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    Sophie Petronin, otage au Mali: le comité de soutien «a un grand sentiment d’oubli»

    Extrait d'une vidéo de Sophie Pétronin, otage au Mali, le 2 juillet 2017. AFP

    500 jours que Sophie Pétronin est otage. Aujourd’hui âgée de 72 ans, elle a été enlevée au Mali le 24 décembre 2016. La Française dirigeait alors une association venant en aide aux femmes enceintes et aux orphelins dans la ville de GAO. La dernière vidéo rendue publique par ses ravisseurs, montre une femme très affaiblie... Sébastien Chadaud-Pétronin, son fils, se dit inquiet et abandonné par l’Etat français. Aucune issue ne se profile pour l’instant, il a donc entrepris lui-même d’essayer de faire avancer l’enquête et se dit même prêt à discuter directement avec les ravisseurs.

    Rfi : Sébastien Petronin, qu’est-ce que vous avez envie de dire aujourd’hui aux ravisseurs de votre mère ?

    Sébastien Chadaud-Petronin : On a toujours l’espoir de trouver une solution, même si ça paraît très compliqué. Le comité de soutien, la famille… moi, je voudrais dire aux ravisseurs : pas de panique, pas de faux pas. Il faut rester calme et même si ça prend du temps, on doit trouver une solution à cette affaire.

    C’est difficile de s’adresser à des ravisseurs, mais je souhaite parler de ma mère. Je n’ai pas beaucoup d’alternatives, elle n’a pas beaucoup d’alternatives... même si cette porte est difficile à ouvrir, mais je voudrais qu’on essaie de plus l’ouvrir et qu’on installe de la communication.

    De quand date la dernière preuve de vie ?

    La dernière vidéo n’était pas datée, même si on pense tous qu’elle avait été faite dans le courant du mois de février. C’est une avancée. C’est à la fois rassurant de recevoir des nouvelles, mais c’est extrêmement préoccupant d’avoir reçu ce type de nouvelles, parce qu’elle était quand même alitée, on la voit pleurer, on voit des médicaments, on voit un message assez sarcastique envoyé à l’Etat français.

    Donc tout ça était très préoccupant. C’est vrai qu’aujourd’hui on a multiplié les démarches et on essaie, nous, de se rapprocher des ravisseurs pour établir un contact et établir une vraie preuve de vie et pouvoir enfin commencer au moins une discussion.

    Vous êtes très impliqué aujourd’hui pour avoir des nouvelles de votre mère et obtenir sa libération. Est-ce que cela veut dire que les autorités françaises ne font pas ce qu’elles doivent faire, que le président Macron vous donne l’impression de ne pas s’occuper de son cas ?

    On a souhaité s’entretenir avec le président Macron, donc on a multiplié les appels, on lui a écrit, on lui a fait savoir par la presse qu’on avait besoin de le rencontrer pour être rassurés, pour savoir ce qu’il envisageait de faire dans cette affaire. Malheureusement, il n’a pas donné suite, il n’a pas souhaité nous rencontrer. Donc, on ne peut pas tellement se prononcer. On ne sait pas très bien quelle est l’optique, quelle solution envisage l’Etat pour essayer de sortir ma mère de là, quelles sont les perspectives… Tout ça, pour nous, c’est une partie qui est très nébuleuse. Forcément, comme on ne sait pas ce que va faire l’Etat par rapport à cette affaire, le comité de soutien prend ses responsabilités. Et moi, je suis son fils, je ne peux pas rester, comme ça, dans l’incertitude. Si personne n’avance, peut-être que c’est à moi d’avancer.

    Vous avez l’impression d’être oublié totalement ?

    Oui, tout le comité de soutien a un grand sentiment d’oubli. On espère juste que, d’otage oubliée, elle n’est pas passée à otage sacrifiée. Et pour cela, je pense qu’il serait opportun d’avoir une explication claire et un positionnement clair du gouvernement et de notre chef des armées.

    Qu’est-ce que vous aimeriez dire à votre mère aujourd’hui ?

    Eh bien, ma petite maman, je sais que c’est long, je sais que c’est long… C’est terrible. Terrible, ce qui t’arrive. Ne crois pas qu’on t’oublie et personne ici ne peut t’oublier. On en parle tous les jours, tu es au cœur de nos vies... J’ai toujours ce sentiment qu’on s’approche… A chaque fois je vous dis ça, mais c’est la réalité. On multiplie les déplacements, on multiplie les démarches et petit à petit on a l’impression, quand même, de se rapprocher de toi, maman. C’est complexe, mais il faut vraiment que tu tiennes le coup, parce que ce n’est pas impossible... Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas quand, mais je sais qu’on ne lâchera pas.

     


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