… avisé ! Vincent Bolloré lui-même connaît trop bien le continent pour se douter qu’à la minute même où il aura plié bagage, d’autres prendraient sa place. Ils viendraient probablement d’un autre continent. Peut-être même de France, ce qui prouve que sa nationalité n’est pas en cause. Ils viendraient sans doute avec une expertise moindre, mais ils finiront par apprendre, d’autant qu’une partie de l’expertise est au bout des doigts de ces employés sur la tête desquels place l’épée de Damoclès.

    Les descendants de Vincent Bolloré, s’ils demeuraient en Afrique, seraient heureux de travailler sur un continent où ne prévalent plus certaines de ces pratiques. Dont lui aussi a pu être victime, à un moment ou à un autre. Voilà pourquoi, en Afrique, les populations applaudissent, chaque fois que la justice française épingle un homme d’affaires français pour ce qu’il a pu faire en Afrique. Ce genre d’audaces n’était pas légion, il y a à peine deux décennies. Parce que la France, non plus, ne supporte plus certaines pratiques, ici comme ailleurs. Le peuple français se résout de moins en moins à assister en silence à cela, dans les anciennes colonies.

    Pour emprunter une réplique aux séries politiques américaines que nous affectionnons tant, nous dirons à l’intéressé : « Monsieur Bolloré, cela n’a rien de personnel ! ». C’est juste la traduction du désir des peuples d’en finir avec l’époque où les chefs d’Etat africain bradaient leurs ressources naturelles, juste pour jouir, de la part des réseaux Foccart et de leurs avatars, de la garantie de demeurer ad vitam aeternam aux commandes de leur pays.

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