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    A la Une: Kabila partira? Partira pas?

    Le président Kabila lors de sa coférence de presse du 26 janvier 2018: pour l'UDPS, le débat lancé par le chef de l'Etat est dépassé. REUTERS/Kenny Katombe

    La presse congolaise et au-delà s’interroge ce matin, après l’annonce d’un discours du président Kabila demain jeudi devant les deux chambres du Parlement.

    « Un discours attendu, note le site d’information congolais Actualité.CD, qui interviendra à cinq jours de l’ouverture par la CENI, des bureaux de réception et de traitement des candidatures pour les élections législatives et présidentielle. Kabila n’a toujours pas désigné son dauphin alors que la constitution ne lui permet pas de briguer un nouveau mandat. »

    En effet, pointe Cas-Info, « à quelques jours du début de dépôt des candidatures pour la présidentielle, programmé du 25 juillet au 8 août, conformément au calendrier de la CENI, le Président Kabila sera très attendu notamment sur le processus électoral et sur sa possible candidature pour briguer un troisième mandat. »

    Pour Le Potentiel à Kinshasa, Joseph Kabila doit partir, mais… va-t-il le faire ? « Le président de la République n’a pas d’autres choix que de s’inscrire sur la voie de la raison, estime le quotidien congolais, à savoir crédibiliser le processus électoral par la décrispation politique et par la mise en œuvre, de bonne foi, des résolutions pertinentes de l’accord de la Saint-Sylvestre, seule feuille de route susceptible d’assurer un processus électoral apaisé et crédible. Jusque-là, poursuit Le Potentiel, rien ne prouve que le régime en place à Kinshasa veuille s’inscrire dans l’organisation des vraies élections réellement démocratiques devant consacrer l’alternance au sommet de l’État dans un climat apaisé. La majorité présidentielle et son autorité morale sont jusqu’à ce jour tentées par un forcing qui consisterait soit au blocage du processus électoral soit à un inconstitutionnel 3e mandat du président sortant. »

    Reprise en main de l’armée

    Signe inquiétant pour le site Afrikarabia : Joseph Kabila a récemment décidé de reprendre en main l’armée. Avec notamment « le retour aux affaires du très controversé John Numbi, nommé inspecteur général des FARDC. L’ancien chef de la police avait été suspendu de ses fonctions en 2010, après l’assassinat du célèbre militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana. »

    Pour Afrikarabia, « en remettant de l’ordre dans son système sécuritaire, Joseph Kabila envoie un double message. Tout d’abord à ses troupes, en indiquant qu’aucun pas de côté ne sera toléré, et ainsi prévenir son armée de toute velléité de coup de force. Le second message est à destination des Congolais eux-mêmes, lassés par un président qui semble vouloir s’accrocher au pouvoir. Le nouvel appareil militaire ne laissera aucune contestation renverser le pouvoir. En champion de la répression, John Numbi sera donc de nouveau aux avant-postes pour garantir le pouvoir en place à Kinshasa. »

    Alors, l’un des scénarios probables, avance le site congolais Politico, serait que « Kabila se préparerait à quitter le pouvoir, au profit d’un de ses proches, mais voudrait toutefois garder la mainmise sur la gestion de la Res-publica (la chose publique), avec la nomination de ses hommes à des postes clés », notamment donc au sein de l’appareil militaire.

    L’enjeu : la démocratie et l’alternance

    Alors, « partira ? Partira pas ? », s’interroge également L’Intelligent à Abidjan. « A six mois de l’élection présidentielle, la question reste posée. On en parle au conseil de sécurité de l’ONU ou encore à l’Union africaine. Que faire pour sortir cette malheureuse République démocratique congolaise de ses malheurs politiques ? Joseph Kabila ne peut tenter un troisième mandat. Et, pourtant le président sortant lorgne ce “centre de gravité” politique. »

    Pour L’Intelligent, pas de doute, « Joseph Kabila doit partir. Aujourd’hui, cette idée est d’ailleurs celle des Américains exprimée à haute voix. Mais, exprimée sans conviction par l’Union africaine qui s’est érigée elle-même en zone “muette” en faveur des chefs d’Etat qui s’accrochent au pouvoir présidentiel. Reste, conclut le quotidien ivoirien, que l’enjeu pour la RDC en 2018 s’appelle démocratie et alternance. Aucun Congolais ne se satisferait du maintien de Joseph Kabila au pouvoir. »

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