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    Jacques Maire (LREM): «Le rapprochement avec le Rwanda signifie une vision commune d’un passé révolu et une construction d’avenir»

    Jacques Maire, député LREM, vice-président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. ChahraM92/wikimedia.org

    Notre invité est le député français Jacques Maire. Elu de La République en marche, il est l’un des vice-présidents de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. L’acquittement de Jean-Pierre Bemba, le rapprochement de la France avec le Rwanda ou encore la prochaine élection présidentielle au Mali: sur tous ces sujets, ce pilier de la majorité donne à RFI son point de vue.

    RFI : Jean-Pierre Bemba a été acquitté par la CPI la semaine dernière, l’ancien vice-président congolais est désormais en liberté provisoire, cette décision surprise va-t-elle rebattre les cartes pour la présidentielle de décembre selon vous ?

    Jacques Maire : D’abord, c’est une grosse déception. Je pense à toutes les victimes, à toutes les personnes qui se sont battues, qui ont été auditées et qui ont témoigné durant cette très longue période d’instruction. Et c’est vrai que du point de vue de la CPI, je peux comprendre l’aspect formel du respect de l’Etat de droit et du sérieux de la justice internationale. Et en même temps, du point de vue des victimes c’est quelque chose de profondément affligent. Alors est-ce qu’il peut y avoir des conséquences sur-le-champ politique intérieure ? Peut-être, rien n’est sûr. On sait que c’est un candidat potentiel pour la présidentielle. On sait qu’il a un historique dans le pays qui peut donc perturber les cartes. Je ne suis pas sûr que ce soit un élément pour inciter Kabila, effectivement, à respecter les échéances.

    Pour rester sur l’Afrique centrale, Emmanuel Macron soutient la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’OIF. Qu’attend la France d’un rapprochement avec le Rwanda ?

    Beaucoup de choses. D’abord, le fait que la francophonie ne peut pas ne pas prendre en considération des pays qui se sont éloignés pour des raisons politiques à un moment donné et qui font signe de vouloir se rapprocher. D’autre part, il y a quand même une performance de l’équipe rwandaise au-delà de nos différends politiques, qui est remarquable du point de vue du développement interne. Et puis le troisième point c’est un point relatif à la bonne gouvernance, y compris au sein de l’OUA. Et de ce point de vue, la présidence Kagame était très importante. Elle apporte des choses qui sont, je dirais, des améliorations en termes de fonctionnement, d’efficacité et de dynamique. Donc, quand il y a ce rapprochement avec le Rwanda, c’est un rapprochement qui signifie une vision commune d’un passé qui doit être mis derrière nous, une construction de l’avenir.

    Mais depuis la déclaration de Bamako de novembre 2000, l’OIF doit défendre les valeurs de démocratie et des droits de l’homme. Si elle est élue, Louise Mushikiwabo, sera-t-elle la mieux placée pour défendre ces valeurs au regard de la situation de démocratie et des droits de l’homme au Rwanda ?

    C’est une bonne question. C’est-à-dire que dès que vous faites de toute façon appel à un président africain vous avez aussi des questions qui peuvent se poser. Et Boutros Boutros-Ghali était égyptien, la situation des droits de l’homme en Egypte n’était pas excellente du temps des régimes militaires précédents. On peut dire qu’Abdou Diouf est un cas un petit peu différent. Le Sénégal est une forme de modèle. Mais il y a d’une part l’OIF et puis il y a aussi l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Et moi, je le sais pour en être membre. On fait des revues de politiques intérieures de chacun des pays, notamment de la région Afrique, avec des appréciations politiques totalement dénuées de contraintes et avec des mesures, parfois des mesures de sanctions, qui peuvent exister au sein de la francophonie, vis-à-vis de pays qui se situent réellement en marge des droits de l’homme.

    Venons-en au Sahel, une région que vous connaissez bien. Dans un mois et demi, les élections présidentielles doivent se dérouler au Mali. Les conditions sont-elles réunies pour que ce scrutin se tienne en temps et en heure ?

    Je ne peux pas me poser la question dans ces termes. Il y a des échéances électorales. Elles sont prévues effectivement en juillet pour la présidentielle et en novembre pour les législatives. Je pense qu’il faut tout faire pour qu’elles se tiennent et dans de bonnes conditions. On sait très bien qu’au Mali les conditions ne sont jamais excellentes pour des raisons à la fois de coût, d’organisation, d’efficacité de l’Etat et de sécurité surtout, mais rien ne doit nous détourner de l’objectif de respecter ces échéances.

    Que sont devenus les 2 milliards d’euros d’aides versées au Mali depuis la conférence de Bruxelles de 2013 ? Certains dénoncent une corruption généralisée. Pourquoi vous n’en parlez pas, de cette corruption qui visiblement est existante dans le pays ?

    J’en parle. J’en parle beaucoup et j’en suis très préoccupé. D’abord, 2 milliards c’est plutôt annoncé, engagé que décaissé. Vous ne pouvez pas imaginer les volumes qui sont annoncés et qui ne sont pas décaissés, parce que, justement, les conditionnalités ne sont pas respectées ou parce que les critères de bonne gouvernance ne sont pas là. Ceci dit il y a quand même de la corruption. Je pense que c’est dramatique. Je pense que cela ne concerne pas que le Mali. Et le problème est généralisé dans l’ensemble du Sahel, mais avec une intensité particulière dans tel ou tel pays. Ça c’est clair et notamment au Mali.

    Qu’est-ce qui est le mieux pour le Mali pour le 29 juillet prochain ? La continuité ou le changement, selon vous ?

    Je ne me permettrais pas de porter un jugement de valeur. Ce que je souhaite simplement c’est une meilleure gouvernance, un Etat qui marche mieux et puis un Parlement qui joue plus son rôle dans l’équilibre des pouvoirs.

    Justement, on va parler du Parlement malien et de l’ensemble des parlements, puisque vous avez lancé vous-même cette initiative parlementaire avec les parlements des pays du G5, initiative que vous avez lancée la semaine dernière. Est-ce que vous pouvez nous en donner un petit peu les détails en quelques mots ?

    La question qui se pose aujourd’hui c’est l’efficacité de l’aide et c’est aussi l’efficacité, la perception et l’appropriation de ce que signifie l’aide militaire et civile par les populations. Et aujourd’hui, cette affaire est perçue comme étant uniquement du fait des exécutifs et plutôt pas très bien gérée, avec des risques de corruption. Donc, ce que nous souhaitons faire, nous, les parlementaires des pays bailleurs et les parlementaires des pays bénéficiaires, c’est mettre cette aide internationale sous un meilleur contrôle démocratique des parlements.

    Vous êtes président du Groupe d’Amitié France-Niger. Niamey est l’un des principaux alliés de Paris dans la région. Plusieurs personnes de la société civile sont en prison depuis la fin du mois de mars. Leur faute : avoir manifesté contre le projet de loi de finances. Est-ce que le Niger est, selon vous, une démocratie exemplaire aujourd’hui ?

    Un : c’est une démocratie. Deux : exemplaire, cela dépend à l’aune de quoi. A l’aune de ce qui se passe, effectivement, dans une bonne partie des pays d’Afrique c’est plutôt dans la très bonne moyenne. Mais ce n’est pas une démocratie exempte de critiques du tout. Pour reprendre ces exemples-là, je suis très intéressé à écouter ceux qui sont au plus proche des personnes qui ont été interpellées. Mais, il faut quand même dire les choses, il y a eu des manifestations qui ont été interdites, des émeutes, il y a eu du bris de biens publics… Et les motifs d’inculpation et d’incarcération ne sont pas liés à des motifs politiques ou de sédition. Ils sont liés à des délits de droit commun. L’application de la loi ne me choque pas. Après, comment est-elle appliquée ? Avec justesse ? Avec des biais ? Ça, c’est quelque chose sur laquelle je suis prêt à regarder. Je vais recevoir dans quelques jours les personnes qui, à Paris, sont intéressées à la situation de l’opposition au Niger pour effectivement avoir un dialogue franc avec eux et les écouter.


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