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    A. Yacoub Koundougoumi: «Nous luttons contre la censure d’Internet au Tchad»

    Le Tchadien Abdelkerim Yacoub Koundougoumi est le chef de division Afrique centrale d'Internet sans frontières. RFI/Sonia Rolley

    Depuis cinq mois, les Tchadiens n'ont plus accès aux réseaux sociaux. Une mesure dénoncée par l'ONG Internet sans frontières. Jeudi, l'organisation a annoncé avoir mis en place un bureau à Ndjamena et porté plainte auprès du tribunal  de grande instance à Ndjamena contre les compagnies de téléphonie mobile et mis en demeure l'Etat tchadien de mettre un terme à cette censure. En 2016 déjà, au moment de l'élection présidentielle, le gouvernement avait coupé internet pendant trois mois. Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, chef de division Afrique centrale d'Internet sans frontières est notre invité.

    RFI: Pourquoi avez-vous décidé, Internet sans frontières, de porter plainte au Tchad ?

    Abdelkerim Yacoub Koundougoumi: Internet sans frontières a décidé, dans sa stratégie, de lutter contre la censure d’internet en Afrique, en Afrique centrale et particulièrement au Tchad, en utilisant des outils à la disposition de notre organisation pour obliger le gouvernement et les entreprises, de ne plus s’adonner à des pratiques contraires et qui violent les droits de l’Homme.

    Aujourd’hui, le Tchad est devenu le trou noir du monde à cause de cette politique de ce gouvernement pour des raisons non pas économiques, non pas techniques, mais pour une volonté politique de faire taire toute contestation ou toute liberté d’expression et notamment d’expression de la colère des citoyens. Aujourd’hui, en effet, internet ne sert pas seulement à aller chercher des informations en ligne. Internet a permis d’ouvrir, de donner la parole aux citoyens. Par conséquent, les citoyens n’ayant pas d’autres outils, de plateformes ou d’opportunités d’expression n’ont que cet outil-là pour exprimer leur colère, leur mécontentement et dénoncer les violations de leurs droits.

    Pouvez-vous nommer les sociétés qui sont les mauvais élèves au Tchad ? Comptez-vous aussi porter plainte dans leur pays d’origine ?

    Les deux principales sociétés fournisseuses d’internet et de téléphonie au Tchad qui obéissent à ces gouvernements dans ces pratiques sont Airtel et Tigo. Elles nous répondent qu’elles n’ont pas le choix parce que le gouvernement tchadien les oblige à le faire. Eh bien, si nous n’avons pas eu la réponse que l’on attend des juridictions tchadiennes, nous irons auprès des juridictions africaines. Après les juridictions africaines, nous irons vers les juridictions internationales. Nous avons aussi d’autres leviers de pression, à savoir leur maison mère.

    Mais pourquoi, à votre avis, parle-t-on si peu de la coupure d’internet au Tchad ?

    Du fait de la situation géopolitique sous-régionale, de l’engagement du Tchad dans la lutte contre le terrorisme, nous avons l’impression – c’est en tout cas le constat que l’on fait - que la communauté internationale n’est pas trop regardante sur ce qui se passe dans notre pays. Nous le déplorons et nous appelons vivement la communauté internationale à ne pas se laisser berner ou même piéger par ce chantage.

    Idriss Déby essaye de personnaliser cet effort du peuple tchadien dans cette lutte contre le terrorisme. Or, nous disons à cette communauté internationale que c’est le peuple tchadien qui paye ce prix, ce sont les enfants du Tchad qui meurent là-bas. Par conséquent, le peuple tchadien a droit à un retour et ce retour, c’est de pouvoir lui donner le droit de bénéficier de cette liberté que nos enfants – les enfants tchadiens - sont partis défendre au Mali ou en RCA ou ailleurs. Nous disons à cette communauté internationale que nous serons encore plus efficaces, encore plus forts en ayant un dirigeant avec la légitimité du peuple pour combattre ce fléau. Nous serons mille fois encore plus engagés et mille fois encore plus efficaces.

    Pourquoi dites-vous que le Tchad est devenu un trou noir ?

    Aujourd’hui, la révolution numérique est un rendez-vous que aucun peuple n’a le droit de rater, surtout l’Afrique. Avoir accès à ces réseaux, c’est exister. C’est terrible ce qui se passe. Nous avons fait le calcul, avec l’organisation Internet sans frontières, lorsqu’ils ont coupé internet, en 2016, on a perdu, pour les trois premiers mois de coupure, l’équivalent de 18 millions de dollars. C’était terrible pour l’économie tchadienne.

    Mais est-ce que cette opposition des réseaux sociaux n’est pas une opposition qui finit par être un peu stérile, quand on ne peut pas forcément le faire par les urnes ou par la rue ?

    Justement. Si aujourd’hui, il est impossible de manifester pacifiquement au Tchad, si aujourd’hui il est interdit de se regrouper à plus de dix personnes dans la rue, si aujourd’hui il est impossible de s’exprimer dans les urnes, si aujourd’hui il est impossible, pour la jeunesse, de pouvoir communiquer sur leur propre page Facebook ou sur les réseaux sociaux, que reste-t-il à la jeunesse tchadienne ?

    Vous craignez donc qu’il y ait de la violence, en fait ?

    Ce n’est pas une crainte, c’est une réalité ! Et c’est cette réalité-là que la jeunesse utilisera pour s’exprimer, puisque lorsqu’on bâillonne un peuple à ses dépens, il ne faut pas s’étonner que la jeunesse puisse aller utiliser la dernière des dernières.

    Pourquoi Idriss Déby, au Tchad, a peur d’internet ? Parce que, si vous vous souvenez, en 2016, c’est cet outil-là qui a permis de secouer et de rendre ce débat politique le plus vital possible. On a souvent accusé la jeunesse tchadienne ne pas être trop impliquée dans les débats politiques mais cette année-là, grâce aux réseaux sociaux, il y a eu un débat mais Idriss Deby a dû  par la force, jusqu’à couper internet, SMS et les téléphonies, pour pouvoir voler les élections.

    Après cette élection-là, les syndicats se sont accaparé ces outils. Les élèves s’ils sont mécontents, qu’est-ce qu’ils font ? Ils organisent des manifestations et ils s’organisent sur les réseaux sociaux pour protester !

    Finalement, la possibilité de pouvoir s’organiser sans avoir la police derrière, c’était les réseaux sociaux. Cela nous permettait aussi de communiquer de façon sûre. Aujourd’hui, si je communique avec mes camarades au Tchad, pour ne pas être sur écoute, qu’est-ce qu’on fait ?


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