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    Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes

    Thierry Frémaux, délégué du festival de Cannes en conférence de presse, le 7 mai 2018. ©REUTERS/Jean-Paul Pelissier

    C'est ce mardi soir que s'ouvre le 71e Festival de Cannes. Le plus grand festival de cinéma au monde affiche une édition renouvelée : plus de nouveaux venus, un jury présidé par une femme, Cate Blanchett, de nouvelles règles sur le tapis rouge comme l'interdiction faite aux festivaliers de prendre des selfies pendant la montée des marches. On en parle avec notre invité, le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux.

    RFI : Thierry Frémaux, la sélection du 71e Festival de Cannes s’annonce très intrigante. Elle attise la curiosité. Il y a beaucoup de nouveaux venus en compétition. Je vais en citer juste deux : le Français Yann Gonzalez, par exemple, ou le réalisateur égyptien A.B. Shawky, avec un premier long-métrage. Est-ce que c’était une volonté de votre part d’ouvrir comme vous l’avez dit, « les fenêtres », ou est-ce que cette sélection s’est imposée ?

    Thierry Frémaux : C’est un peu les deux. C’est-à-dire que pendant les mois où nous ne voyons pas de films on parle évidemment de la sélection. On se dit : tiens… Ce serait bien de faire ceci, de faire cela. Et l’idée qu’il fallait ne pas hésiter à être audacieux, pour la compétition en particulier, là on se dit, par principe, on va essayer de présenter une sélection en mettant des gens nouveaux sur la carte.

    On a vu des films très étonnants. Le film de Yann Gonzalez, un film très, très français, sur un tournage et sur le milieu du cinéma porno, gay, des années 1970 avec Vanessa Paradis, il y a quelque chose dans ce film qui fait référence au film noir italien. Le cinéaste égyptien dont vous parlez c’est un premier film, en plus, m’a instantanément fait penser à Roberto Rossellini de l’après-guerre, qui va dans les ruines de Berlin tourner Allemagne année zéro. Il met sa caméra dans les rues, sur les routes, dans les maisons en Egypte. Et tout à coup, on me parle de l’Egypte d’une façon que seul le cinéma peut aborder.

    deux réalisateurs, l’Iranien Jafar Panahi et le Russe Kirill Serebrennikov risquent de ne pas pouvoir venir en personne présenter leur film en compétition. Le premier parce qu’il n’est pas sûr, s’il quitte l’Iran, de pouvoir y retourner. Le second, parce qu’il est assigné à résidence. Est-ce qu’il y a de votre part une tradition du Festival de Cannes de défendre la liberté de création ? Est-ce que c’est aussi un acte politique de les avoir choisis ?

    Oui, il y a une tradition pour le Festival de Cannes d’être toujours du côté des auteurs et à fortiori des auteurs qui dans leur propre pays sont empêchés de créer. Mais si les films n’étaient pas là on ne le ferait pas. Il se trouve que le film de Jaffar Panahi et le film Kirill Serebrennikov sont deux films tout à fait merveilleux, qui méritaient d’être en compétition. Mais il n’y a pas de sélection de complaisance. Donc, il n’y a pas d’acte politique « gratuit ». Il se trouve que Jafar Panahi est l’une des grandes figures – il a gagné la Caméra d’or déjà à Cannes, c’est une grande figure du cinéma mondial –, et que nous avons un peu insisté là-dessus. C’est-à-dire que nous allons montrer son film et nous allons tout faire pour qu’il vienne.

    Donc, le ministère des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, est en train de nous aider à tenter de trouver une solution pour qu’il quitte son pays et qu’il puisse y retourner après le film. Un film qui n’est pas du tout politique. Pas plus que le film de Serebrennikov. Serebrennikov est assigné à résidence, lui aussi, pour des raisons sur lesquelles je n’ai pas à me prononcer, mais qui sont évidemment des choses qui ne devraient pas l’empêcher d’être présent pour son film. Mais ce n’est pas nous. Au fond ce n’est pas le Festival de Cannes qui est comme ça. C’est l’art qui est comme ça.

    Justement, est-ce que dans cette 71e sélection il y a des thèmes qui vous ont marqué cette année, les lignes de force ?

    Oui… C’est toujours étrange de voir que des artistes qui sont de pays différents, de cultures différentes, de générations différentes, de styles différents, finissent par dire les mêmes choses. Par exemple, la question de la rue, la question des migrants, la question de la pauvreté, surgit d’une façon relativement inédite. Le film de Nadine Labaki, premier film libanais en compétition depuis Maroun Bagdadi, est un film qui parle des enfants des rues.

    Après, par exemple le film d’Eva Husson, qui est le film français en compétition - l’un des quatre films français en compétition -, parle des combattantes kurdes. Moi, comme cinéphile, je suis épaté par ce que le cinéma m’apprend. En plus, le film a une deuxième vertu – pour parler des thèmes, un peu, qui traversent la sélection –, c’est un film de femmes.

    Justement, le jury qui va décerner la Palme d’or est majoritairement féminin, présidé par une actrice - Cate Blanchett -, dont on connaît aussi les prises de position pour l’égalité salariale à Hollywood, à s’exprimer aussi lors du Mouvement « Me Too », il y aura un avant et un après l’affaire Weinstein. Est-ce que vous-même aussi, vous avez évolué sur la question ?

    Il ne peut pas y avoir de sélection de complaisance. Donc, ce n’est pas vrai qu’on peut faire une lecture statistique – comme cela a été fait dans le passé et ce pourquoi on a été beaucoup attaqué –, de : il n’y a pas beaucoup de femmes, il n’y a pas beaucoup de femmes… Comme vous dites, c’est un jury majoritairement féminin, c’est parce que la présidente est une femme. Or, le jury est toujours composé à parité. Quatre hommes - quatre femmes.

    La deuxième conviction que j’aie, c’est que, à titre personnel ou par ma fonction - le Festival de Cannes à titre institutionnel -, n’a strictement aucune légitimité ni compétence pour parler de la question des femmes. J’avais dit, lorsqu’on avait été attaqués sur le manque de femmes réalisatrices dans nos sélections, d’abord en général il y en a plutôt plus dans nos sélections qu’il n’y en a dans le cinéma en général. On dit qu’il y a environ 7 % de femmes cinéastes dans le monde.

    Nous, dans nos sélections, il y a toujours 20 % de femmes cinéastes dans le monde. Je ne vais pas vous dire que je vais m’en vanter, puisque c’est parce qu’elles ont fait de bons films. Et j’avais dit à l’époque, Cannes n’est que la conséquence. On est au bout de la chaîne. A un moment les femmes cinéastes c’était Alice Guy à laquelle on rend hommage d’ailleurs. Germaine Dulac, Agnès Varda, il y en avait très, très peu. Maintenant, il y en a de plus en plus. Et à part Kathryn Bigelow, toutes les femmes cinéastes du monde entier, Susanne Bier peut-être, qui était venue dans un jury, mais pas présenter un film –, elles sont toutes venues à Cannes.

    On fait attention à ça. Il faut aller dans les écoles de cinéma. Là, il faut peut-être mettre des quotas. Là, il faut peut-être vérifier dans l’avance sur recettes, puisque les films ne sont pas encore là, donc on ne juge pas. Et puis en revanche, nous – et là je dois le dire, je parle au nom du Festival de Cannes, mais comme n’importe qui, qui nous écoute ou parlerait au nom de sa propre entreprise –, on s’interroge sur nos propres pratiques. Est-ce qu’il y a une mixité, une parité dans nos équipes ? Oui, presque pas, d’ailleurs plus de femmes que d’hommes. Est-ce qu’il y a l’égalité salariale ? Oui.

    Et puis, en effet, Jessica Chastain et Agnès Jaoui qui étaient au Jury l’an dernier, et qui au bout de quatre jours me disent : il y a quand même beaucoup de personnages féminins un peu négatifs, là, dans les films qu’on voit. Est-ce que dans le comité de sélection il y a la parité ? Eh bien elles ont raison. Sur cette question-là aussi. Donc, on a corrigé ça. Oui, on doit un peu veiller à ce que toutes les sensibilités soient représentées.

    ► Lire aussi : Festival de Cannes 2018: tous les films de la sélection officielle


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