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    Après l'accord de Paris sur la Libye, Moncef Djaziri se dit sceptique

    Sommet de Paris sur la crise libyenne le 29 mai 2018 au palais de l'Elysée: à la table des discussions Kalifa Haftar, Aguila Saleh Issa et Fayez al-Sarraj. Etienne Laurent/Pool via Reuters

    Mardi 29 mai à Paris, les quatre principaux responsables libyens se sont entendus pour organiser des élections le 10 décembre 2018. Mais le professeur Moncef Djaziri, de l'Institut d'études politiques de Lausanne, doute que le délai puisse être respecté.

    Rfi : Moncef Djaziri, les quatre principaux responsables libyens se sont entendus sur le principe d’élections le 10 décembre prochain. Est-ce une bonne nouvelle ?

    Moncef Djaziri : Le principe des élections c’est toujours une bonne nouvelle. La question est de savoir si c’est faisable et c’est si réaliste, compte tenu de la question d’une base constitutionnelle et en plus la loi électorale.

    La nouveauté, mardi 29 mai, par rapport à la réunion de La Celle-Saint-Cloud de juillet dernier, c’est qu’il y avait non seulement le Premier ministre Fayez al-Sarraj et le maréchal Haftar, mais aussi les présidents de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’Etat. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Moncef Djaziri, maître d’enseignement et de recherche honoraire à l’université de Lausanne, en Suisse. https://cigpa.org

    Je pense que c’est toujours constructif d’avoir réuni des partis qui paraissaient ne pas vouloir se réunir sous le même toit, si je peux dire. Donc ça, c’est un point positif. Mais en même temps, cette réunion de la Chambre des représentants à Tobrouk et du Haut Conseil d’Etat à Tripoli, les reconnaître et les placer au même niveau d’égalité, pose un problème, parce qu’en fait, ces deux institutions ne se reconnaissent pas comme telles. Et donc, elles ne sont pas prêtes de collaborer, de travailler ensemble.

    Le Haut Conseil d’Etat n’est-il pas le représentant de Misrata, c’est-à-dire d’une composante très importante de la solution libyenne ?

    C’est un fait. Le Haut Conseil d’Etat est en effet une organisation où les gens de Misrata sont très puissants et très présents et donc leurs voix comptent. Mais la question est de savoir si ces gens sont capables de travailler ensemble. Et je crains que non.

    Les participants à cette conférence de Paris se sont engagés, d’ici le 16 septembre prochain à adopter une base constitutionnelle et des lois électorales en vue des élections de décembre.

    Oui en effet. Il se sont engagés. La question est de savoir ce que cela veut dire exactement. Parce que, vous avez noté, comme moi, que le président Macron a bien souligné le fait que les différentes parties ont refusé de signer la déclaration commune, prétextant du fait qu’il faut qu’elle soit adoptée d’abord par ceux qu'ils représentent avant de la signer. Donc, cela signifie en tout cas que leur engagement est tout relatif.

    Mais pour revenir à votre question - la base constitutionnelle -, cette formule n’est pas très claire, parce qu’elle recouvre une ambiguïté et renvoie à deux choses différentes. Soit une Constitution, qui doit être adoptée au terme d’un référendum, soit, simplement, revenir à la proclamation constitutionnelle de 2011. Et s’il s’agit de revenir à la proclamation de 2011, le Haut Conseil d’Etat refuserait de travailler sur ce scénario-là comme base, parce que le Haut Conseil d’Etat a toujours défendu l’idée qu’il faut adopter une Constitution préalablement à toute élection.

    Deuxième point important : reste la loi électorale elle-même. Et l’élaboration de cette loi prendra beaucoup de temps et suscitera beaucoup de discussions, en particulier par rapport à tous ceux qui ont été exclus, qui étaient privés de leur droit politique. C’est-à-dire les anciens Kadhafistes. Et le Haut Conseil d’Etat est très sceptique à l’idée de redonner des droits politiques à ceux qui ont été exclus politiquement en 2011.

    C’est vrai que les kadhafistes n’étaient pas présents hier à Paris. Mais malgré toutes les réserves que vous formulez, professeur, est-ce que le fait que pour la première fois les quatre principaux responsables libyens aient accepté d’être ensemble dans une salle n’est quand même pas bon signe pour l’avenir ?

    C’est un signe qui est plutôt positif en soi. Réunir ces différentes personnes autour d’une même table cela ne peut être que positif. La question est de savoir si cela peut aider par rapport à l’objectif du 16 septembre et du 10 décembre qui est l’échéance pour l’organisation des élections parlementaires et présidentielle. Parce que les divergences sont profondes.

    Dans le dernier numéro de la revue Politique internationale vous publiez des propositions pour une sortie de crise et vous suggérez de reporter les élections à 2020. Pourquoi ?

    Sur la base du constat de ces difficultés. C’est-à-dire les difficultés d’élaborer un projet de Constitution et les difficultés de préparer des élections dans une échéance raisonnable. L’échéance de fin d’année est une échéance qui n’est pas réaliste, qui n’est pas faisable. L’expérience le démontrera, je serai peut-être démenti également. Donc, c’est sur cette base-là que je propose de sortir de ce cadre de l’accord politique et d’envisager une nouvelle période de transition de deux ans.

    L’envoyé spécial de l’Onu en Libye Ghassan Salamé vous réplique que les Libyens veulent des élections. La preuve : le très fort engouement pour les inscriptions sur les listes électorales depuis le mois de décembre 2017.

    C’est vrai qu’il y a un certain engouement pour ces élections. Simplement, le nombre d’inscrits est bien en-deçà de ce qu’il devrait être normalement. Puis le deuxième point : vous savez qu’il y a eu ce dialogue humanitaire qui a été organisé en Libye – c’est-à-dire plusieurs rencontres en vue de préparer le Congrès national de Réconciliation. Le Centre de dialogue humanitaire à Genève, sous l’égide de la mission des Nations unies en Libye, a organisé 42 réunions avec 27 villes de Libye et 2 500 personnes ont participé à ces 42 réunions. Donc, qu’est-ce qu’il en ressort de ce rapport intermédiaire, le 14 mai 2018 - donc c’est tout récent -, ce que les gens ont demandé c’est un Etat fort, capable de  sécuriser les biens et les personnes. Il est très peu question, dans ces réunions, d’élections et de processus électoral.


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