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    Bob Kabamba: «Kinshasa est en difficulté sur plusieurs points avec la communauté internationale»

    Le président congolais Joseph Kabila, lors d'une conférence de presse, le 26 janvier 2018, à Kinshasa. REUTERS/Kenny Katombe

    La visite était programmée depuis plusieurs semaines. Hier mardi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, devaient se rendre à Kinshasa pour y rencontrer Joseph Kabila. Mais dimanche dernier, le président congolais a annulé le rendez-vous. « Cette visite est inopportune en ce moment », a expliqué l'un de ses conseillers. Pourquoi ce rendez-vous manqué ? Bob Kabamba est professeur de sciences politiques à l'université de Liège, en Belgique. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Pourquoi Joseph Kabila a-t-il annulé la rencontre qui était programmée hier à Kinshasa avec le secrétaire général de l’ONU et le président de la commission de l’Union africaine ?

    Professeur Bob Kabamba : Je pense que les autorités de Kinshasa sont en difficulté sur plusieurs points avec la communauté internationale, notamment sur la question du financement du processus électoral. Ce qu’il faut savoir c’est que, depuis les engagements pris par Joseph Kabila pour financer ces élections, à l’heure d’aujourd’hui, ces financements posent problème. D’autre part, il y a aussi toujours la question de la machine à voter pour laquelle il n’y a toujours pas de consensus. Il y a aussi des problèmes de décrispation politique avec la possibilité pour certains candidats de pouvoir postuler à la magistrature suprême. Et surtout la dernière question importante, c’est celle de sa candidature, sa potentielle candidature, Joseph Kabila, à la présidentielle du 23 décembre. Il y a toutes ces questions, et comme le Congo n’a pas de réponse, le Congo préfère ne pas rencontrer ces différentes personnalités pour ne pas répondre à ces différentes questions.

    Lors de ses deux dernières prises de paroles, le 26 janvier en conférence de presse et le 30 juin dans un discours radiotélévisé, le président Kabila a refusé de dire formellement qu'il ne briguerait pas un troisième mandat conformément à la Constitution. Qu’est-ce que cela signifie à votre avis ?

    Justement, c’est toutes ces questions auxquelles il ne veut pas répondre. Le fait qu’il ne se prononce pas remet en question cet accord [de la Saint-Sylvestre 2016] sur sa non candidature. D’autre part aussi, il y a au niveau de Kinshasa des faits qui montrent que Kabila pourrait se présenter notamment en essayant de créer un front de tous les partis politiques pour soutenir une éventuelle candidature unique de la majorité. Nous sommes déjà au mois de juillet, à quelques mois de l’échéance du 23 décembre, et on n’a toujours pas de dauphin. Et donc de ce fait là, on présume, il se pourrait, que le président Kabila pourrait déposer quand même une candidature aux élections du 23 décembre, ce qui serait tout à fait anticonstitutionnel.

    Alors vous parlez de cette plateforme FCC, le Front commun du Congo. Cette plateforme pro Kabila annonce qu’elle soutiendra une seule candidature sur la base d’un programme commun. On s’attend donc à une annonce d’ici le 8 août prochain, date de la clôture des candidatures. Qui sera à votre avis ce candidat ?

    Le FCC est un conglomérat de plusieurs personnalités qui ont chacune des ambitions présidentielles et, si ce n’est pas Kabila qui est candidat unique déclaré par ce front, ce front va éclater. C‘est pour ça d’ailleurs que je suis convaincu que la plateforme ne pourra pas désigner un dauphin dans les prochaines semaines. Et c’est ça aussi qui accrédite la thèse d’une potentielle candidature de Joseph Kabila aux élections du 23 décembre 2018.

    Le Collectif des laïcs catholiques, le CLC, a programmé de nouvelles actions les 12, 13 et 14 août prochain, juste après la clôture des candidatures du 8 août. Pensez-vous que le CLC a déjà anticipé une candidature du président sortant ?

    Je pense effectivement que le CLC veut maintenir la pression sur Kabila, sur cette question justement de sa non candidature aux élections du 23 décembre. Par ailleurs, il faut aussi souligner qu’au niveau international, il est demandé au président Kabila de pouvoir s’exprimer clairement avant cette date pour lever toute équivoque quant à sa participation. Les pays voisins ne sont pas prêts à accepter qu’il y ait à nouveau un Congo déstabilisé, qui va les impacter.

    Si Joseph Kabila annonce sa candidature, comment réagiront la communauté internationale et les Etats-Unis ?

    Il y a plusieurs pistes qui sont déjà sur la table de plusieurs chancelleries aussi bien africaines qu’internationales. Il y a d’une part une option qui serait clairement qu’il y ait une intervention militaire sur le territoire congolais pour rétablir ce qu’on pourrait appeler l’ordre constitutionnel. Et au niveau de l’Union africaine, il va de soi que, lorsqu’il y a un coup d’Etat ou un renversement d’ordre constitutionnel, il y a toujours une option de pouvoir demander aux pays d’intervenir pour rétablir l’ordre constitutionnel. Deuxième option, ce serait une option de transition avec un autre président qui pourra organiser ces élections. La dernière option ce serait aussi une espèce de révolte du fait que la population va descendre dans la rue suite à l’appel de plusieurs organisations, par exemple le CLC. Ces manifestations pourraient aboutir à une espèce de renversement de situation du Congo.

    Quels sont les différents types de sanctions qui sont envisagées par Washington ?

    Alors il y a d’abord les sanctions individuelles, les Américains les ont déjà annoncées à plusieurs reprises. C’est-à-dire toucher individuellement les personnes qui sont impliquées non seulement dans les violations des droits de l’homme mais aussi [les personnes] qui entravent le processus électoral. Deuxièmement il y a les sanctions de type étatique comme celles qui ont été prises contre l’Iran, c’est-à-dire interdire aux entreprises américaines de pouvoir traiter avec les entités publiques ou privées de la RDC et ça, ça pourrait avoir un impact fort sur le social et sur l’économie de la RDC.

    Est-ce que ce dernier type de sanctions pourrait viser les entreprises européennes qui font du commerce avec le Congo ?

    Bien entendu du fait que la plupart des entreprises qui travaillent au Congo, d’une part travaillent beaucoup plus en dollars qu’en euros, d’autre part font affaire avec le Congo alors qu’une grande part du secteur financier est garantie par le système du Trésor américain. Et donc certainement que les entreprises européennes et même asiatiques pourraient être touchées par ces sanctions. Celles-ci, ces sanctions pourraient toucher la RDC de manière directe comme c’est le cas pour l’Iran. Je vois mal comment le Congo pourrait s’en sortir et je vois mal comment la population congolaise pourrait accepter de vivre sous une tension et sous un régime oppresseur comme on est en train de le voir actuellement.


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