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    Bulgarie: les enjeux régionaux du sommet UE-Balkans occidentaux

    Vue de Tsarigradsko shose, partie sud de la ville de Sofia, en Bulgarie. Sofia qui abrite le sommet EU-Balkans occidentaux. (Photo d'illustration) Boby Dimitrov/wikimedia.org

    Le sommet Union européenne-Balkans occidentaux se tient ce jeudi 17 mai 2018 en Bulgarie, pays qui assure la présidence tournante de l'UE. Des dates-butoir d'adhésion pour la Serbie et le Monténégro pourraient être annoncées. Quant à la Bulgarie, elle cherche à jouer un rôle de conciliateur dans la région.

    De notre correspondant à Sofia,

    • Pourquoi la Bulgarie s'est-elle emparée du dossier ?

    La Bulgarie n'a jamais été très présente sur la scène politique internationale ou européenne, et cette présidence de six mois était donc une opportunité à saisir. D'un côté, le gouvernement a voulu ramener la Turquie et l'UE à la table des négociations, ce qui s'est passé avec le sommet en mars. Cette rencontre était en quelque sorte un geste envers le président Erdogan, qui a remercié son « ami » Boïko Borissov à plusieurs reprises. Le Premier ministre bulgare craint en fait une seconde crise migratoire, qui pourrait avoir des retombées importantes en matière de politique intérieure.

    L’adhésion des Balkans est tout aussi épineuse, et il est certain que cela ne sera pas décidé ce mercredi. Le gouvernement perçoit comme une victoire de la diplomatie bulgare le seul fait d'avoir ramené ce dossier à l'ordre du jour européen. Il se pourrait bien que d'autres problèmes plus urgents, comme l'accord sur le nucléaire iranien, prennent le dessus lors de cette rencontre, mais le gouvernement bulgare ne s'en inquiète pas. Surtout que ce nouveau rôle de conciliateur détourne l'attention des problèmes bien connus qui existent en Bulgarie, notamment la corruption et le système judiciaire anémique.

    • La Bulgarie moins souvent pointée du doigt

    Depuis qu'elle assure la présidence tournante de l'UE, ou même avant, les critiques sont devenues plus rares, et plus floues au niveau européen. Sur le fond d'une Europe en crise et des tensions avec la Pologne, la Hongrie, le Royaume-Uni ou la Grèce, la Bulgarie devient un élève modèle. C'est donc le bon moment pour tenter de réaliser un autre objectif de Boïko Borissov : l'adhésion à Schengen et, plus tard, à la zone euro.

    En tout cas, la doctrine en matière de politique étrangère est de ne fâcher personne : ni Bruxelles, ni Moscou, ni Ankara. C'est un équilibre que Boïko Borissov tente de maintenir en cherchant à faire plaisir à tout le monde. Il a vite dénoncé l'idée de former des patrouilles européennes en mer Noire, a renvoyé des dissidents politiques turcs à la frontière. Il a également rapidement acquiescé au pacte mobilité et à la réforme du travail détaché proposés par Emmanuel Macron.

    • Les routiers bulgares sont aujourd'hui dans la rue

    Justement, des grand boulevards seront bloqués presque toute la journée de ce jeudi par des poids lourds. Les routiers bulgares et surtout les entreprises de transport et de logistique craignent que ces réformes ne les poussent au bord de la faillite: 70% des entreprises du secteur seraient en danger si elles devaient augmenter leurs dépenses pour les frais et les salaires.

    Autre problème : la main-d'œuvre dans le secteur, qui fait défaut à l'ouest comme à l'est. En 2017, il y avait 5 000 postes vacants dans les entreprises bulgares, et ce malgré des salaires très élevés au niveau national. Ils peuvent atteindre 2 000 euros, alors que la moyenne du pays est fixée à 500. Le Parlement bulgare s'est rangé du côté du patronat, ce qui pousse le gouvernement et le Premier ministre à se remettre à la table des négociations, malgré leur acquiescement lors de la visite de Macron l'été dernier.

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