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    Algérie (Série 2/3): sur les pistes de la diversification, le secteur industriel

    L’entreprise IMC produit du matériel médical à destination des hôpitaux algériens. Photo prise le 28 juin 2018. RFI/David Baché

    Deuxième volet de notre série sur la diversification de l'économie algérienne consacrée au secteur industriel. Cela fait des années que l'Algérie parle de réduire la dépendance de son économie aux hydrocarbures. Pas question néanmoins pour le pays de cesser d'exploiter le pétrole et le gaz, ses plus grandes richesses, mais les autorités et surtout le secteur privé cherchent aujourd'hui à développer leur industrie, ou plutôt à la redévelopper. 

    Des seringues, des perfuseurs, les cartons qui sortent des chaînes de l'entreprise IMC approvisionnent principalement les hôpitaux algériens. L'industrie pharmaceutique nationale – plus de 200 entreprises – est en expansion. Aujourd'hui, l'Algérie importe, en valeur, 50% de ses produits médicaux.

    Nadir Abderrahim, directeur général de l'entreprise IMC : « L’objectif principal à travers des associations de producteurs, même les autorités, on s’est fixé une couverture de 70% en valeur. Ce qui manque en Algérie actuellement, c’est de passer à la production de produits plus innovants et plus complexes. »

    Principales difficultés : un plafonnement des marges, spécifique au secteur pharmaceutique, et une monnaie algérienne qui se dévalue et rend donc plus chers les matériaux d'importation. L'industrie, hors hydrocarbures, ne contribue qu'à 5% au PIB algérien. Il y a trente ans, elle représentait 35% de la richesse nationale. Mais la chute des prix du baril a rappelé aux autorités l'importance de ce secteur : Alger exonère les industriels de taxes sur les matériaux importés, pas d'impôt pendant les cinq premières années de production, accès facilité au foncier.

    Comment diversifier l'économie algérienne ?

    Rafik Bouklia Hassan est économiste à l'Université d'Oran. Il a participé à la rédaction, pour le gouvernement, d'une stratégie sur la diversification de l'économie algérienne. Pour lui, la priorité, c'est l'industrie : « Il y a un énorme potentiel industriel qui demande à être exploité. C’est le secteur structurant par excellence. Donc si l’on veut exporter et bien l’industrie doit être à la pointe… »

    Autres pistes privilégiées : l'automobile et les télécommunications. Djamel Guidou dirige le groupe Iris, spécialisé depuis 14 ans dans l'électronique, l'électro-ménager et la téléphonie. « Iris a évolué de manière exponentielle, assure-t-il. Nous avons commencé avec une trentaine d’employés. Nous sommes aujourd’hui plus de 3 300 employés. Nous avons commencé avec une simple unité de montage, nous sommes actuellement à 9 unités de production automatisées et deux méga-complexes en voie de préparation. Ce qui va nous permettre de fabriquer plus d’un million de téléviseurs et plus de 2 millions de smartphones et tablettes. »

    Iris se lance aussi dans la fabrication de pneus algériens. Ses produits sont essentiellement destinés au marché national, mais à l'instar d'autres entreprises algériennes, Iris commence à exporter, vers les voisins nord-africains et le Moyen-Orient.


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