GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 17 Novembre
Lundi 18 Novembre
Mardi 19 Novembre
Mercredi 20 Novembre
Aujourd'hui
Vendredi 22 Novembre
Samedi 23 Novembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Donald Trump peut-il étrangler l’économie iranienne ?

    Le président américain Donald Trump signe un décret indiquant son intention de se retirer de l'accord nucléaire avec l'Iran dans la salle diplomatique de la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 8 mai 2018. REUTERS / Jonathan Ernst

    En annonçant le retrait américain du traité sur le programme nucléaire iranien Donald Trump a promis des sanctions économiques « au plus haut niveau » contre la république islamique. De quoi sérieusement inquiéter les Iraniens?

    Donald Trump veut limiter les exportations iraniennes de pétrole et priver la République islamique de l'accès aux dollars. C'est toucher deux points vitaux des échanges entre l'Iran et le reste du monde. Cela revient à vouloir étrangler l'économie iranienne. Etonnamment cette perspective n'a pas l'air d'impressionner les marchés les plus exposés. Le baril de pétrole a fini en repli à New York, et sur le marché parallèle des changes, la monnaie iranienne a encaissé sans broncher : comme la veille, un dollar vaut toujours 65 000 rials. Un léger mieux par rapport à dimanche où le rial est descendu beaucoup plus bas, il fallait alors débourser 67,800 rials pour obtenir un billet vert sur le marché parallèle. Ces réactions sont modérées parce que les marchés ont déjà anticipé le retrait américain, mais aussi parce que l'impact de ces sanctions américaines sera sans doute plus limité qu'en 2012. D'abord parce que le président Rohani indique qu'il veut rester dans l'accord, évidemment pour continuer à profiter de la levée des sanctions économiques.

    Tout dépendra donc de l'attitude des autres partenaires de l'accord dénoncé par Donald Trump?

    Réécoutez nos éditions spéciales du 9 mai sur les conséquences du retrait américain de l'accord de Vienne
    Première partie (7h10-7h30 heure de Paris) 09/05/2018 - par Arnaud Pontus Écouter
    Deuxième partie (8h10-8h30 heure de Paris) 09/05/2018 - par Arnaud Pontus Écouter

    Pour le moment les Européens sont sur la même ligne que le président iranien. Dans le communiqué publié hier soir avec Londres et Berlin l'Elysée indique vouloir maintenir « les bénéfices économiques liés à l’accord au profit de l’économie et la population iraniennes ». La Chine, un partenaire de premier plan pour la République islamique, puisqu'elle est aujourd'hui le premier importateur du brut iranien, appelle aussi au respect de l'accord. On voit mal Pékin se plier aux ordres donnés par les Etats-Unis. En revanche leurs alliés traditionnels en Asie, la Corée et le Japon, d'autres gros importateurs de brut iranien ne se paieront sans doute pas le luxe de contrarier Washington en continuant à se fournir en hydrocarbure auprès de la république islamique.

    Quant aux entreprises présentes en Iran, elles devront sans doute choisir entre leurs intérêts iraniens et leurs intérêts américains, à moins qu'elles n'obtiennent une dérogation, comme Total va sans doute essayer de le faire. Le constructeur automobile PSA s'en remet à l'Union européenne: dans un communiqué publié ce matin il dit attendre une position singulière de Bruxelles. En tout cas, toutes sont sous pression. Dans un twitt le nouvel ambassadeur américain en Allemagne ordonne aux entreprises allemandes de cesser sur le champ leurs activités en Iran.

    Donald Trump veut par ailleurs empêcher l'Iran de réaliser ses transactions en dollars.

    C'est le deuxième étage des sanctions et c'est le plus redoutable. Les Iraniens s'y préparent d'ailleurs depuis plusieurs mois. Ceux qui ont un peu d'économies se sont rués vers l'or et les devises étrangères. Les plus connectés ont déplacé leurs capitaux à l'étranger. On parle d'une évaporation de l'ordre de 30 milliards de dollars. C'est le fait des commerçants, des entreprises mais aussi des pasdarans rappelle Fereydoun Khavand.

    Pour financer le Hezbollah, leur allié dans la région, et pour financer toutes leurs opérations à l'étranger, en Syrie, au Yémen, les Gardiens de la révolution ont donc eux aussi contribué à l'effondrement de la monnaie nationale. Sur twitter, un Iranien se désespère: « au moment de la signature de l'accord nous étions déçus d'échanger un dollar contre 10 000 rials, ce sera 100 000 rials qu'il faudra bientôt débourser avec le retrait américain ». Une prophétie partagée par un économiste iranien. Le corollaire de cette descente aux enfers du rial, c'est l'inflation. Déjà très élevée en Iran et qui alimente le mécontentement et l'amertume de la population. Les Etats-Unis surveillent évidemment de très près les mouvements contestataires dans l'espoir de voir le régime s'effondrer sous la pression de la rue.

    à (re)lire: Nucléaire iranien: Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.