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    Affaire Biram: «C'est un coup monté judiciaire» selon l'avocat du prévenu

    Biram Dah Abeïd le 19 juin 2014, à Nouackchott. AFP

    Depuis le 7 août, l’opposant mauritanien Biram Dah Abeid, qui est arrivé deuxième à la présidentielle de juin 2014, est derrière les barreaux pour « calomnie et injures » à l’encontre d’un journaliste de Nouakchott. Or, les législatives sont dans 15 jours, le 1er septembre prochain. Y a-t-il un lien entre la candidature de Biram et son arrestation ? William Bourdon est l’un des avocats du célèbre militant antiesclavagiste. Au micro de Christophe Boisbouvier, l’avocat français dénonce un « coup monté judiciaire ».

    RFI : Pourquoi vous mobilisez-vous pour l’opposant mauritanien Biram Dah Abeid ?

    William Bourdon : D’abord parce que je suis un de ses avocats, c’est un honneur pour moi, aux côtés de ses avocats mauritaniens. Il est naturel que, persévérant dans le mandat qui est le mien, nous nous mobilisions pour demander la seule mesure possible qui s’impose dans ce qui est une véritable mascarade judiciaire, c’est-à-dire sa libération immédiate sans conditions. Il y a aujourd’hui deux éléments essentiels sur lesquels il faut mettre l’accent : d’abord il y a une accélération de la campagne d’intimidation et de persécution à l’encontre de toutes les voix dissidentes en Mauritanie. Elle s’accélère avec la proximité des élections législatives le 1er septembre. Et les deux plus grandes organisations internationales de défense des droits de l’homme ont diffusé successivement ces derniers mois deux rapports pour stigmatiser cette dérive policière et répressive. En écho à cela, il y a un avis extrêmement dur et ferme, cette fois pas d’une organisation de défense des droits de l’homme, mais d’une émanation de l’ONU, le groupe de travail sur les détentions arbitraires, qui, le 21 juin, a rendu publique une décision demandant la mise en liberté, là encore sans conditions, du sénateur Ghadda, élu courageux du Sénat mauritanien aujourd’hui supprimé, toujours détenu, une décision avec des motifs accablants pour la Mauritanie.

    Il y a une décision de justice, puisque l’opposant Biram a été inculpé et écroué cette semaine, à la suite de la plainte d’un journaliste mauritanien l’accusant « de calomnie, d’injures et d’incitation à la haine »…

    Vous dites « décision de justice », mais il faut savoir de quelle justice on parle. Au vu des éléments qui sont en ma possession, et je suis en contact évidemment avec l’ensemble des personnes concernées, c’est une plainte totalement fabriquée. C’est un coup monté judiciaire avec un journaliste qui, de façon complaisante, évidemment en lien, sinon aux ordres du pouvoir politique, a mis en œuvre cette stratégie de criminalisation, de persécution, d’intimidation à l’encontre de Biram. Je rappelle, à propos de Biram, que c’est l’honneur de l’Afrique, cet homme, c’est un juste, c’est quelqu’un qui porte les combats les plus essentiels pour la Mauritanie, pour l’Afrique et pour le monde, c’est-à-dire l’abolition définitive de l’esclavage. Il y a encore des dizaines de milliers d’esclaves en Mauritanie en dépit des promesses faites et des aménagements légaux d’artifice. Donc cette incarcération est absolument scandaleuse. Elle est le fruit d’un coup monté judiciaire à quelques semaines des élections législatives. Je rappelle qu’on veut ici bâillonner, éteindre la voix d’un candidat. Ce n’est pas seulement un militant anti-esclavagiste, c’est aussi un homme politique qui incarne d’une certaine façon une alternance. Et c’est cette voix que le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz veut à tout prix bâillonner et faire taire.

    Outre l’opposant Biram Dah Abeid et son compagnon, Abdallahi El Housein Messaoud, un autre membre de l'IRA, deux journalistes sont sous contrôle judiciaire : Babacar Baye Ndiaye et Mahmoudi Ould Saibout. Peut-il y avoir un lien entre ces deux affaires ?

    Le lien, qui est absolument évident et qui saute aux yeux, c’est la proximité des élections législatives. Il y a une colère citoyenne qui gronde. S’agissant de ces deux journalistes, Babacar Ndiaye est un des responsables du site Cridem qui justement relaye cette colère citoyenne. Il est poursuivi pour une plainte déposée par l’homme des basses œuvres, notamment en France et ailleurs, du président Aziz.

    Donc parce que ces deux journalistes, courageusement, l’accusent d’un certain nombre de forfaits, c’est lui qui, en déposant plainte, va provoquer les poursuites judiciaires contre ces deux journalistes. Comment apporter le moindre crédit à une caricature de procédure dont font les frais les militants des droits de l’homme et les démocrates mauritaniens ?

    Et que demandez-vous aujourd’hui ?

    Nous, ce que nous demandons, et je sais qu’Amnesty International, il y a encore quelques heures, a aussi envoyé un message fort dénonçant les différentes incarcérations intervenues, ce que nous demandons à la communauté internationale, c’est très simple, on n’est pas les seuls à le faire : c’est que cesse cette espèce de marché en monnaie de singe qui fait qu’il y a un certain nombre de régimes qui, aux motifs de promesses, d’ailleurs souvent en peau de lapin, de lutte contre le terrorisme et dans une grande duplicité, obtiennent et « achètent » une forme de silence, sinon de complaisance coupable, pas simplement de Paris mais de l’ensemble des décideurs internationaux. Il faut que cesse cette espèce de chantage et il faut que la communauté internationale refuse cette idée, qui aujourd’hui court à travers le monde, qui est qu’au nom de la lutte contre le terrorisme, un certain nombre de régimes qui font honte à l’humanité obtiennent ici ou là des brevets d’impunité alors même que, partout, l’ONU, Genève, les grandes organisations de défense des droits de l’homme ne cessent de souligner la terrible répression qui est en train de s’abattre sur les voix dissidentes en Mauritanie.

    Selon les autorités mauritaniennes, vous n’êtes pas seulement un militant des droits de l’homme. Votre association Sherpa est notamment financée par la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique, du très riche opposant mauritanien en exil Mohamed Ould Bouamatou. Que répondez-vous ?

    C’est très simple. Moi, je me réjouis que la Fondation pour l’égalité des chances, comme d’autres mécènes, comme d’autres fondations à travers le monde entier, permette à Sherpa d’exister. C’est un contributeur parmi d’autres. Il se trouve que, depuis, j’ai noué des liens professionnels et d’amitié avec Bouamatou, qui est un homme absolument formidable, exceptionnel. S’il y avait autant d’hommes d’affaires africains à travers le monde qui s’efforcent de mettre leur fortune à la disposition de l’intérêt général et du bien public, le monde se porterait mieux. Alors les accusations qui sont portées contre moi me laissent absolument de marbre. Pourquoi voulez-vous, puisque c’est une des accusations qui est faite, qu’au motif que Mohamed Ould Bouamatou, à travers la fondation, et encore une fois parmi d’autres, ait financé Sherpa, qu’on ignore les dérives de corruption aujourd’hui imputées de plus en plus lourdement au président Aziz, son clan et sa famille ? Sherpa est engagé dans la lutte contre la corruption depuis dix ans. Sherpa est à l’origine de la plainte qui a conduit à la condamnation absolument sans précédent par une juridiction française du fils de celui qui règne en maître à Malabo en Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, depuis trente ans. Nous avons multiplié les enquêtes sur les dérives corruptives qui malheureusement ont gangréné un certain nombre de pays, qui sont aujourd’hui des kleptocraties dans cette région du monde. Il n’y a aucune raison que nous épargnions la Mauritanie.

    Simplement, par votre proximité, par vos liens financiers avec l’opposant Mohamed Ould Bouamatou, est-ce que vous ne donnez pas des arguments à ceux qui affirment que vous participez à une campagne politique contre le président Abdel Aziz ?

    Je le répète, et je le répéterai inlassablement : la Mauritanie n’est qu’une toute petite portion des activités de Sherpa. Je répète que, compte tenu des indices puissants de graves scandales de corruption susceptibles d’être imputés au président Aziz, et à son clan, je ne vois pas pourquoi, au motif que Mohamed Ould Bouamatou à travers sa fondation est un des mécènes, un des donateurs de Sherpa parmi d’autres bien entendu, on aurait dû s’interdire, alors que c’est le cœur, c’est l’objet de Sherpa, d’enquêter sur ces faits, alors que nous disposons d’éléments puissants qui démontreraient l’accélération de ces scandales financiers. Ces accusations viennent de la part de ceux qui demain auront à rendre des comptes sur les abus de pouvoir qu’ils ont commis. Il y a à travers le monde des campagnes de discrédit à l’encontre des ONG, pas simplement s’agissant des liens entre la France et l’Afrique de l’Ouest. Donc ces accusations ne convainquent que ceux qui auront intérêt à les faire prospérer. Je suis absolument certain que personne n’est dupe une seule seconde du caractère grotesque et ridicule de ces campagnes.


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