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    Bosnie-herzégovine, un cul-de-sac pour les migrants

    Un migrant handicapé âgé partage une cigarette avec d'autres alors qu'il se réfugie à l'extérieur de la gare de Sarajevo à Sarajevo le 23 juin 2018. AFP/Elvis Barukcic

    Alors que le sommet européen vient difficilement de parvenir à un accord fragile sur la gestion des flux migratoires, la Bosnie-Herzégovine se transforme en véritable cul-de-sac où convergent migrants et réfugiés qui empruntent la voie terrestre des Balkans.

    Depuis le début du printemps, migrants et réfugiés sont de plus en plus nombreux à arriver en Bosnie-Herzégovine. Ils se concentrent dans la région de Bihac, située au nord-ouest du pays, qui forme comme une pointe enclavée dans le territoire de la Croatie, membre de l’Union européenne, mais pas de l’espace Schengen. Ces derniers jours, au moins 700 personnes se sont entassées dans un ancien pensionnat situé dans la périphérie de la ville de Bihac. Le bâtiment, abandonné depuis plusieurs décennies, tombe en ruines, mais les réfugiés, originaires de Syrie, d’Irak, de Palestine, d’Afghanistan, d’Irak, d’Iran, mais aussi du Maghreb, de Côte d’Ivoire, du Nigeria ou même d’Ukraine campent sur le sol de béton et dans les coursives et les escaliers couverts de tags.

    La Croix Rouge locale distribue un repas chaud par jour, tandis que 1 500 à 2 000 autres réfugiés dorment dans les parcs de la ville ou squattent des maisons abandonnées. La situation est encore plus critique à Velika Kladusa, une petite cité située à 80 km au nord de Bihac, accolée à la frontière croate. Là aussi, près de 2 000 personnes survivent dans des conditions extrêmement précaires, dans des squats ou un camp de fortune établi près de la petite rivière qui coule en contrebas de la ville. Quelques volontaires internationaux sont présents, mais aucune ONG n’a encore établi de mission fixe, si bien que ces réfugiés ne peuvent compter que sur la solidarité de la population locale. Le patron d’une pizzeria, aidé par une quinzaine d’amis, offre ainsi depuis plusieurs mois un repas chaud à 500 personnes par jour. Les habitants se cotisent pour acheter des vivres. Pour leur part, les autorités locales d’une Bosnie toujours divisée entre multiples niveaux de compétence, pratiquent la politique de l’autruche ou se refilent la patate chaude, ce qui permet à tout le monde de ne rien faire.

    D’où viennent ces réfugiés ?

    Beaucoup viennent de Serbie, où ils ont vécu durant plusieurs mois dans des camps, tentant, sans succès, de franchir les frontières fermées de la Hongrie ou de la Croatie. A Bihac, beaucoup de gamins afghans ou syriens parlent ainsi très bien le serbe, ce qui leur permet de communiquer avec la population bosnienne. Beaucoup d’autres, néanmoins, arrivent directement en Bosnie-Herzégovine de Turquie, après avoir traversé la Grèce, la Macédoine, l’Albanie et le Monténégro. C’est en réalité une nouvelle route des Balkans qui est en train de se reconfigurer. La possibilité de se rapprocher des frontières croates pourrait aussi attirer les dizaines de milliers de réfugiés qui sont toujours bloqués en Grèce depuis la fermeture des frontières de la région en mars 2016.

    Mais ont-ils une chance de parvenir à passer en Croatie et de poursuivre leur route ?

    Les frontières de la Croatie demeurent fermées, mais Zagreb ne peut pas contrôler sa frontière avec la Bosnie, longue de plusieurs centaines de kilomètres, dans des zones de montagne très peu peuplées. Chaque jour, des dizaines de réfugiés parviennent donc à passer, mais ils ne vont souvent pas bien loin. En effet, la police croate patrouille sur toutes les routes de la Krajina, une région très fortement touchée par les combats des années 1990. Les réfugiés marchent la nuit en se cachant, traversant des villages abandonnés depuis la reconquête croate de l’été 1995, mais ils se font presque toujours arrêter avant d’avoir pu atteindre les frontières de la Slovénie, porte d’entrée dans l’Espace Schengen. La police croate déporte immédiatement en Bosnie-Herzégovine les « clandestins » arrêtés, sans même leur laisser la possibilité de demander l’asile, au mépris de toutes les procédures européennes. Près des postes-frontière de la région, on peut aisément croiser, le long des routes, des groupes de renvoyés qui reviennent en Bosnie, dont des familles avec de nombreux enfants. Si les frontières croates demeurent ainsi fermées, et sans réponse européenne adaptée, la situation dans le nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine pourrait vite prendre la dimension d’une véritable catastrophe humanitaire.


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