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    Adama Gaye : « L’Afrique est géo stratégiquement importante pour la Chine »

    Le président chinois Xi Jinping assiste à un événement commémorant le 200e anniversaire de naissance du père fondateur du communisme Karl Marx au Grand Palais du Peuple, à Beijing, en Chine, le 4 mai 2018. Reuters

    Le président chinois Xi Jinping entame une série de visites d'Etat en Afrique. Après un passage aux Emirats arabes unis, il arrive ce samedi au Sénégal, puis se rendra au Rwanda et enfin en Afrique du Sud pour assister au 10ème sommet des BRICS, les pays émergents. Xi Jinping doit également s'arrêter au retour à l'Ile Maurice pour une « visite amicale ». Selon Adama Gaye, spécialiste des relations sino-africaines et auteur de « Demain, la nouvelle Afrique » aux éditions l'Harmattan, cette tournée africaine -la première depuis la réélection de Xi Jinping en mars dernier avec un mandat illimité- montre que pour le président chinois, au delà de la coopération économique, c'est la position géostratégique du continent qui compte. Surtout face aux puissances occidentales.

    Adama Gaye (spécialiste des relations sino-africaines)

    «-Demain, la nouvelle Afrique-» Adama Gaye-Editions l'Harmattan editions-harmattan.fr

    Rfi: La Chine est le premier partenaire économique du continent, depuis 2009. Est-elle en train de devenir aussi un partenaire militaire ?

    Adama Gaye: Absolument. Il y a un redéploiement dans les rapports internationaux et la Chine. En effet, elle fait l’objet d’une contestation vigoureuse de la part, en particulier, des Etats-Unis de Donald Trump qui la considère comme son adversaire, son rival stratégique dans ce XXIème siècle. Il lui faut donc trouver les voies pour se protéger, pour assurer son approvisionnement.

    Ce pays de 1,3 milliards d’habitants est un pays qui n’a pas de ressources naturelles, qui a 7 % de terres arables, qui a beaucoup de difficultés en matière de ressources en eau et qui, par conséquent, a besoin d’assurer sa sécurité, la sécurité de ses approvisionnements, la sécurité de ses exportations et même la sécurité de sa main-d’œuvre exportée à l’extérieur.

    Si bien qu’il lui faut avoir une relation géostratégique avec le continent africain. C’est pour cela que la Chine a lancé une base militaire à Djibouti et qu’elle a également lancé un projet de ceinture et de route qui va passer par l’Asie centrale et descendre jusque vers l’Afrique, à travers notamment des ports africains et des chemins de fer. Ainsi, si jamais les Etats-Unis décidaient de bloquer certains détroits essentiels au commerce international et notamment au commerce chinois, comme le détroit d’Ormuz, entre autres,  eh bien la Chine ne serait pas prise de court.

    C’est pour cela que l’Afrique est entrée dans la dynamique des dirigeants chinois comme un continent géostratégiquement important pour son destin, sa sécurité et son avenir sur le long terme.

    Cela veut-il dire que les relations entre la Chine et les pays africains évoluent ?

    Il y a des dogmes qui sont restés en place, à  savoir que la Chine ne va pas s’ingérer dans les affaires intérieures, que la relation étatique joue un rôle important et qu’elle considère la politique d’une seule Chine incluant Taiwan comme non négociable. La rhétorique du gagnant-gagnant continuera en place.

    Cependant et ce qui change aujourd’hui, c’est qu’il y a un nouvel empereur en Chine. Xi Jinping a des pouvoirs que les dirigeants récents de la Chine n’ont jamais eus. Il arrive donc, en Afrique, auréolé de ce statut. Il est en position de négocier, en force, sur le continent africain et il y vient pour essayer de trouver des alliés stratégiques dans une compétition globale.

    En effet, la Chine se projette comme la puissance du XXIème siècle. Il lui faut revisiter la relation avec le continent africain. Il faut dire que les Africains attendent davantage de cette coopération que la reproduction d’un modèle néocolonial.

    Je crois que le temps est venu pour un dialogue objectif franc, porté par les Africains, et exigeant une relation moins déséquilibrée de sorte que la rhétorique du gagnant-gagnant cesse de l’être dans le verbe et le devienne véritablement dans les faits et dans la pratique.

    Est-ce que l’on s’oriente, selon vous, vers une mondialisation qui serait dominée par la Chine ?

    Naturellement. A l’avenir, c’est la Chine qui sera l’étape pivot, l’étape fondamentale. L’Afrique, dans la perspective de la Chine, fait partie de ses alliés qu’elle préfère avoir à ses côtés car ce sont 54 Etats africains qui peuvent toujours lui être de secours, comme cela a été le cas lors de sa reconnaissance pour son retour à l’Assemblée générale de l’ONU, le 25 octobre 1971. Par ailleurs, ils savent que ce continent africain, avec son dividende démographique, ses matières premières, notamment ses minerais rares, son rôle géostratégique lié à la lutte contre le terrorisme mais aussi la conception, acceptée presque par tout le monde, que le 21ème siècle ne pourra pas se faire sans l’Afrique, la Chine tente de se positionner sur le continent africain. C’est le sens de cette visite.

    Les Chinois maintenant disent aux Africains : « Nous avons un modèle, nous avons même des partenaires et des acteurs qui peuvent venir mettre en œuvre ce que vous voulez faire avec nous ». N’oublions pas non plus la mise en place de mécanismes de financement avec la Banque chinoise de Développement ou encore la Banque asiatique des infrastructures. C’est une volonté de la Chine de sortir de l’ordre libéral contrôlé, pendant longtemps, par les puissances occidentales.

    Dans ce discours, toujours répété, qui veut que la Chine, malgré tout ce que l’on dit, reste un pays en développement et que, par conséquent, sa place naturelle est d’être à côté des pays en développement, cette rhétorique-là et ces discours qui éliminent les conditionnalités et qui présentent les pays africains à égalité, c’est cette offre-là que la Chine, en termes de marketing, vient donner aux pays africains. Au même moment, les pays occidentaux restent, jusqu’à présent, très directifs et ne parviennent pas à comprendre qu’il y a une Afrique qui a besoin de s’émanciper, qui est autonome et qui veut parler de façon libre vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.


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