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    Le Carignan, cépage décrié du Languedoc

    Les vignerons veillent à la préservation du paysage viticole. © Agnieszka Kumor / RFI

    Notre série d'été nous emmène dans le monde du vin où certaines variétés de raisins oubliées reviennent au goût du jour, des cépages locaux qui ont été jadis écartés au profit des cépages internationaux. Mais aujourd'hui, les vignerons cherchent à préserver ce patrimoine viticole, tout en produisant des vins qui se démarquent de la concurrence et qui s’adaptent aux défis du dérèglement climatique. Aujourd’hui, l’histoire d’un cépage longtemps décrié, le Carignan.

    Originaire de l’Aragon en Espagne où il porte le nom de Cariñena, le Carignan est arrivé en France durant le Moyen-Âge. Ce sont probablement les pèlerins qui ont ramené les premiers ceps à leur retour de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est sur les terres du Languedoc et du Roussillon que le Carignan a trouvé les meilleures conditions pour prendre racine. Les terres arides du sud de la France lui rappelaient sans doute sa patrie aragonaise.

    Le banni

    Connu aujourd’hui jusqu'en Californie et en Amérique du Sud, le Carignan a vécu ses heures de gloire en France au lendemain de la grande crise du phylloxéra à la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 1960. Après l’indépendance de l’Algérie, les vignerons languedociens avaient besoin de produire beaucoup pour remplacer les vins importés de ce pays.

    Le Carignan donnait de gros rendements ( 200 hectolitres de vin obtenus par hectare ). Cette générosité a failli le perdre. Planté partout ( y compris sur des terroirs complètement inappropriés ), il servait à produire des gros volumes. Mais c’était du vin bon marché et de piètre qualité, peu rémunérateur pour le vigneron. Et quand la crise viticole de la fin des années 1970 est arrivée, les producteurs ont décidé de remplacer le Carignan par d’autres cépages, plus vendeurs, notamment le Cabernet, la Syrah ou le Chardonnay. Des milliers d’hectares de Carignan ont été arrachés depuis 1980. Il a pratiquement été banni de la région.

    Le retour

    Or, le Carignan est capable de produire de bons vins, il faut juste savoir comment s’y prendre. Selon la formule de Marc Guinebault, directeur adjoint des Maîtres Vignerons de Cascastel : « plantez-le dans une plaine il va produire énormément de raisin, mais automatiquement de qualité médiocre. Mettez-le dans les conditions extrêmement pauvres, il va résister à tous les éléments : à la sécheresse, notamment. Quand on fait les découpes dans la terre, on voit les racines du Carignan qui descendent à dix, quinze mètres pour chercher de l’eau. Quand on maîtrise sa productivité ( 30 hectolitres par hectare ), il donne des vins d’une qualité exceptionnelle ». Ce cépage rouge peut jouer en solo, mais la plupart de temps il est assemblé à d’autres cépages du Sud : au Grenache, au Cinsault, au Mourvèdre ou à la Syrah, entre autres. Naturellement riche en acidité et en tannins, il est difficile à vinifier. Mais un vigneron méticuleux en fera des merveilles.

    A Cascastel-des-Corbières, il existe des parcelles de Carignan qui n’ont pas été arrachées. Ici, sous le soleil brûlant du Sud-Est, le travail dans les vignes est dur et se fait totalement à la main. On prend soin aussi du territoire. « On garde le maillage existant, de petites parcelles, des haies, on laisse aussi les arbres, y compris les arbres morts pour la biodiversité », explique Catherine Bousquet, technicienne vignoble de la coopérative les Maîtres Vignerons de Cascastel.

    La petite voiture dans laquelle elle nous embarque tourne furieusement. La route ne fait que grimper depuis vingt minutes. Notre guide rit aux éclats : « Ici, il n’y a pas une seule ligne droite ! ». Au détour d’un ruisseau, elle arrête la voiture aux pieds d’une vigne centenaire. « Nous sommes au lieu-dit Coumarmade. C’est une parcelle de l’un de nos adhérents. Il en est très fier. Nous en faisons nos produits haut de gamme. On voit bien que les souches sont hautes. Elles sont taillées par la même famille depuis plusieurs générations ».

    Quel avenir pour ce cépage finalement dompté ? Marc Guinebault montre le paysage alentour : « Le Languedoc commence à avoir ses lettres de noblesse, le Carignan est le cépage idéal pour reconquérir ses coteaux ». Aujourd'hui, le Carignan tient sa revanche. Il pourrait même devenir un symbole du Languedoc, une région viticole qui monte.


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