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    RDC: «Tous les ingrédients sont réunis pour que les élections n'aient pas lieu»

    Adolphe Muzito, au centre de la photo. AFP

    Au Congo Kinshasa, un sondage du Groupe d’études sur le Congo place Adolphe Muzito dans le trio des favoris, avec 9 à 10 % des intentions de vote, juste derrière Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi. Le lumumbiste Adolphe Muzito a été l’allié du président Kabila, dont il a été le Premier ministre pendant plus de trois ans. Mais aujourd’hui, à l’approche des élections annoncées en décembre, il se rapproche de l’opposition. Le candidat Muzito aura-t-il le soutien de son parti, le Parti lumumbiste unifié (Palu) ? Pas gagné ! De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Les élections du 23 décembre, vous y croyez ou pas ?

    Adolphe Muzito : Je n’y crois pas. Les élections auront lieu, mais je doute fort que ce soit à cette date-là, il y aura un glissement.

    Un glissement à cause de quoi ?

    A cause de ce que premièrement l’opposition conteste déjà la machine à voter. Elle rejette aussi le fichier électoral. Monsieur Félix Tshisekedi l’a dit dans son dernier meeting, monsieur [Pierre] Lumbi aussi qui est vice-président de Ensemble pour le changement. Donc j’ai l’impression que le pouvoir va en profiter pour faire un glissement. Mais je constate aussi qu’il y a une contrainte, une contrainte financière, à savoir que le gouvernement ne saura pas décaisser 500 millions de dollars dans les trois prochains mois pour permettre à la Céni [Commission électorale nationale indépendante] d’être prête en ce qui concerne la logistique et le matériel des élections. Puisque le pouvoir ne veut pas du soutien de la communauté internationale, au nom soi-disant de la souveraineté du pays, et donc moi, je suis assez pessimiste. Tous les ingrédients sont réunis pour que les élections n’aient pas lieu.

    Et au vu des manifestations des catholiques du début de cette année 2018, pensez-vous que la population acceptera ce nouveau glissement ?

    La population n’acceptera pas et n’a jamais accepté non plus les glissements de fin 2016. Elle n’a pas non plus accepté les glissements de décembre 2017. Et malheureusement, il n’y aura pas de sanctions. Qui va sanctionner qui ? C’est cela le drame du Congo.

    Vous connaissez bien Joseph Kabila, dont avez été le Premier ministre pendant trois ans et demi, d’octobre 2008 à mars 2012. A votre avis, il cherche un dauphin ou il veut rester ?

    J’ai l’impression qu’il veut rester. S’il cherchait un dauphin, les contacts qu’il prend, les mobilisations qu’il fait à travers les regroupements politiques qui vont constituer désormais sa plateforme, il ne serait pas aux avant-postes de cette démarche-là. Il aurait déjà désigné son dauphin qui, en principe, devrait prendre des contacts, construire un projet, les vendre auprès des différents regroupements politiques. Ce n’est pas le cas. C’est toujours lui. Donc je suis convaincu qu’il veut rester maître à bord.

    Vous le sentez combattif ?

    Combattif contre ses opposants, oui, et pour les défaire. Il veut l’emporter en affaiblissant ses opposants.

    Quels opposants par exemple ?

    Par exemple le camp de monsieur Katumbi. C’est vrai que, du point de vue juridique, il a perdu sa nationalité. Je pense qu’il est dans la démarche pour la reconquérir. C’est un droit et, malheureusement, on ne lui facilite pas la tâche. En fait, l’objectif, c’est de l’écarter du jeu politique.

    Vous voyez de l’acharnement contre Moïse Katumbi ?

    Oui, c’est l’impression que j’ai. Je ne trouve pas de raisons à cela parce que le président de la République n’aurait pas besoin de s’acharner sur quelqu’un qui, en réalité, ne sera pas son adversaire direct, parce que lui est censé ne pas être sur le ring prochainement.

    Joseph Kabila ?

    Oui. Donc il n’y a pas de raisons à écarter Katumbi.

    Vous avez été dans les instances dirigeantes du Parti lumumbiste unifié, le Palu, pendant un quart de siècle. Ces dernières années vous avez été de facto le numéro 2 du patriarche Antoine Gizenga, l’ancien ministre de Patrice Lumumba. Mais depuis deux mois, c’est fini. Vous avez été révoqué de votre poste de secrétaire permanent adjoint du Palu. Vous êtes entré en dissidence. Pourquoi ? Parce que vous êtes passé dans l’opposition alors que Gizenga reste dans la majorité présidentielle ?

    Gizenga n’est pas dans la majorité présidentielle. Moi, non plus, je ne suis pas dans l’opposition. Il n’y a plus d’alliance Gizenga-Kabila. Les alliances sont à redéfinir. Et de ce point de vue, le Palu a la responsabilité historique d‘évaluer et d’identifier les partenaires à venir sur la base des politiques publiques, avec qui nous irons et comment nous gagnerons ensemble. Je ne suis pas en dissidence avec mon parti. Par contre, il y a une certaine divergence au niveau de la direction politique du parti, à savoir qu’il y en a qui pensent qu’il faut maintenir les principes, conserver toujours l’alliance avec Kabila, ce qui pour moi n’a pas de sens aujourd’hui. Moi, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut maintenir l’alliance pour appliquer des politiques publiques qui ont échoué.

    Entre 2006 et 2011, nous avions une orientation politique, des politiques publiques et des réformes que nous avons engagées. Les résultats étaient au rendez-vous plus ou moins. Mais au quinquennat suivant, ce n’est pas nous qui avons eu la direction du gouvernement parce que notre poids politique a baissé dans l’entretemps. Nous, on a eu un rôle marginal, mais ceux qui ont géré le gouvernement sont sortis de la ligne. Ils ont fermé la porte aux institutions financières internationales pour un pays qui a une économie domaniale dont l’activité économique dépend des exportations des matières premières.

    Les finances publiques sont faibles, le Congo a un budget de 4 milliards de dollars, c’est très faible. Le niveau d’exécution autour des 70%. Donc ça ne peut pas être suffisant pour qu’on rejette les réformes, qu’on ne travaille pas avec les partenaires financiers internationaux qui auraient dû nous aider et nous permettre de maintenir une stabilité  économique, financière et monétaire. Donc cette politique-là d’autarcie financière, de repli sur soi, moi je ne la partage pas. Et de ce point de vue-là, je ne me vois pas dans un nouveau gouvernement qui ferme le Congo sur lui-même.

    La rencontre très médiatique du 19 mars à Kinshasa entre le président Joseph Kabila et le patriarche Antoine Gizenga, n’est-ce pas le signe que votre parti, le Palu, reste du côté de la majorité présidentielle et que, si vous vous présentez à la présidentielle, vous n’aurez pas l’investiture de votre parti ?

    D’abord je ne trouve pas normal que les deux acteurs, le président de la République et le patriarche Antoine Gizenga soient qualifiés pour débattre de l’avenir. Le président de la République n’est plus un acteur direct pour les échéances à venir. Il n’est pas un candidat théoriquement. Et Antoine Gizenga, c’est vraiment le repos du guerrier. Il est en train de passer la main, ce n’est pas à lui d’engager l’avenir de la République, mais il reste un acteur dans notre parti. C’est le conseiller, c’est lui que nous consultons avant toute décision. Je trouve qu’on a abusé de lui en l’amenant dans les bureaux de l’Etat pour discuter des affaires du parti.

    Vous avez une certaine popularité, non seulement dans le Bandundu, à Kikwit, la grande métropole dont vous êtes député, mais au-delà. Le sondage du Groupe d’études sur le Congo vous met dans le trio de tête, avec quelque 10% des intentions de vote au niveau national. Mais ne risquez-vous pas, si vous êtes candidat, d’être broyé par la machine lumumbiste du Palu ?

    La machine lumumbiste du Palu n’est pas au sommet de l’appareil, la machine lumumbiste est à la base. Je compte beaucoup sur la base militante, c’est elle finalement pour un parti de masse qui tranche. J’ai besoin du soutien de mon parti, pas forcément de l’investiture parce qu’en réalité, quand vous regardez la taille des principaux partis, ils sont environ 8 et n’ont pas plus de 44% de l’électorat congolais. Donc la masse critique est en dehors des principaux partis politiques, elle est dans les associations, dans les forces sociales. C’est là qu’il faut aller chercher la victoire.

    Pour gagner ces prochaines élections, vous avez donc besoin de faire des alliances. Est-ce la raison pour laquelle vous vous rapprochez du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba et de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe ?

    Oui. Moi, je suis ouvert, et mon parti va l’être aussi, à toutes les forces politiques du pays, parce que si vous fédérez à l’ouest avec le MLC et à l’est avec l’UNC, y compris au centre, avec  l'Union pour la démocratie et le progrès social, l'UDPS, vous avez la victoire. C’est cela le sens de l’ouverture que nous faisons.

    Si demain le parti au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), vous approche et vous demande de le rejoindre et, qui sait, d’être son candidat, que lui répondrez-vous ?

    A ce moment-là, ce n’est pas moi qui les rejoins. C’est eux qui me rejoignent. Cela suppose que nous nous mettions d’accord sur les politiques publiques. J’ai indiqué, les leurs ont échoué, donc il faut changer de politique. Moi, je leur suggérerais de suivre ma ligne politique dont il faudra débattre évidemment pour se mettre d’accord. Ils peuvent apporter leurs enrichissements. Je suis d’accord pour travailler avec tout le monde. Il faudrait d’abord qu’ils reconnaissent l’échec.

    Vous êtes un centriste : ni majorité, ni opposition ?

    Je suis un de ceux qui pensent que le Congo n’est pas à développer. Il est plutôt à construire, et pour construire on a besoin d’être ensemble si on peut se mettre d’accord sur les priorités, les défis à relever, et les politiques appropriées.


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