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    Les prix du caoutchouc toujours déprimés par les stocks chinois

    Du Vietnam à la Côte d'Ivoire, on a trop replanté jusqu'en 2011, record historique des prix à ce jour. Aujourd'hui les petits producteurs sont mal rémunérés partout. (Photo: une plantation d'hévéas. Getty Images

    Difficile période pour les producteurs de caoutchouc naturel, de l'Afrique à l'Asie : les stocks chinois empêchent les prix de rebondir, malgré la meilleure santé de l'industrie automobile.

    Le caoutchouc naturel ne bénéficie toujours pas de l'embellie de l'industrie automobile mondiale. La construction de véhicules a pourtant dopé la consommation de pneus, et donc celle du caoutchouc. Mais autant les prix du caoutchouc synthétique issu du pétrole ont grimpé, avec les cours du brut, autant les prix du caoutchouc naturel issu du latex demeurent désespérément bas. Ils oscillent depuis des mois entre 1 400 et 1 500 dollars la tonne à Singapour, le marché de référence. Presque deux fois moins qu'en février de l'année dernière. Plus de trois fois moins qu'en 2011.

    Des plantations au trading, la Chine dicte ses prix

    Comme souvent, c'est la Chine qui donne le « la ». Et elle est particulièrement puissante sur ce marché du caoutchouc naturel. Pas seulement parce qu'elle est le premier pays producteur et consommateur de pneus, mais parce que la Chine a réussi à concentrer une grande partie de la filière caoutchouc entre ses mains. C'est le géant public chinois de la chimie Sinochem, qui a racheté il y a un peu plus de deux ans l'ancien grand trader de caoutchouc de Singapour, Halcyon. Sinochem avait déjà racheté une autre compagnie cotée à Singapour, GMG, qui possède aussi des plantations en Asie et en Afrique.

    Cette concentration permet à la Chine de dicter des prix bas. D'autant qu'elle dispose encore d'un demi-million de tonnes de stocks au port de Qingdao. Des stocks qui pèsent sur les prix mondiaux.

    La production ivoirienne aspirée par les usines malaisiennes

    Bien sûr ce n'est pas bon pour les producteurs de caoutchouc d'Asie ni d'Afrique. Du Vietnam à la Côte d'Ivoire, on a trop replanté jusqu'en 2011, record historique des prix à ce jour. Aujourd'hui les petits producteurs sont mal rémunérés partout. Et les grandes sociétés de plantations présentes en Afrique, comme SIPH, grand fournisseur de Michelin, non seulement voient leurs résultats s'effondrer mais ils peinent à garder la matière première africaine pour les usines ivoiriennes de caoutchouc. Pour quelques FCFA de plus, à condition d'avoir obtenu un agrément d'exportation, le latex coagulé recueilli dans l'hévéa, ce qu'on appelle les « fonds de tasse », partent vers les usines de caoutchouc de Malaisie, plus automatisées et plus compétitives que leurs concurrentes ivoiriennes.


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