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    Giuseppe Conte peut-il faire basculer l'Italie avec le programme anti-austérité?

    Giuseppe Conte, le nouveau chef du gouvernement italien. REUTERS/Remo Casilli

    En Italie Giuseppe Conte a été chargé hier soir par le président Matarella de former un nouveau gouvernement de coalition avec la Ligue et le Mouvement Cinq étoiles. C'est la première fois qu'un grand pays de la zone euro s'apprête à être dirigé par une équipe populiste et cela inquiète les dirigeants européens comme les marchés.

    Cet attelage anti-austérité prévoit de baisser fortement les impôts et d’augmenter les dépenses. Pour financer le revenu de base promis aux plus pauvres par le mouvement 5 étoiles, et l’abaissement de l’âge de la retraite pour tous. Un programme totalement irréaliste du point de vue des marchés et de Bruxelles. Car la troisième économie de la zone euro n’a pas du tout les moyens de ses ambitions. C’est aujourd’hui la plus endettée en valeur absolue. Sa dette équivaut à 130 % de son PIB, c’est mieux que la Grèce avec un endettement représentant 177 % du PIB, mais cette dette se monte à 2000 milliards d’euros. Tandis que celle de la Grèce ne pèse que 320 milliards d’euros. C’est ce changement d’échelle qui rend un éventuel dérapage des finances publiques italiennes potentiellement explosif pour toute la zone euro.

    L’Italie peut-elle revivre aujourd’hui la crise qu’elle a connue en 2012 ?

    C’est l’un des épisodes les plus dramatiques de la crise de la dette souveraine avec un taux d’emprunt italien grimpant jusqu’à 7 %. C’est alors que Mario Monti est appelé au gouvernement pour administrer dans l’urgence un plan drastique d’austérité. Ces derniers jours le marché de la dette s’est tendu, le taux d’emprunt à dix ans de l'Italie a franchi hier soir la barre des 2%, c’est encore très loin des niveaux stratosphériques de 2011-2012. Car entre-temps la configuration du marché de la dette a totalement changé. En faveur de l'Italie. Un stabilisateur de premier plan est aujourd'hui hyper présent. C'est la banque centrale européenne. A travers sa politique de rachat de dette, mis en place pour soutenir la croissance dans la zone euro, elle détient aujourd'hui indirectement près de 20% de la dette publique italienne, la BCE est l'un des meilleurs garants du Trésor italien. La BCE selon Alan Lemangnen de Natixis contribue à cette relative stabilité des taux. Il n'y a donc pas à court terme de risque de défaut et donc de crise de la dette souveraine, mais à moyen terme si les populistes font ce qu'ils ont dit ce risque va très vite réapparaitre.

    Les populistes pensent éviter la crise en pariant sur la croissance pour financer leur programme

    Ce pari fait tiquer les économistes. Car l'Italie est aujourd'hui le pays de la zone euro où la croissance est la plus poussive. Elle devrait être cette année de +1,4%, c'est la plus faible performance de toute l'Union européenne. C'est bien insuffisant pour augmenter les recettes fiscales, surtout quand on prévoit de réduire les impôts et des ménages et des entreprises. Si la Ligue et le Mouvement 5 étoiles mettent en oeuvre leurs promesses électorales, l'économie italienne pourrait basculer dans la récession. La faiblesse de la croissance sur le long terme est le vrai risque qui pèse sur l’Italie selon Alan Lemangnen.

    Cela pourrait affecter la santé déjà précaire des banques italiennes

    Le système bancaire est le maillon faible de l’économie italienne. En valeur, les banques de la péninsule détiennent aujourd'hui le record européen de créances douteuses, c'est-à-dire de prêts qui ne leur seront probablement jamais remboursés. En cas de baisse de l'activité, le niveau de ces créances douteuses va grimper et les mettre à nouveau en situation de grande détresse, voire d'insolvabilité. Etant donné qu'elles ont dans leur portefeuille une bonne partie de la dette publique de l'Italie, leurs difficultés déboucheront mécaniquement sur une nouvelle crise de la dette. Voilà le grand danger qui guette l'Italie et effraie ses partenaires européens.

     

    EN BREF

     

    Aux Etats-Unis, l'automobile américaine pourrait à son tour être protégée par l'imposition de nouveaux droits d'entrée. C'est l'objectif de l'enquête ouverte hier par la maison blanche sur les importations de voiture, de camion et de pièces détachées. Dans sa croisade pour l'America First Donald Trump envisage une hausse de 20 à 25% des taxes sur les voitures importées. De quoi raviver la guerre commerciale qu'il a déclenchée avec la hausse des taxes sur l'acier et l'aluminium.

    La Banque centrale de Turquie est venue hier soir au secours de la livre, en pleine débandade depuis quelques jours. Une glissade du plus mauvais effet à un mois des élections. Le taux directeur a été ramené à 16,5% et cela a immédiatement fait rebondir la monnaie turque. La livre, comme le peso argentin, souffre de la robustesse du dollar. Elle a perdu 30% de sa valeur en un an.


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