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    L'indépendance de l'Eglise ukrainienne synonyme de séisme politique pour la Russie

    Le Patriarche Filaret de l'Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev s'exprime lors d'une conférence de presse à Kiev le 1er décembre 2017. AFP/Genya Savilov

    A Kiev, débute une journée qui pourrait s'avérer historique. On célèbre aujourd'hui dans la capitale ukrainienne le 1 030e anniversaire du baptême de la Rus' de Kiev, cet Etat médiéval dans lequel, à la fois les Ukrainiens et les Russes, revendiquent leurs origines. Mais aujourd'hui, c'est surtout de religion qu'il est question. Le président ukrainien Petro Porochenko pourrait annoncer la renaissance d’une Eglise orthodoxe ukrainienne autocéphale. C’est-à-dire une Eglise nationale indépendante, reconnue par le Patriarche de Constantinople, et surtout indépendante du Patriarcat de Moscou, qui a autorité sur les croyants ukrainiens depuis quatre siècles.

    C’est une nouvelle étape dans le processus de création d’un Etat-nation ukrainien et peut-être de la déclaration d’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Si l’Ukraine est un Etat souverain, elle reste néanmoins la seule nation slave à ne pas disposer d’une Eglise indépendante.

    Kiev est le berceau de la civilisation slave chrétienne, avec le baptême, il y a 1 030 ans, du grand-prince Volodymyr. Après Constantinople, Kiev était la seconde grande métropole du monde chrétien orthodoxe médiéval. Mais au XVIIe siècle, l’Empire russe a supplanté les Polonais sur les terres ukrainiennes. En 1685, les Tsars ont transféré le siège de la Métropole orthodoxe de Kiev à Moscou.

    Ainsi, depuis plus de trois siècles, c’est une église orthodoxe dépendante du Patriarcat de Moscou qui a autorité sur les croyants ukrainiens. Ce qui se discute depuis plusieurs mois, entre Kiev et Istanbul, c’est une déclaration du Patriarche de Constantinople, primus inter pares, la plus haute autorité du monde orthodoxe, qui donnerait l’onction à une Eglise nationale ukrainienne reconnue internationalement.

    Un paysage religieux controversé

    A l’heure actuelle, 70 % des Ukrainiens sont croyants, et mis à part un courant « gréco-catholique » dans l’ouest du pays, la majorité des Ukrainiens sont orthodoxes.

    Cependant, ils se répartissent entre deux Eglises concurrentes : celle qui dépend du patriarcat de Moscou et celle du patriarcat de Kiev, créée dans la foulée de l’indépendance en 1992. Cette dernière se considère comme un embryon d’Eglise nationale, mais n’a jamais été reconnue en droit canon international. Le Patriarcat de Moscou dispose ainsi de près de 12 000 paroisses à travers l’Ukraine, contre 5 000 pour celui de Kiev. Mais après 4 ans de guerre latente entre l’Ukraine et la Russie, l’équilibre est en train de changer.

    En effet, beaucoup d’Ukrainiens ont été choqués par l’alignement du clergé du Patriarcat de Moscou sur la politique du Kremlin, et résultat, des paroisses entières ont fait défection et les études d’opinion montrent que le nombre de croyants s’identifiant à l’Eglise ukrainienne est passé de 15 % à 40 % en dix ans. Le Patriarcat de Moscou est en perte de vitesse en Ukraine, et il s’agit là d’un séisme politique.

    Les conséquences d’une déclaration d’indépendance religieuse

     

    Le Patriarche de Constantinople doit d’abord accorder un tomos, un acte juridique autorisant l’Eglise ukrainienne à se déclarer autocéphale, c’est-à-dire indépendante et nationale. Ensuite, la logique voudrait qu’on assiste à une unification de toutes les églises orthodoxes opérant sur le territoire ukrainien, avec sans doute des paroisses russes qui rejoindront l’Eglise ukrainienne.

     

    Les conséquences seront multiples : il s’agirait d’une étape importante dans la construction de l’Etat-nation ukrainien après seulement trois décennies d’indépendance, mais surtout, ce serait la première fois depuis trois siècles que Moscou perd son autorité religieuse sur l’Ukraine, alors que les églises sont un important relais d’influence politique en Ukraine.

    C’est un séisme dont on ne mesure par encore la portée historique. Dans un premier temps, les réactions devraient être très passionnées. L’unification de l’Eglise est un geste attendu en Ukraine depuis plus d’un siècle, mais la réaction des fidèles de l’Eglise de Moscou n’est pas prévisible, des violences ne sont pas à exclure, sachant que les tensions religieuses se sont greffées aux tensions entre l’Ukraine et la Russie.


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