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    A la Une: le bain de sang à Gaza

    Des manifestants palestiniens courent se mettre à couvert pour éviter les tirs des forces israéliennes dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa/File photo

    Plus de 55 Palestiniens tués et 2 400 blessés hier, donc, lors de manifestations à la frontière contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem : la presse africaine s’insurge. Avec tout d’abord ce dessin publié par El Watan en Algérie : on y voit la Mort de trois quarts dos, avec sa longue faux, et une grande mèche blonde orangée qui dépasse de sa capuche…

    « Triste jour pour la paix », titre El Moudjahid, toujours à Alger : « Dans son bureau ovale, face à son écran de télévision qui diffuse la chaîne Fox, chargée de retransmettre la cérémonie d’ouverture de l’ambassade américaine à El-Qods, Donald Trump s’est enthousiasmé sur Twitter, rapporte le journal : c’est "un grand jour pour Israël". Au même moment, un bain de sang se déroulait dans l’enclave palestinienne de Gaza. Triste jour, donc, pour la paix et le droit international serions-nous tentés de répliquer, soupire El Moudjahid. Salué comme "historique" par Israël, ce transfert est largement perçu comme un acte de défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale. » Et le quotidien algérien de prévenir : « la nouvelle Intifada est en marche… »

    « Boucherie, le mot n’est pas de trop, soupire pour sa part Aujourd’hui au Burkina. Un autre terme qui convient à ce massacre de Palestiniens par les Israéliens, poursuit le journal, ne peut être que "nakba", terme interdit en Israël dont l’acception en arabe est "catastrophe" et "désordre". A la veille de cette "nakba" qui marque aussi la naissance par césarienne de l’Autorité palestinienne le 15 mai 1948 au lendemain de celui d’Israël, l’armée juive n’a donc pas fait dans la dentelle en tirant dans le tas (…). »

    Motus et bouche cousue en Afrique ?

    « Et l’Afrique face à ce massacre en mondovision revendiqué et assumé par Israël ?, s’interroge Aujourd’hui. La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël a toujours été une ligne de fracture de part et d’autre sur le continent, selon qu’on a des atomes commerciaux ou sécuritaires avec l’Etat juif. (…) Hier à Jérusalem, lors de cette inauguration, les pays africains présents étaient seulement une douzaine, dont le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan du Sud et le Togo. »

    « Peut-on s’attendre à une levée de boucliers des dirigeants africains contre cette mesure américaine ?, s’interroge en écho Le Pays. Rien n’est moins sûr, répond le quotidien burkinabè. Car, en dehors du roi du Maroc qui a encore réitéré son rejet de ce transfert, il y a fort à parier que ce sera motus et bouche cousue dans la plupart des capitales du continent. Et pour cause : ils ne doivent pas être nombreux à vouloir s’attirer les foudres de l’iconoclaste locataire de la Maison Blanche, qui n’avait, du reste, pas hésité, en décembre dernier, lors de l’examen du projet à l’ONU, à menacer de frapper au porte-monnaie ceux qui voteraient contre son projet de reconnaissance de la ville sainte comme capitale de l’Etat hébreu. Or, connaissant la dépendance de nos Etats à l’aide extérieure, il ne faut pas s’attendre, donc, à ce que le président américain soit véritablement contrarié dans son élan en Afrique. »

    Le bouledogue et son caniche…

    En tout cas, L’Observateur Paalga, toujours au Burkina, fait feu de tout bois contre le président américain : « c’est un compromis historique vieux de plusieurs décennies sur le statut de Jérusalem que l’Oncle Donald et Bibi, le bouledogue et son caniche, viennent de liquider dans un unilatéralisme forcené comme on a rarement vu dans les annales des relations internationales. A l’origine de cette nouvelle naqba se trouve en fait une autre nakba : l’arrivée au 1 600 Pennsylvania Avenue de cette anomalie qu’est "l’homme qui twitte plus vite que son ombre". En effet, poursuit L’Observateur, depuis que Donald Trump est arrivé aux affaires, il a dénoncé l’Accord sur le climat, laborieusement concocté, il s’acharne actuellement, avec le soutien de Benyamin Netanyahou, à détricoter l’arrangement sur le nucléaire iranien et il vient maintenant de franchir le Rubicon au risque de jeter de l’huile sur le feu dans une région qui concentre déjà une bonne partie des problèmes sécuritaires du monde. »

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