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    Jules Caron (Global Witness): «Le code forestier n'est pas appliqué» en RDC

    Une photo prise en 2016 près de Butembo. AFP/Eduardo Soteras

    Abattage d’espèces d’arbre menacées, non-respect des lois... La forêt de la République démocratique du Congo est menacée par l’exploitation forestière industrielle. C’est en tout cas ce qu’affirme dans son dernier rapport l’ONG Global Witness qui demande aux pays importateurs de bois, dont la France, de prendre des mesures. Dans son document « Echec total du système », Global Witness se concentre sur le grand propriétaire de concessions forestières en République démocratique du Congo. Jules Caron, auteur du rapport, répond aux questions de Léa-Lisa Westerhoff.

    RFI: Vous dites que l’entreprise Nordsudtimber opère illégalement sur 90 % de ses sites. Dans leur activité, qu’est-ce qui est illégal exactement ?

    Jules Caron : Nordsudtimber, basée au Liechtenstein, contrôle, via ses filiales en RDC, 20 concessions forestières, ce qui représente une superficie au-dessus de 40 000 km2 et à peu près la même taille que la Suisse. Parmi ces vingt concessions, dix-huit sont en train d’opérer illégalement.

    Comment ça illégalement ?

    Cela veut dire concrètement qu’il y a toute une série de concessions qui sont en train d’opérer sans plan d’aménagement. Un plan d’aménagement, c’est un document très technique et c’est ce document qui est le cœur de la gestion durable des forêts. Sans ce document qui explicite, sur une période de 25 ans, où l’entreprise va couper et combien elle va couper, il est impossible d’opérer durablement. La législation congolaise est très claire. Si une concession n’a pas de plan d’aménagement, cinq ans après la signature du contrat, la concession doit revenir à l’Etat.

    Vous avez aussi fait des photos qui révèlent que Nordsudtimber opère en dehors des parcelles qui lui ont été attribuées.

    Nous avons entrepris une analyse satellite et nous avons trouvé que dans toute une série de concessions, l’opérateur forestier était en train de couper en dehors des périmètres autorisés.

    Que cherchez-vous à dénoncer dans ce rapport ? C’est l’impunité avec laquelle les opérateurs industriels du bois opèrent au Congo, sans respecter aucune règle ?

    En premier lieu, nous appelons au gouvernement de la RDC ainsi qu’au ministre de l’Environnement à s’assurer que le droit soit appliqué, que le code forestier soit appliqué à travers tout le secteur. Ce rapport démontre une impunité qui règne dans le secteur. Il y a trois ans, nous avons publié un rapport qui parlait aussi d’impunité dans le secteur. Il est temps maintenant que le gouvernement de la RDC montre clairement qu’il a toutes les intentions d’assurer que le code forestier soit appliqué.

    Quelle est la responsabilité de l’Europe et de la France là-dedans ?

    Il existe également des normes européennes, justement pour s’assurer que le bois d’origine illégale n’entre pas dans les marchés européens. Nordsudtimber possède 20 des 57 concessions forestières, autrement dit, 40% de la superficie forestière exploitée en RDC. Depuis des années, Global Witness et beaucoup d’autres ONG internationales et nationales parlent de l’impunité dans le secteur. Cela veut dire que le droit et le code forestier ne sont pas appliqués, que les illégalités ne sont investiguées ni sanctionnées.

    Il existe un instrument juridique européen - le règlement de bois de l’Union européenne - qui interdit le commerce ou l’importation de bois d’origine illégale. La France et le Portugal sont parmi les plus grands importateurs de bois de Nordsudtimber. Il est grand temps que ces deux pays appliquent le droit européen, commencent à enquêter sur les importations de bois de Nordsudtimber et sanctionnent les entreprises et les importateurs de bois d’origine illégale. L’un des piliers de la gestion durable des forêts, c’est le fait que les illégalités soient sanctionnées. Tant que les illégalités ne sont pas sanctionnées dans le pays, à aucun moment on ne pourra parler de gestion durable des forêts en RDC.

    Est-ce à dire, selon vous, qu’aucune exploitation industrielle durable de la forêt n’est possible, en RDC ?

    Un grand scientifique a dit que couper du bois tropical pour se développer c’est comme brûler des tableaux de la Renaissance pour se chauffer un dîner. L’exploitation du bois en RDC n’est pas un moteur de développement. 60% de ce que Nordsudtimber exporte du pays, sont des arbres d’espèces menacées et elles sont menacées notamment parce qu’il y a une surexploitation. Notre rapport montre clairement que le modèle, tel qu’il est appliqué actuellement, ne fonctionne pas. Les arbres par exemple qui sont coupés prennent jusqu’à 200 ans pour atteindre un diamètre de 60 cm qui généralement correspond au diamètre minimum d’exploitation.


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