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    «A Agadez, on est passé de 350 migrants par jour à 100 par semaine»

    Le ministre des Affaires étrangères nigérien Mohamed Bazoum, lors d'une allocution aux Nations unies le 27 septembre 2017. Eduardo Munoz

    Journée spéciale sur RFI ce 23 mai. La radio mondiale propose des reportages et des interviews sur Agadez, la grande ville-carrefour du Nord-Niger, qui tente de tourner le dos à l’émigration clandestine. Notre reporter, Bineta Diagne essaie notamment de savoir si les quelque 5 000 à 6 000 passeurs, transporteurs et rabatteurs, qui vivent du trafic des migrants, sont en mesure de se reconvertir. Au Niger, Mohamed Bazoum est ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. En ligne de Niamey, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Depuis un an et demi, une loi réprime le trafic de migrants mais est-ce que ça marche ?

    Mohamed Bazoum : Cette loi date de 2015, mais nous l’avons mise rigoureusement en œuvre à partir du deuxième semestre de l’année 2016. Depuis lors, les statistiques indiquent très clairement qu’elle a eu un impact très positif.

    Aujourd’hui les passeurs tombent sous le coup de la loi, mais je crois que seul 72 d’entre eux ont été condamnés ?

    Oui, il y a eu presque deux cents personnes qui ont été arrêtées, qui ont été inculpées, mais 72 ont été finalement condamnées, pour le moment. Et vous en avez encore d’autres qui restent en prison en attente de jugement.

    N’y a-t-il pas des complices parmi les forces de l’ordre et la loi n’est-elle pas trop indulgente à leur égard ?

    Non elle n’est pas indulgente parce que nous avons eu à révoquer des gendarmes et des policiers tout simplement.

    Mais personne n’a été condamné parmi les membres des forces de l’ordre ?

    Sept ou huit gendarmes au moins ont été révoqués tout simplement. C’est pire qu’une condamnation pour eux.

    Les passeurs, les transporteurs, les rabatteurs, que l’on appelle aussi les coxeurs, il y a donc des milliers de personnes qui vivent de ce trafic. Qu’elle est la solution pour ces personnes ? Est-ce la reconversion ?

    Oui, c’est ce que nous essayons d’entreprendre avec nos partenaires à La Valette, à la Conférence de La Valette [2015], le président de la République [Mahamadou Issoufou] a présenté un plan de reconversion. Un fonds fiduciaire d’urgence a été mis en place à cet effet. Il y a le projet de développement classique, notamment la promotion de l’agriculture, de l’élevage, du commerce. Nous, nous avons une centrale électrique qui va être construite à Agadez, qui est une centrale hybride, ce sont des projets, je vous ai dit, classiques. Nous avons surtout en urgence des petits projets qui théoriquement concerneraient à terme 5 000 personnes et qui visent à donner, à offrir des opportunités d’activité à toutes les personnes qui sont impliquées dans le trafic illicite et qui en vivent de façon directe ou indirecte. Nous avons déjà une phase pilote qui aura concerné 400 personnes, puis à partir de l’évaluation que nous en ferons, nous l’étendrons, le cas échéant. Et nous pensons que nous aurions des ressources à même de toucher 5 000 personnes en théorie.

    Face à toutes les mesures que vous prenez, certains humanitaires restent sceptiques et disent que, même si les contrôles sont renforcés, les passeurs empruntent de nouvelles routes qui échappent à toute surveillance.

    Sur la région d’Agadez, je ne vois pas comment on pourrait contourner les axes sur lesquels nous avons accru notre contrôle, parce que la géographie vers la Libye se présente sous une forme telle qu’il est difficile d’échapper à nos postes de contrôle en les contournant littéralement, en ayant d’autres chemins qui conduiraient à la Libye. Mais évidemment nous n’aurons jamais assez de moyens, même sur les axes que nous contrôlons, pour assurer un contrôle absolu. Il y a toujours par conséquent des choses qui passent à travers les mailles de notre filet. Nous ne sommes pas naïfs.

    Selon les statistiques de l’OIM, Organisation internationale pour les migrations, il y a avait avant quelque 5 000 migrants par semaine à Agadez, il y en aurait aujourd’hui quelque 5 000 par mois, ça reste un chiffre considérable…

    Non ce n’est pas vrai, je récuse ces statistiques de l’OIM, elle ne peut pas les soutenir devant moi. Nous collaborons de façon très étroite sur le poste d’entrée dans la ville d’Agadez, le dernier poste qui est celui d’Abalak qui conduit à la ville d’Agadez. Lorsque nous avons mis en place notre dispositif, nous avions à peu près 350 personnes par jour qui entraient dans la ville d’Agadez, aujourd’hui nous avons une centaine de migrants, tout au plus 120 personnes par semaine. 100 personnes en moyenne par semaine, ça ne donne pas 5 000 par mois, ça donne cinq fois quatre, 400 personnes par mois, voilà de quoi il s’agit.

    Mohamed Bazoum, vous êtes ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, plus de 20 leaders de la société civile sont en prison à Niamey depuis deux mois, pourquoi ces privations de liberté ?

    Non, ils ne sont pas 20, ils sont huit. Ils sont en prison dans le cadre d’une procédure judiciaire.

    Alors en effet, plusieurs d’entre eux sont inculpés « d’organisation et de participation à une manifestation interdite », mais le droit de manifester n’est-il pas reconnu au Niger ?

    Il est reconnu, sauf qu’il est encadré, en effet, par une loi et lorsque j’ai vu la levée de boucliers consécutive à leur arrestation, j’ai compris que, dans leur esprit à eux aussi, ils devaient être considérés comme des personnes intouchables au-dessus de la loi, ce qui était une erreur.

    A l’origine, la société civile voulait manifester contre la loi de finances qu’elle qualifiait d’antisociale. Le dialogue ne vaut-il pas mieux que la prison ?

    Je ne pense pas qu’un Etat soit tenu d’engager un dialogue sur une loi de finances avec des acteurs de la société civile. Dans le cas d’espèce, les dirigeants de la société civile, lassés d’avoir été autorisé à marcher chaque fois qu’ils en faisaient la demande, ont décidé de marcher le soir, ce qui n’est pas compatible avec les exigences du maintien de l’ordre. Et cela leur a été notifié. S’ils devaient ne pas être d’accord avec l’interdiction qui leur a été faite de manifester le soir, ils devaient toucher la justice pour lui poser la question de savoir si le maire de Niamey avait le droit d’interdire leur marche. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils étaient convaincus qu’une marche le soir, en étant interdite, leur donnait l’occasion de la tension qu’ils ont toujours recherchée. Et peut-être leur ouvrirait-elle les portes pour les perspectives de l’insurrection dont ils ont toujours rêvé. Voilà de quoi il s’agit.


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