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    Edna Adan: «Le Somaliland est un exemple pour la plupart des pays africains»

    Edna Aden, au centre de la photo. Wikimedia/CC/Maternité Edna Adan

    Le Somaliland est toujours en quête de reconnaissance. Ce territoire s’est autoproclamé indépendant de la Somalie en 1991 après dix ans de guerre civile contre le pouvoir central de Mogadiscio. Mais le pays n’a toujours aucune reconnaissance internationale. Depuis novembre, le Somaliland a élu un nouveau président, Muse Bihi. Sa fermeté inquiète la communauté internationale. Edna Adan, ancienne ministre des Affaires étrangères du Somaliland, représentante spéciale dans les pourparlers sur la reconnaissance de ce territoire, répond aux questions de Sébastien Nemeth.

    RFI : Le président Muse Bihi est en poste depuis novembre. Quelle est sa stratégie pour obtenir cette reconnaissance internationale ?

    Edna Aden : La reconnaissance du Somaliland ne dépend pas de nous. Le monde est très bien informé sur la situation du Somaliland. On a payé la stabilité et le commerce. Tout se développe, peut-être très lentement, mais avec nos propres moyens. Le Somaliland est un pays qui mérite d’être reconnu. La stratégie du président est de continuer notre façon de progresser, se faire des amis, autant d’amis que possible, continuer sagement l’économie, la stabilité, le développement du pays.

    Pour le président Muse Bihi Abdi, la reconnaissance du Somaliland reste un dossier prioritaire ?

    Bien sûr. La reconnaissance du Somaliland et les pourparlers avec la Somalie restent une priorité. Bien sûr, si on avait des interlocuteurs avec qui on pouvait discuter le futur, on l’aurait fait. Mais la Somalie n’a aucun intérêt à discuter parce qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin : une puissance économique qui leur a été offerte par le monde international, une illusion de grandeur et de puissance qu'ils se sont accordés. Alors, ils n’ont rien à gagner sur la reconnaissance du Somaliland.

    Il devait effectivement y avoir des négociations entre Hargeisa et Mogadiscio en début d’année. Où en est-on ?

    Cela a été reporté puisque les Somaliens ne veulent pas avoir de discussions légitimes. Ils ont identifié certaines personnalités. Les membres des délégations n’était pas neutre. Ce n’était pas des gens qui étaient de la Somalie. Il y avait des représentants du Somaliland qui avaient changé d’identité, qui avaient croisé la frontière et qui étaient en Somalie. Au mois de juin 2017, quand j’ai été nommée, ils n’ont jamais nommé un interlocuteur. Je n’ai jamais eu une personne avec qui négocier et avancer. Ce qui serait bien, ce serait de voir la Somalie accepter la réalité et de devenir des voisins, développer une amitié, développer un partenariat pour protéger nos peuples dans la Corne de l’Afrique.

    La Somalie est en effet un Etat fédéral. Parmi ces Etats fédéraux, il y a le Puntland. Il y a eu de très violents affrontements entre l’armée du Puntland et l’armée du Somaliland à plusieurs reprises depuis le début de l’année. Est-ce que ces violences ne ternissent pas quelque part l’image du Somaliland ?

    Là où il y a eu des affrontements, c’est à 70 kilomètres, dans le territoire de Somaliland. L’agresseur n’était pas le Somaliland. Ils ont défendu leur territoire et nous avons le droit de faire cela. Et ce sont ceux qui sont rentrés dans notre territoire qui sont les agresseurs.

    Est-ce que cela veut dire qu’il y a une volonté du pouvoir du Somaliland d’aller même plus loin, de pousser la frontière ?

    La frontière légale du Somaliland est là où elle a été placée selon un accord anglo-italien. Elle a ses longitudes et ses latitudes. Et elle est là. On ne peut pas changer. Alors pourquoi accepter les lignes des autres pays et pas celles de Somaliland ?

    Lors de ces affrontements, notamment à Tukarak, région frontalière entre le Somaliland et le Puntland qui ont fait une quinzaine de morts le 22 janvier, des journalistes, des manifestants et des civils ont été arrêtés, des chaînes de télévision coupées. Est-ce que cela ne risque pas de jouer en défaveur du Somaliland pour cette reconnaissance ?

    Arrêter des journalistes n’est jamais une bonne chose. Et le Somaliland ne choisirait pas une politique qui enferme le reportage libre. Mais les reporters sont des individus. S’ils commettent un crime, ils sont arrêtés pour ce crime. La plupart de ces gens-là ont été libérés et au contraire, c’est en Somalie où on tue les journalistes. On ne les arrête même pas, on les élimine. C’est tout.

    Qu’est-ce que la communauté internationale vous répond lorsque vous leur avancez tous vos arguments. Qu’est-ce qui explique qu’ils ne reconnaissent pas le Somaliland ?

    Je crois qu’il y a eu un accord entre eux pour ne pas reconnaitre. Le monde pense que c’est une région de la Somalie qui s’est fragmentée. Ils ne savent pas que c’est une séparation entre deux pays souverains qui sont unis, et qui maintenant parce que cela n’a pas marché, se sont séparés. La plupart d’entre eux disent : Mais pourquoi vous ne faites pas sentir cela au monde ? Parce qu’on n’a pas eu les moyens. Les dix ou quinze premières années, on essayait de faire retourner nos peuples, on essayait de nettoyer notre territoire des mines qui nous ont été laissées par les Somaliens. On a essayé d’établir un gouvernement, faire des partis politiques, avoir des élections. Maintenant que l’on a établi cela, nous avons suffisamment de souffle pour faire la deuxième étape, qui est de faire comprendre au monde qu’il y a un pays comme le Somaliland qui est stable, qui est démocratique. Nous avons des défauts qu’on doit corriger, mais nous sommes vraiment un exemple pour la plupart des pays africains. Cela doit être reconnu.

    Les violences avec le Puntland, les interpellations d’individus ne risquent-elles pas de refroidir certains pays étrangers qui seraient susceptibles de vous aider ?

    Je crois si le Somaliland est coupable d’avoir fait cela, cela devait décourager le monde entier. Mais le monde accepte ce que fait la Somalie qui est cent fois pire. Il y a une très grande injustice, mais c’est la volonté des pays qui ont fait ce pacte entre eux de ne pas reconnaître le développement du Somaliland.

    Il y a une sorte de complot international contre vous ?

    Certainement. Il n’y a pas d’autres explications.


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